La création latino-américaine à l'honneur de la Fondation Cartier

La nouvelle exposition de la Fondation Cartier rassemble un florilège d’œuvres latino-américaines de la période précolombienne à nos jours. Une immersion renforcée par l’absence de frontières entre art populaire et officiel, ornement et architecture.

D’un côté, la construction monochrome des architectes paraguayens Solano Benítez et Gloria Cabral ; de l’autre, l’installation multicolore du Bolivien Freddy Mamani. Ces deux œuvres monumentales introduisent l’exposition « Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu », qui, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, en réunit près de 250, réalisées par 70 artistes d’Amérique latine. En fil conducteur, les motifs géométriques, qui émaillent chaque création, allant de la période précolombienne à nos jours.

Un « cholet » néo-andin de Freddy Mamani à El Alto (Bolivie).
Un « cholet » néo-andin de Freddy Mamani à El Alto (Bolivie). Tatewaki Nio

La salle de bal extravagante de Freddy Mamani, inspirée des couleurs des costumes cérémoniaux de la culture andine Aymara, s’oppose aux structures répétitives de Solano Benítez et Gloria Cabral.

La salle de bal de Freddy Mamani.
La salle de bal de Freddy Mamani. Thibaut Voisin

Le duo, lauréat du Lion d’or de la Biennale d’architecture de Venise en 2016, poursuit son exploration des infinies possibilités offertes par les matériaux jugés sans valeur avec un « château de cartes » spectaculaire, une sorte de ruine intemporelle dont les pleins et les vides produisent des jeux d’ombre et de lumière qui s’accordent parfaitement à la transparence des sculptures aériennes de la Vénézuélienne Gego.

La photographe Anna Mariani saisit la beauté des maisons du Nordeste brésilien.
La photographe Anna Mariani saisit la beauté des maisons du Nordeste brésilien. DR

Ces pièces en fils de fer, présentées pour la première fois à Paris, créent dans l’espace des lignes qui évoquent les expérimentations cinétiques de Carlos Cruz-Diez ou de Jesús-Rafael Soto. Une fresque du street-artiste Flix accompagne le visiteur au sous-sol, où sont exposés sans aucune hiérarchie arts savant et populaire.

Statuette Valvidia (Equateur, entre 3 000 et 1 500 avant JC).
Statuette Valvidia (Equateur, entre 3 000 et 1 500 avant JC). DR

Le parcours est ponctué de toiles de Beatriz Milhazes, de Joaquín Torres García, de Carmen Herrera et d’Hélio Oiticica, mais aussi de céramiques de Gustavo Pérez, de dessins de Waujá (peuple autochtone du Brésil), de photographies de peintures corporelles Caduveo prises par l’ethnologue Guido Boggiani ou de celles de Martin Gusinde immortalisant, dans les années 20, les rites initiatiques des Selk’nam, une ethnie aujourd’hui disparue.

São Cosme e Damião de Béatriz Milhazes (2014).
São Cosme e Damião de Béatriz Milhazes (2014). DR

Autant de propositions qui révèlent la richesse et la diversité de la culture latino-américaine ainsi que la permanence des symboles traditionnels.

> « Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu ». À la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, jusqu’au 24 février 2019. Fondationcartier.com

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