Tourisme : Leipzig, le nouveau Berlin ?

Des canaux, des parcs et des lacs pour le côté nature, mais aussi de vastes friches industrielles qui mutent en territoires de culture, d’art et de fête... En découvrant ses multiples visages, on comprend pourquoi celle qui ne veut pas s’appeler « Hypezig » plaît tant à ceux qui la découvrent...

Les immeubles d’exposition (dans leurs allées étaient présentés les articles des marchands, NDLR) transforment la ville en un labyrinthe de galeries et de passages, à l’abri de flamboyantes façades richement ouvragées allant de la Renaissance à l’Art déco. Des siècles durant, la prospérité et la culture s’inscrivent au cœur du bâti. Derrière le Markt, une place grande d’un hectare, le café Riquet, avec sa façade Jugendstil à têtes d’éléphants et sa tourelle chinoise, illustre à merveille la passion très Mitteleuropa pour les cafés. Une tradition qui perdurera au-delà du communisme.

Le café-bar-restaurant Luise existe depuis vingt ans. Ouverte en continu, cette adresse au décor mix-and-match propose bien sûr le sacro-saint Frühstück (petit déjeuner) allemand.
Le café-bar-restaurant Luise existe depuis vingt ans. Ouverte en continu, cette adresse au décor mix-and-match propose bien sûr le sacro-saint Frühstück (petit déjeuner) allemand. Didier Delmas

Au sens des affaires s’ajoute l’effervescence des arts et des sciences. Leipzig fut historiquement un pôle universitaire de premier plan – elle l’est aujourd’hui redevenue avec plus de 35 000 étudiants par an – et une ville très portée sur la musique. Si elle voit grandir Wagner et travailler Mendelssohn et Schumann, elle a surtout vu vivre Bach. Séquence émotion : écouter un chœur de garçons entonner un motet dans l’église Saint-Thomas, à l’endroit même où le cantor de Leipzig travailla pendant vingt-sept ans – il y est même enterré.

Au Grassi Museum, entre une section d’arts appliqués et un fonds ethnologique, une partie réservée aux instruments de musique défend avec brio le patrimoine culturel de la ville.
Au Grassi Museum, entre une section d’arts appliqués et un fonds ethnologique, une partie réservée aux instruments de musique défend avec brio le patrimoine culturel de la ville. Didier Delmas

À rebours du centre-ville saturé de galeries marchandes « mondialisées », les faubourgs sont à découvrir d’urgence. Pour comprendre cette ville très étendue, traversée de canaux, de lacs et de parcs, il faut prendre la tangente, grimper dans le tram en suivant son instinct ou le petit guide Hidden Leipzig. À l’ouest comme au sud, les friches industrielles ont muté en lieux culturels ; les loyers sont plus bas qu’à Berlin et l’art de vivre moins formaté. Le quartier Plagwitz héberge l’immense Baumwollspinnerei, une ancienne filature de coton où, à l’instar d’une quinzaine de galeries d’art, des dizaines de studios de création et ateliers d’artistes ouvrent leurs portes au public lors du Rundgang (le tour) deux fois par an.

La Baumwollspinnerei, la plus grande filature de coton d’Europe devenue un bouillonnant terrain de jeux pour les jeunes créatifs dont les ateliers côtoient une quinzaine de galleries.
La Baumwollspinnerei, la plus grande filature de coton d’Europe devenue un bouillonnant terrain de jeux pour les jeunes créatifs dont les ateliers côtoient une quinzaine de galleries. Didier Delmas

Tout près, Kunstkraftwerk est une autre usine vouée, elle, à l’art numérique. Westwerk ? Une immense ruche créative. Au sud, à Connewitz, Werk II est une Kulturfabrik qui ne manque pas d’imagination dès qu’il s’agit de monter le son et de sortir les bombes… de peinture. Et pour un œil dans le rétro, on rejoint « KarLi » (Karl Liebknecht Straße) le premier samedi du mois vers le marché aux puces installé au carrefour du Feinkost. N’Ostalgie garantie !

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