PDW 2018 : 25 pépites du design brésilien s’exposent à Paris

Spécialiste des arts décoratifs français du XXe siècle, Aline Chastel dévoile sa dernière passion : 25 trésors du design brésilien des années 1950 à 1980 issues de collections privées. La première rétrospective en France de cette importance…

Tout a commencé en 1989, à Paris, lors d’une exposition au musée des Arts décoratifs où Aline Chastel, encore étudiante – mais déjà une inconditionnelle du travail d’Oscar Niemeyer et de musique brésilienne… –, découvre l’univers de José Zanine Caldas (1919-2001), designer, architecte, paysagiste et sculpteur brésilien, qui fut un fervent défenseur, dès les sixties, de la forêt tropicale et du recyclage.

Le siège de conversation Namoradeira de José Zanine Caldas.
Le siège de conversation Namoradeira de José Zanine Caldas. DR

Un choc ! « La grande différence entre le design brésilien et le design européen de la même époque réside surtout dans la matière, dans l’utilisation de bois précieux, désormais en voie de disparition, explique Aline Chastel. Il y a peut-être une veine plus indo-portugaise chez Sergio Rodrigues et José Zanine Caldas, nés au Brésil, alors que les autres designers ont vu le jour en Europe et ont ensuite importé au Brésil leur culture européenne. »

Fauteuil Reversivel de Carlo Hauner et Martin Eisler.
Fauteuil Reversivel de Carlo Hauner et Martin Eisler. DR

Parmi les pépites exposées, et dont la galeriste avait déjà donné un aperçu lors du dernier PAD (le salon Paris Art Design), figurent le fauteuil Reversivel, créé par Carlo Hauner et Martin Eisler dans les fifties, la desserte en bois de jacaranda JZ, de Jorge Zalszupin (1959) ou le siège de conversation Namoradeira en péqui, que José Zanine Caldas avait dessiné vers 1965 pour sa maison de Joatinga, près de Rio. Sans compter d’autres merveilles aux bois denses et légers à la fois, et aux formes libres, voire brutalistes, signées Joaquim Tenreiro, Giuseppe Scapinelli ou Sergio Rodrigues, qui a ouvert sa galerie Oca, à Rio, en 1955 et a créé le mobilier du Palácio do Planalto (le palais présidentiel de Brasilia) dessiné par Oscar Niemeyer, en 1960.

Desserte en bois JZ de Jorge Zalszupin.
Desserte en bois JZ de Jorge Zalszupin. DR

Pour ce travail, Aline Chastel s’est entourée de Mikael Najjar, antiquaire parisien qui se rend régulièrement au pays de la samba pour pister les perles rares, et de Marcelo Vasconcellos, fondateur de la galerie Memo, à Rio, et auteur, avec Alberto Vicente, d’un magnifique ouvrage consacré à la collection, Brazilian Modern Design (Olhares), disponible à la galerie. Cerise sur le gateau, l’ensemble sera scénographié par le facétieux Vincent Darré !

Aline Chastel avec le fauteuil Reversivel de Carlo Hauner et Martin Eisler, ici dans une autre configuration que ci-dessus
Aline Chastel avec le fauteuil Reversivel de Carlo Hauner et Martin Eisler, ici dans une autre configuration que ci-dessus DR

« Modernité du design brésilien de 1950 à 1980 ». À la galerie Chastel-Maréchal, 5, rue Bonaparte, 75006 Paris, du 6 septembre au 31 octobre. Tél. : 01 40 46 82 61.

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