Exposition : Bordeaux rêve de « slow build »

À Bordeaux, le centre d’architecture Arc en rêve met à l’honneur Wang Shu et Lu Wenyu, couple d’architectes à la scène comme à
la ville. Cette exposition revient sur leur approche sociale et engagée, en marge de l’urbanisation galopante qui métamorphose la Chine.

Jusqu’au 28 octobre, Amateur Architecture Studio investit la grande galerie du centre d’architecture Arc en rêve de Bordeaux.

Wang Shu et Lu Wenyu, photographiés dans leur studio de Hangzhou.
Wang Shu et Lu Wenyu, photographiés dans leur studio de Hangzhou. zeng han

Créée en 1997 à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, par Wang Shu (1963) et Lu Wenyu (1967), son épouse et associée, l’agence défend avec ferveur la culture chinoise, la mémoire et l’architecture traditionnelle.

La façade vertigineuse du musée d’histoire de Ningbo, construit à partir des vestiges de villages démolis.
La façade vertigineuse du musée d’histoire de Ningbo, construit à partir des vestiges de villages démolis. DR

Le couple a réussi à se faire une place sur la scène internationale sans quitter son pays, en proie à des destructions massives du patrimoine et à une urbanisation aussi galopante qu’incontrôlée.

L’intérieur du musée, ouvert en 2008.
L’intérieur du musée, ouvert en 2008. DR

Parce qu’Amateur Architecture Studio a toujours placé l’éthique au cœur de ses préoccupations, Wang Shu fut, en 2012, le premier architecte chinois à recevoir le Pritzker Prize. Le jury du prestigieux prix récompensait alors « une architecture exemplaire de la continuité culturelle, capable de revigorer la tradition ». Car, si Wang Shu et Lu Wenyu militent pour sauver des villages, comme à Wencun, non loin de Hangzhou, ils s’interdisent de céder à la muséification.

L’agence repousse les limites de l’architecture tout en respectant le patrimoine culturel du pays.
L’agence repousse les limites de l’architecture tout en respectant le patrimoine culturel du pays. DR

Ils défendent une approche où l’histoire dialogue sans ambages avec l’époque contemporaine, réutilisant les matériaux, réinterprétant les savoir-faire. Aucune nostalgie cependant dans leurs réalisations, qui démontrent au contraire que d’autres voies sont possibles en Chine.

Déjà considéré comme l’inventeur du « Slow Build », le studio va à l’encontre de l’accélération vulgurante qui traverse son pays.
Déjà considéré comme l’inventeur du « Slow Build », le studio va à l’encontre de l’accélération vulgurante qui traverse son pays. DR

Si l’exposition détaille plus particulièrement cinq projets de l’agence, comme le musée d’Histoire de Ningbo (2008) ou la maison d’hôtes Washan (2013), toujours dans la province du Zhejiang, elle s’attache également à replacer cette production manifeste dans le contexte local afin de saisir les difficultés et les enjeux auxquels les architectes doivent faire face.

Pour la conception du complexe culturel de Fuyang (2016), le duo d’architectes a, comme pour l’ensemble de ses réalisations, privilégié le respect des traditions locales, l’intégration dans le paysage et les matériaux de récupération.
Pour la conception du complexe culturel de Fuyang (2016), le duo d’architectes a, comme pour l’ensemble de ses réalisations, privilégié le respect des traditions locales, l’intégration dans le paysage et les matériaux de récupération. amateur architecture studio

> « Wang Shu, Lu Wenyu ». Au centre d’architecture Arc en rêve, à Bordeaux, jusqu’au 28 octobre. Tél. : 05 56 52 78 36. 

Actuellement au musée :

L’exposition « Terre d’ici » s’inscrit dans la continuité de la démarche des architectes chinois, en présentant deux projets en cours (à Ivry-sur-seine et à Biganos) qui expérimentent la terre crue, dans un contexte industriel qui privilégie bien d’autres matériaux, l’exposition témoigne d’un engagement remarquable, en faveur du patrimoine culturel.

> A voir jusqu’au dimanche 28 octobre 2018 à la Galerie blanche du centre d’architecture.

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