Konstantin Grcic : le discours de la méthode

Konstantin Grcic compte parmi les dix designers les plus importants de l’époque. Si on a souvent résumé son travail à un design industriel et radical, celui-ci s’apparente plutôt à un humanisme, qui plonge ses racines dans l’observation minutieuse de ses contemporains. Depuis ses débuts, il imprime une même volonté de proposer des solutions pour le monde à venir, sans œillères.

Ce rôle de passeur, il l’endosse d’autant plus volontiers que lui-même doit beaucoup à une autre star du design, l’Anglais Jasper Morrison. Né à Munich en 1965, Konstantin Grcic entame son apprentissage comme restaurateur d’antiquités en 1985 puis part suivre une formation d’ébéniste au Parnham College, dans le Dorset, entre 1985 et 1987, avant d’étudier le design au Royal College of Art de Londres. Il y rencontre Jasper Morrison, qui l’embauche dans son studio où il passe six mois. Cette rencontre, comme celle avec Vico Magistretti, sera déterminante dans sa carrière et dans sa ligne de conduite.

Canapé Pasha sofa de Konstantin Grcic (SCP).
Canapé Pasha sofa de Konstantin Grcic (SCP). DR

Sheridan Coakley, qui a fondé l’éditeur de mobilier SCP, le repère et le convie au Salon du meuble de Milan, où Konstantin rencontre Giulio Cappellini. L’Italien produit sa table Satellite en acier tubulaire, son projet de diplôme au Royal College of Art. En 1991, il fonde KGID, son propre studio, à Munich. Démarrent alors les collaborations avec ClassiCon, Flos… Dans ce studio défilent de jeunes designers prometteurs auxquels il inculque plus une méthode de travail et une rigueur qu’un « style ». Ses stagiaires ne sortent pas corsetés, formatés, mais nourrissent au contraire une envie de faire bouger les lignes.

Dans la salle de lecture de la Fondation Feltrinelli à Milan, canapés Soft Props de Konstantin Grcic (Cassina).
Dans la salle de lecture de la Fondation Feltrinelli à Milan, canapés Soft Props de Konstantin Grcic (Cassina). Cassina Omar Sartor

Une fois son concept avancé, Konstantin Grcic choisit l’un de ses assistants, lui explique son idée et le laisse démarrer son développement. Une méthode qu’il a transmise à des designers qui ont fait leurs preuves depuis, comme Stefan Diez, Nitzan Cohen ou Pauline Deltour. Après vingt-sept années dans son studio munichois, le designer et son équipe déménagent ce printemps à Berlin la cosmopolite… sans doute pour demeurer au plus proche de ce monde en mutation…

La lampe OK (Flos) a remporté le prestigieux prix de design Compasso d’Oro de l’ADI en 2014.
La lampe OK (Flos) a remporté le prestigieux prix de design Compasso d’Oro de l’ADI en 2014. © ACCUSOFT INC.

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