Marseille : Un nouveau centre pour la photographie

Ouvert depuis quelques jours, le Centre Photographique de Marseille a pour ambition de rassembler tous les photographes de la région.

« Tout le monde est photographe. » Telle est la devise du Centre Photographique de Marseille. Inauguré le 23 novembre dernier, ce nouveau lieu d’exposition installé dans le quartier de la Joliette affiche un objectif simple : devenir le point de rendez-vous des photographes, amateurs comme professionnels, de la région. Ce projet porté par les Ateliers de l’Image ne date pas d’hier. En 2015, suite à la fermeture de sa galerie, cette association spécialisée dans les actions artistiques et pédagogiques décide de se lancer. « On est parti du constat qu’il y avait beaucoup de photographes à Marseille mais aucun endroit pour les accueillir », atteste Erick Gudimard, le directeur du Centre Photographique et des Ateliers de l’Image. Grâce au soutien de la ville et du département, il décroche cet espace industriel de 300 m2 idéalement situé entre le Frac, le Mucem et le Hangar J1.

L’espace a été aménagé par l’architecte d’intérieur Myriam Burnaz.
L’espace a été aménagé par l’architecte d’intérieur Myriam Burnaz. ©LR_BURNAZ

Ici, la photographie est appréhendée sous toutes ses formes. « Notre programmation se découpe en deux temps. Tout d’abord, nous aurons les grandes expositions qui dureront environ dix semaines, puis, entre celles-ci, nous proposerons des événements ponctuels comme par exemple des brunchs, des projections, des conférences ou des expositions parallèles », explique Erick Gudimard. Le lieu compte également organiser des formations ainsi que des ateliers d’éducation à l’image à destination du jeune public. A l’étage, un centre de ressources et de documentation verra prochainement le jour.

« Die for you » de Monique Deregibus.
« Die for you » de Monique Deregibus. DR

Quant aux artistes choisis, la plupart ont été piochés dans le réseau du directeur. « Ce sont des gens que je connais, dont j’ai déjà vu le travail ou dont j’ai entendu parler. On est ouvert à tout du moment que cela nous correspond. On veut multiplier les points de vue et essayer de se démarquer des tendances tout en accordant une attention particulière à la démarche de l’artiste. Ici, on expose des personnes avant des œuvres d’art », affirme sans prétention l’ancien photographe. Pour cette première, c’est Monique Deregibus qui inaugure les cimaises avec son travail Hypothèse du Regard, variations discontinues et greffes instables, à voir jusqu’au 27 janvier.

Bassin de Galisteo, Nouveau-Mexique, Etats-Unis 1989-2017 de Monique Deregibus.
Bassin de Galisteo, Nouveau-Mexique, Etats-Unis 1989-2017 de Monique Deregibus. ©Monique Deregibus

Pendant dix ans, cette Marseillaise d’adoption a capturé le même paysage désertique, celui du Nouveau-Mexique. « Sur les conseils d’une amie, je suis partie à la recherche du bassin de Galisteo. La première fois que je l’ai vu, j’en suis immédiatement tombée amoureuse. C’est un lieu chargé d’histoire. Des Indiens vivaient là-bas avant d’être exterminés. Après coup, j’ai compris pourquoi cet endroit me fascinait autant : c’est à une centaine de kilomètres de là qu’a été inventée et testée la bombe atomique. Je pense qu’inconsciemment, je savais qu’il y avait beaucoup d’enjeux à le photographier », affirme-t-elle. Pour l’accompagner, Philippe Terrier-Hermann et Randa Maroufi présentent respectivement leur film La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île, et Stand-by Office.

Extrait du film « Stand-by Office » de Randa Maroufi.
Extrait du film « Stand-by Office » de Randa Maroufi. Randa Maroufi
Affiche du film « La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île » de Philippe Terrier-Hermann.
Affiche du film « La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île » de Philippe Terrier-Hermann. ©Philippe Terrier-Hermann

> Centre Photographique de Marseille. 74, rue de la Joliette, 13002 Marseille. 

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