Nos 10 coups de cœur à la Biennale d’architecture de Venise

Cette année, les commissaires Yvonne Farrell et Shelley McNamara, qui sont aux commandes de la 16e Biennale d’architecture de Venise, ont placé la manifestation sous le signe de la générosité et de l’optimisme. Les architectes irlandaises y célèbrent le « Freespace », ces espaces qui laissent libre cours aux usages imprévus et aux appropriations spontanées. Visite guidée de nos 10 coups de cœur, à découvrir jusqu'au 18 novembre 2018.

6/ Les chapelles du Vatican

Chapelle conçue par Norman Foster. ©Alessandra Chemollo
Chapelle conçue par Norman Foster. ©Alessandra Chemollo

Pour sa première participation à la Biennale d’architecture de Venise, le Vatican a demandé à dix architectes de renom de concevoir chacun une chapelle sur l’île de San Giorgio Maggiore, à l’entrée du Grand Canal. Smiljan Radic, Norman Foster ou encore Eduardo Souto de Moura figurent parmi les personnalités invitées par le Saint-Siège. Ce n’est pas entre quatre murs mais dans un jardin hors du temps que les visiteurs découvrent dix variations sur le même thème, à travers un parcours architectural et spirituel en marge de l’agitation vénitienne. En guise de point de départ, le commissaire Francesco Dal Co s’est inspiré de la célèbre chapelle de Gunnar Asplund, édifiée en 1920 dans le cimetière de Stockholm. Une fois la biennale achevée, les dix constructions pourront être démontées et installées dans d’autres lieux.

La chapelle d’Edouardo Souto de Moura. ©Alessandra Chemollo
La chapelle d’Edouardo Souto de Moura. ©Alessandra Chemollo

7/ L’installation signée de Vylder Vinck Taillieu

©Andrea Avezzu
©Andrea Avezzu

Invitée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara, l’agence Architecten de Vylder Vinck Taillieu a reçu le Lion d’argent récompensant le participant le plus prometteur à l’exposition générale « Freespace ». L’intitulé du prix peut prêter à sourire tant les talentueux Belges ont déjà acquis une solide réputation. À Venise, ils présentent « Unless Ever People: Caritas for Freespace », qui retrace la belle histoire de leur projet réalisé au centre psychiatrique de Melle. Alors qu’un bâtiment du XIXe siècle était promis à la démolition, Jan de Vylder, Inge Vinck et Jo Taillieu ont décidé de le sauver et de le transformer pour offrir aux malades des espaces communs semi-ouverts. Patients et médecins ont été partie prenante du projet, afin de définir avec eux attentes et besoins. Le jury a souhaité distinguer « un projet dans lequel lenteur et patience sont les moteurs d’une potentielle activation ».

©Andrea Avezzu
©Andrea Avezzu

8/ Le pavillon d’Israël

©Italo Rondinella
©Italo Rondinella

Explorant la coexistence explosive des lieux saints, le pavillon d’Israël figure parmi les plus réussis de cette biennale. Sous le titre éloquent « In Statu Quo: Structures of Negotiation », les commissaires Ifat Finkelman, Deborah Pinto Fdeda, Tania Coen-Uzzielli et Oren Sagiv se penchent sur plusieurs cas de figure à Jérusalem pour tenter d’expliciter ce mécanisme complexe de statu quo qui paralyse la ville. On découvre une remarquable maquette en couleurs du quartier du Saint-Sépulcre datant de 1862, qui montre l’intrication des différentes communautés religieuses et l’équilibre très fragile de cette cohabitation. Plusieurs projets imaginés pour la place du mur des Lamentations sont également présentés, parmi lesquels ceux de Louis Kahn ou de Moshe Safdie. Aucun d’entre eux n’a vu le jour, faute de consensus. Une proposition passionnante qui offre une lecture contemporaine de ces espaces en tension et interroge le rôle de l’architecture dans ces situations singulières.

©Italo Rondinella
©Italo Rondinella

9/ La céramique d’Assemble

©Andrea Avezzu
©Andrea Avezzu

Après avoir passé la porte du pavillon central des Giardini, les visiteurs pénètrent dans l’enceinte octogonale de la Sala Chini, investie par le collectif londonien Assemble. Leur exposition « The Factory Floor » nous immerge dans un espace entièrement vide dont le sol est habillé de carreaux de céramique bleus et jaunes. Derrière cette installation se trouve Granby Workshop, un atelier de fabrication créé en 2014 par le collectif dans le quartier défavorisé de Toxteth, à Liverpool. Assemblées les unes aux autres, les 8 000 pièces de céramique fabriquées à la main créent un tapis spectaculaire que l’on ose à peine fouler. La proposition d’Assemble est un plaidoyer en faveur de l’artisanat : chaque carreau est unique ! Le résultat est très beau, comme l’histoire qui se cache derrière. À l’issue de la biennale, ils seront installés de façon pérenne dans le jardin de la fondation V-A-C à Venise.

©Andrea Avezzu
©Andrea Avezzu

10/ Les logements sociaux de Michael Maltzan

©Italo Rondinella
©Italo Rondinella

La Biennale d’architecture de Venise est toujours l’occasion de faire de belles découvertes. Michael Maltzan a fait carrière en construisant des musées et des villas de luxe. Ce qui ne l’empêche pas d’œuvrer pour les plus défavorisés. Car cet Américain est fermement convaincu que l’architecture peut aider à la réinsertion quand elle est réussie. Dans le pavillon central des Giardini, il présente son projet « Star Apartments », réalisé à Los Angeles en 2014. Sur la toiture d’un centre commercial, il a ajouté 102 logements destinés à accueillir des personnes sans domicile fixe. Au-delà de la générosité de son programme, le bâtiment ménage de nombreux espaces partagés afin d’encourager la vie sociale des habitants. Il intègre également des services médicaux, comme un centre de santé et une clinique. Pour répondre au budget et à l’urgence du calendrier, la surélévation est composée de modules préfabriqués en usine et assemblés sur le site. Un bel exemple de mixité sociale et utile qui mériterait d’être multiplié.

©Michael Maltzan Architecture
©Michael Maltzan Architecture

> www.labiennale.org

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