Expo : La pureté des volumes de Fred Sandback

La Galerie Marian Goodman de Paris rend à l’artiste minimaliste américain un très bel hommage déployé dans toutes ses salles d’exposition ainsi que dans sa librairie. Une rare et précieuse occasion de redécouvrir une œuvre radicale peu montrée en France.

Figure emblématique de la remise en question de l’objet d’art dans les années 60, Fred Sandback (1943-2003), à l’occasion d’une présentation de son travail en 1984 au Consortium, à Dijon, s’exprimait à propos de la sculpture : « C’est un terme effectivement applicable [à mes œuvres], bien qu’avec une certaine dose d’humour. Mais, comme je ne souhaite pas inventer un nom compliqué pour désigner ce que je fais, un nom qui voudrait approcher une sorte d’exactitude philosophique, et que c’est en somme une présence tridimensionnelle, une construction statique, on peut donc l’appeler “sculpture”. »

Untitled (Corner Piece) de Fred Sandback (1967).
Untitled (Corner Piece) de Fred Sandback (1967). © 2018 Fred Sandback Archive. Courtesy Fred Sandback Archive & Marian Goodman Gallery

Une exposition lui a été consacrée en 2008 dans une galerie parisienne et, depuis, plus rien ! C’est donc avec curiosité que l’on se déplace parmi ses œuvres pour deviner les formes qui apparaissent selon l’angle de vue. Des fils tendus en acrylique blanc, noir ou coloré parcourent les salles pour créer des volumes. Incrustés dans le sol, le plafond ou les murs, ils forment des rectangles, des trapèzes ou bien des triangles, disposés à terre dans un coin ou encore suspendus à la verticale. Parfois, nous les distinguons à peine et manquons de marcher dessus. L’expérience optique reste toujours fascinante.

Untitled (Sculptural Study, Twelve-Part Vertical Construction) de Fred Sandback (1982/2016).
Untitled (Sculptural Study, Twelve-Part Vertical Construction) de Fred Sandback (1982/2016). © 2018 Fred Sandback Archive. Courtesy Fred Sandback Archive & Marian Goodman Gallery

Magie de l’artiste que d’affirmer la légèreté par une réduction des moyens mis en place, tout en intégrant l’idée de masse par le format. Appuyée par le passionnant essai Fred Sandback ou le Fil d’Occam, de l’historienne d’art Valérie Mavridorakis, l’exposition permet de redécouvrir des structures immatérielles dans un espace bien réel. Dans la librairie, les œuvres sur papier associées au projet restent toujours liées aux sculptures, d’abord comme pensées préparatoires puis comme fonction de mémorisation. Pour le plasticien, il « s’établit donc un équilibre entre votre perception d’un espace visuel étendu et un espace dessiné concentré ». Plus discret que ses compatriotes de l’époque tels Richard Serra ou Donald Judd, Fred Sandback a toujours préféré l’austérité des vides de la sculpture tout en revendiquant son élégance formelle.

> « Fred Sandback. Le Fil d’Occam ». À la Galerie et à la Librairie Marian Goodman, 66 et 79, rue du Temple, Paris (IIIe), jusqu’au 27 octobre.

Untitled (Sculptural Study, Twelve-Part Vertical Construction) de Fred Sandback (1982/2016).
Untitled (Sculptural Study, Twelve-Part Vertical Construction) de Fred Sandback (1982/2016). © 2018 Fred Sandback Archive. Courtesy Fred Sandback Archive & Marian Goodman Gallery

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