Une résidence d’artiste signée Odile Decq

C’est un bloc noir planté sur le flanc du massif du Vercors, à Seyssins, dans la banlieue de Grenoble. Inauguré en 2015, ce lieu de vie et de création rêvé par la collectionneuse Colette Tornier accueillera son septième invité à la rentrée, entre un parc de sculptures contemporaines et une tour médiévale.

Bardée de prix, dont le prestigieux « Lifetime Achievement Award » décerné lors du gala Architizer A+Awards à New York en mai 2017, Odile Decq n’a pas hésité à relever le défi lancé par la collectionneuse Colette Tornier : construire une résidence d’artiste sur une bande étroite et en pente située en contrebas de l’ancienne maison forte de Saint-Ange. Habituée aux ouvrages monumentaux, comme l’extension du musée d’Art contemporain de Rome, le restaurant de l’Opéra Garnier, à Paris, ou le FRAC Bretagne, à Rennes, l’architecte a dessiné une structure de 185 m2 « seulement » devant prendre place dans une bourgade reculée de l’Isère.

La résidence d’artiste oppose les angles de sa tour d’habitation au galbe de celle qui occupe le domaine depuis le XVIe siècle.
La résidence d’artiste oppose les angles de sa tour d’habitation au galbe de celle qui occupe le domaine depuis le XVIe siècle. © Roland Halbe

Ce bâtiment de trois étages est constitué de deux volumes. Le premier, horizontal, est occupé par un atelier, tandis que le second, vertical, est une tour abritant un logement sur deux niveaux et surplombée d’une sorte de périscope. Ce « belvédère », comme l’appelle Odile Decq, se dresse tel un monolithe noir (du bois teinté de bitume), percé d’ouvertures de différentes tailles judicieusement placées pour laisser pénétrer la lumière naturelle.

La résidence accueille des artistes deux fois par an.
La résidence accueille des artistes deux fois par an. © Roland Halbe

Au rez-de-chaussée, l’atelier, vaste plateau dont l’espace est à peine altéré par deux poêles, est tapissé de bois naturel. Aux étages, auxquels on accède par un escalier en colimaçon, se succèdent le salon, la chambre et la salle de bains, des pièces meublées de noir encore (couleur fétiche d’Odile Decq, dont le look gothique participe à la renommée) et décorées d’accessoires dessinés par l’architecte.

La terrasse du dernier étage surplombe toute la vallée grenobloise.
La terrasse du dernier étage surplombe toute la vallée grenobloise. © Roland Halbe

Au dernier niveau, la terrasse, où trône l’un des fauteuils de Yona Friedman, produit par Colette Tornier à partir des dessins de l’artiste d’origine hongroise, offre un point de vue exceptionnel sur toute la vallée grenobloise. Deux tours dominent Seyssins désormais : celle présente sur le domaine depuis le XVIe siècle, aux pierres blondes et au toit pointu, et celle de la Résidence Saint-Ange, qui, une fois ses volets fermés, surgit telle une masse compacte et mystérieuse.

> La Résidence Saint-Ange. 34, rue Bournet, 38180 Seyssins. Residencesaintange.com

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