Design responsable :
les créateurs de la table Thomas & Florian

La Camif lance une marque à impact positif et c’est peu dire que « ça fait du bien ». Au hasard des treize collaborations made in France de Camif EDITION, prenez cette table basse en hêtre, par ailleurs haute en couleurs (jaune ou grise) : de son coussin à son pouf, son plateau vous baladera jusqu’à la cuisine. Avec les usages nomades nouvelle génération, elle pourrait bien devenir collector !

Designer, Thomas Merlin a fondé son propre studio en 2011.  Son geste design ? Un minimalisme moderne, qui maximalise l’usage sans peser sur l’environnement ; pour trouver cet équilibre, les matériaux naturels ont ses faveurs.

Créateur de meubles en bois, Florian Dasras dirige l’entreprise familiale, fondée en 1981, depuis 2017.  Son secret de fabrication ? Une conception et réalisation sur mesure, qui déclinent sa qualité pour chaque type d’habitat et de style ; pour réussir cette harmonie, son savoir-faire est garanti 100 % français.

Faites-les se rencontrer et vous obtenez une table basse à nulle autre pareille.

Dissimulant un casier métallique bien pratique, un plateau non seulement se prend bien en mains jusqu’à la cuisine, mais accueille un coussin qui ajoute au nomadisme. De maître du service en cuisine, vous voilà geek sur le canapé, votre portable confortablement assis sur vos genoux ; en mode farniente, ce coussin se fait assise conviviale, assortie à un pouf pour qui veut prendre un peu de hauteur. Un jeu d’enfant à tout âge, où le tout est plus que la somme des parties.

Florian, le designer, et Thomas, le fabricant, heureux de présenter leur co-création.
Florian, le designer, et Thomas, le fabricant, heureux de présenter leur co-création.

Il en va ainsi des treize collaborations que vient de lancer le spécialiste du mobilier et des produits pour la maison, sous la marque Camif EDITION. « Ces produits, nous en sommes particulièrement fiers. Parce qu’ils sont beaux, bien sûr, mais surtout parce que tous sont nés d’une démarche de co-création inédite, menée entre la Camif, ses fabricants français, des designers, des experts de l’économie circulaire et des consommateurs », se félicite son PDG Emery Jacquillat. Et de louer un travail inédit, collaboratif, audacieux, ambitieux et attentif aux enjeux de société.

Comment résister à une interview croisée, elle aussi décalée ? A la clef : « un mode de production qui crée une valeur partagée ». CQFD !

Brut ou poli ?

Thomas : J’aime la matière dans son essence même, sans tricher, avec ses qualités et ses défauts. Même s’il est poncé, le bois m’évoque une matière brute car elle est naturelle. Cela reste le cas avec du contreplaqué. À l’instar du plateau de notre table, il s’agit en effet de couches croisées, lesquelles sont obtenues à partir d’une grande feuille que l’on déroule d’une bille de bois, comme si on avait passée celle-ci dans un taille crayon. Par rapport au bois massif, que l’on a privilégié pour le piètement de la table, le contreplaqué a l’avantage d’une plus grande stabilité dimensionnelle. Il était donc indiqué pour l’usinage et l’installation des accessoires nomades de notre co-création, à savoir le caisson de rangement et le plateau métalliques. Quant au ponçage extrêmement bien fini, il n’enlève rien à cette noblesse de matière : elle est palpable au premier coup d’œil.

Florian : Comment ne pas partager cette sensibilité ? Cinquième génération à travailler le bois, je suis à la tête d’une entreprise familiale qui conçoit et / ou réalise du mobilier sur mesure en chêne, merisier, noyer ou encore hêtre pour cette table, choisis de forêts locales gérées durablement. Conviviale et chaleureuse, cette matière est en rapport avec le corps humain. Elle donne envie de la toucher, y compris après le traitement que nous avons appliqué pour des raisons de design et d’usage. Protecteur et facile d’entretien, ce vernis à l’eau respecte la couleur originelle grâce à son finit mat. Sans composés organiques volatiles (COV), il ne pollue pas les pièces à vivre. Je dirais aussi que cette table est livrée brute dans la mesure où son ingéniosité permet de la personnaliser !

Vertical ou horizontal ?

Thomas : L’esprit de la table accommode bien les modes de vie d’aujourd’hui, entre un canapé où on se laisse tomber et des assises nomades qui se mettent en place naturellement pour boire un thé, jouer aux cartes, etc. D’où le coussin et le pouf en option, en coton recyclé, bien sûr, pour préserver l’environnement. La liberté de mouvement est optimisée.

Florian : Les deux vont bien ensemble : de notre propre marque aux projets que nous accompagnons sur mesure, mon équipe de trente personnes étaye des agencements structurés, au gré d’espaces où le regard peut naviguer. Avec ses nombreuses possibilités, la table résume cette vision à elle toute seule. Elle réinvente le quotidien, qu’on la mobilise pour travailler, jouer, ranger ou passer du salon à la cuisine avec le plateau.

 

Une table aux accessoires nomades bien dans son époque.
Une table aux accessoires nomades bien dans son époque. © Camif EDITION / Garnier Studios / Thomas Merlin

Icône ou profil bas ?

Thomas : À l’ostentation, mon design privilégie le sens du détail. Si cette table ne montre pas tous ses bénéfices de prime abord, ils sont convaincants quand on fait la démonstration, puis quand les utilisateurs en font l’expérience. J’aime beaucoup cette richesse de fonctionnalités avec un encombrement minimal, tant au niveau de la théorie que de la pratique : elle est idéale pour optimiser les appartements citadins et autres surfaces limitées.

Florian : Par atavisme et par conviction, je ne me mets pas en avant, de façon démonstrative ou dominatrice. Je préfère m’adapter aux clients en valorisant notre savoir-faire français, perpétué depuis Méral en Mayenne, et en favorisant ces choix via nos fournisseurs de matières premières et divers partenaires.

Linéaire ou circulaire ?

Thomas : Deuxième proposition puisque cette co-création s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire. Ce qualificatif m’évoque aussi la genèse de ce projet, soit une synergie globale entre consommateurs, experts de l’empreinte environnementale, designers français et fabricants locaux adeptes des circuits courts. C’est autre chose qu’un brief marketing… Autant belle table basse que table qui fait office de rangement, notre fabrication design synthétise toutes les demandes, en optimisant les moyens. Un maximum d’effets, avec le moins de complexité possible : challenge relevé !

Florian : Je suis du même avis, sans compter que les tables rondes m’ont toujours semblé plus conviviales. Avec ses angles arrondis, ce rectangle de 110 cm de long et 60 cm de large produit le même effet : depuis un canapé ou depuis le sol, tous les gens assis autour se voient et profitent de la présence des uns et des autres ! Plus conceptuellement, tracer son chemin tout droit empêche, à mon sens, de regarder ce qui se fait autour de soi. A contrario, cette co-création, qui mise sur l’intelligence collective, a été un pas de côté aussi enthousiasmant que productif.

Pour jouer ou travailler, des modules qui réinventent le quotidien.
Pour jouer ou travailler, des modules qui réinventent le quotidien. © Camif EDITION / Garnier Studios / Thomas Merlin

Utopiste ou pragmatique ?

Thomas : Dans le design, c’est assez complémentaire. Libératrice car créative, la première étape ne s’inscrit pas dans le réel et c’est bien. Puis, il faut converger vers quelque chose de réalisable, ce que je fais en appliquant mes questionnements citoyens à mon métier : comment freiner la profusion consommatrice en ciblant des vrais besoins, comment développer des fabrications vertueuses au prix juste, comment favoriser des modes de consomm’action. Réconcilier ces désirs, comme ici, consiste à réaliser des rêves !

Florian : Exactement. De la même manière que le travail manuel va de pair avec la pensée, la réponse à un usage peut venir d’un cahier des charges ambitieux. Prenez notre collaboration. Nous nous sommes rencontrés grâce à Camif EDITION et, après trois jours d’échanges tous azimuts, notre duo tout neuf avait conceptualité cette table ingénieuse. D’un prototype à un autre, nous l’avons finalisée en six mois, en incluant dans la boucle deux autres fabricants français –  un pour le métal, un pour les assises. C’est un vrai écosystème de savoir-faire industriel qui s’est réuni pour concevoir ce concept de table avec ces accessoires. Autre impact économique et social, la Camif reverse 1 % du prix pour la protection des abeilles et des forêts françaises.

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