Kengo Kuma prend racine au Château La Coste

La collection d’art du Château La Coste, en Provence, vient de s’enrichir d’une pièce au caractère hybride, entre sculpture et architecture, que son créateur, Kengo Kuma, a implantée au cœur de la forêt du domaine.

On y verrait presque un hommage à La Vague d’Hokusai, ce tableau des années 1830 devenu une icône de la peinture japonaise. Sauf qu’ici la déferlante est de nature sculpturale et prend des airs de canopée, formée par un entrelacs de bastaings en bois dont l’équilibre, à l’instar d’un jeu de mikado, paraît tenir du miracle. « L’agencement semble à première vue simpliste, presque chaotique, et pourtant la conception a nécessité d’importants développements informatiques et pris plusieurs années », fait remarquer Kengo Kuma.

La pièce prend place, désormais, dans la forêt du domaine de Château La Coste, non loin des œuvres d’autres grandes signatures telles que Tadao Ando, Alexandre Calder, Louise Bourgeois ou Andy Goldsworthy (pour ne citer qu’eux) qui peuplaient déjà le site.
La pièce prend place, désormais, dans la forêt du domaine de Château La Coste, non loin des œuvres d’autres grandes signatures telles que Tadao Ando, Alexandre Calder, Louise Bourgeois ou Andy Goldsworthy (pour ne citer qu’eux) qui peuplaient déjà le site. Photo DR

L’architecte nippon est venu pour la première fois au Château La Coste il y a plus de sept ans, à l’invitation de Patrick « Paddy » McKillen, le propriétaire des lieux, situés au Puy-Sainte-Réparade, dans les Bouches-du-Rhône. « J’ai pris le temps de circuler à travers le domaine pour définir le site », dit-il simplement. Le cahier des charges était libre, mais le bâtisseur fera cinq propositions avant de tomber d’accord avec le collectionneur.

Une structure sans fonction définie mais dont la poésie ne cède en rien à la conception complexe.
Une structure sans fonction définie mais dont la poésie ne cède en rien à la conception complexe. Photo DR

La réalisation, baptisée Komorebi (« pluie de lumière » en japonais), n’est pas réellement fonctionnelle, bien que l’on puisse imaginer la casquette qu’elle dessine comme une petite scène abritée. « Surtout, le système qui permet à cette structure en bois de tenir est totalement inédit et peut tout à fait trouver d’autres débouchés », poursuit Kengo Kuma. En effet, de manière quasi invisible, chaque planche est reliée aux autres par un système d’attaches en Inox que l’architecte pourrait bien réutiliser dans la construction de prochains bâtiments.

On peut aisément deviner les prémices de l’œuvre de Kengo Kuma dans son jeu de construction Tsumiki, présenté à l’occasion de Tokyo Midtown Design Touch en 2015.
On peut aisément deviner les prémices de l’œuvre de Kengo Kuma dans son jeu de construction Tsumiki, présenté à l’occasion de Tokyo Midtown Design Touch en 2015. Ikunori Yamamoto

Adepte des matériaux naturels – bois issu d’essences variées ou bambou –, il soutient l’idée que l’on peut les substi­tuer au béton ou aux structures métalliques : « Il faut envisager une architecture qui renoue avec la nature et imaginer des structures à la fois complexes et simples, à son image. » Ce dont le Japonais a déjà fait montre avec ses systèmes maillés inattendus, comme ceux du café Starbucks de Fukuoka, de la boutique SunnyHills de Tokyo ou, plus proche de l’esprit de cette œuvre au Château La Coste, celui du pavillon nomade Yure, qui avait pris place à Paris, dans le jardin des Tuileries, durant la FIAC 2015.

La pièce à l’échelle monumentale n’a rien à envier à la forêt de pins qui l’entoure, puisqu’elle met en regard l’état naturel d’un matériau incontournable et l’une des multiples manières de le transformer.
La pièce à l’échelle monumentale n’a rien à envier à la forêt de pins qui l’entoure, puisqu’elle met en regard l’état naturel d’un matériau incontournable et l’une des multiples manières de le transformer. Photo DR

> Château La Coste. 2750, route de la Cride, 13610 Le Puy-Sainte-Réparade.
Tél. : 04 42 61 92 92. Chateau-la-coste.com

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