Impression 3D : la nouvelle dimension du béton

Les prototypes de maisons en impression 3D se multiplient un peu partout. Dernier exemple en date, le pavillon avec toit végétalisé de Massimiliano Locatelli dévoilé lors du Salon du meuble de Milan.

Dix jours avant l’événement, dans tout Milan, le petit monde du design s’active pour mettre la dernière main aux installations et expositions… Piazza Cesare Beccaria, à quelques mètres seulement du Duomo, un drôle de robot est à l’œuvre. Cette imprimante 3D géante dépose des couches successives de béton pour donner naissance à la façade et aux cloisons d’un pavillon, comme on créerait une pâtisserie avec une poche à douille. En une semaine, la maison est montée, aménagée, prête à accueillir les visiteurs.

En à peine une semaine, une construction brute et curieuse est apparue en pleine ville.
En à peine une semaine, une construction brute et curieuse est apparue en pleine ville. Luca Rotondo

Ce prototype hors norme est celui de l’architecte milanais Massimiliano Locatelli, de CLS Architetti. Rapide et flexible, l’imprimante possède l’avantage de pouvoir se rendre sur des sites difficiles d’accès, comme cette place piétonne. Mais c’est surtout pour sa dimension écologique que le projet fera date. « Nous avons utilisé des débris de matériaux de construction transformés en poudre de ciment que nous réemployons intégralement. Et si nos édifications sont détruites, leurs décombres peuvent être entièrement réexploités pour un nouveau bâtiment », explique l’architecte.

Pour parvenir à ses fins, l’architecte Massimiliano Locatelli s’est entouré de trois entreprises : Italcementi pour l’élaboration des matériaux, Arup, pour l’ingénierie, et CyBe, un spécialiste de technologie 3D.
Pour parvenir à ses fins, l’architecte Massimiliano Locatelli s’est entouré de trois entreprises : Italcementi pour l’élaboration des matériaux, Arup, pour l’ingénierie, et CyBe, un spécialiste de technologie 3D. Luca Rotondo

À Milan, il a donc imaginé une structure de 100 m2 à la façade en courbes, avec un crépi contemporain aux formes sinueuses. Aussi brut que gourmand, l’aspect de ses parois évoque une crème pâtissière. Si le projet est expérimental, il a été particulièrement soigné, meublé à l’occasion de sa présentation de pièces d’exception. Une suspension de Gio Ponti, des appliques d’Alvar Aalto, un tapis de Martino Gamper ou des tables et des chaises dorées signées Massimiliano Locatelli himself…

Le tapis « House Plan », signé Martino Gamper, et la suspension dessinée par Gio Ponti en 1964 encadrent les créations de l’architecte.
Le tapis « House Plan », signé Martino Gamper, et la suspension dessinée par Gio Ponti en 1964 encadrent les créations de l’architecte. Luca Rotondo

Ce mobilier de collection, chiné à la galerie Nilufar, habille avantageusement l’intérieur pour dialoguer avec une réalisation au coût pourtant très faible. « Nous sommes encore en phase d’expérimentation, mais nous pensons que les premières maisons vont revenir à environ 1 000 euros du mètre carré – plus de moitié moins qu’une construction traditionnelle. Notre espoir ? Passer prochainement à 200 ou 300 euros… », s’avance l’architecte. Aujourd’hui : une curiosité qui a séduit le public milanais. Demain : un nouveau standard ?

Dans la salle de bain, le marbre et les encadrements de fenêtres en laiton s’accordent à l’aspect intemporel du béton.
Dans la salle de bain, le marbre et les encadrements de fenêtres en laiton s’accordent à l’aspect intemporel du béton. Luca Rotondo

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