A Miami, le Design District s’habille d’un manteau de céramique

En pleine effervescence à l'occasion de la foire Art Basel Miami, le quartier de Design District dévoile de nouvelles boutiques derrière un rideau de céramiques soigneusement déroulé par l’agence d’architecture française Tolila + Gililand.

Le Miami Design District poursuit sa mue. Après l’inauguration de Palm Court en 2015, un centre commercial à ciel ouvert conçu par Sou Fujimoto, le quartier de la mode et du design s’étend depuis l’année dernière au block voisin. Avec une soixantaine d’enseignes et une dizaine de restaurants, le nouvel îlot s’organise autour de la Paradise Plaza, une place piétonne qui vient tout juste de révéler son visage définitif, avec « une sensualité de la matière » mise en scène par l’architecture de Gaston Tolila et Nicholas Gilliland.

Face à Paradize Plaza, le projet s’intègre dans un complexe commercial de 100 000 m2.
Face à Paradize Plaza, le projet s’intègre dans un complexe commercial de 100 000 m2. Robin Hill
Pour la couleur des façades, l’agence s’est inspirée des cabines de plage, de la végétation et des minéraux de la Floride.
Pour la couleur des façades, l’agence s’est inspirée des cabines de plage, de la végétation et des minéraux de la Floride. Robin Hill

Décomposé en « boîtes agglomérées », le projet des deux architectes prend des allures de casbah pour souligner les espaces et les volumes de ses neuf boutiques, notamment la parfumerie Creed ou le pop-up store Social Study spécialement ressuscité pour Art Basel Miami. Des commerces haut de gamme qui revisitent chacun à leur manière le motif arlequin, avec des écailles de céramique aux reliefs étonnants, aussi subtils que leurs couleurs sont prononcées.

La géométrie des façades se décline au niveau des garde-corps et de la couverture des escalators.
La géométrie des façades se décline au niveau des garde-corps et de la couverture des escalators. Robin Hill

Au total, 70 000 briques en terre cuite émaillée recouvrent le bâti porté par une structure en acier. Modélisé en 3D et fabriqué artisanalement pour l’occasion, chaque losange se plie légèrement pour apporter de l’épaisseur à une enveloppe qui réagit désormais à la course du soleil. Tout au long de la journée, les jeux d’ombres et de lumières font vibrer chaque pan de mur selon son orientation et celle de ses modules. Différemment inclinées suivant les façades, les pièces de céramique juxtaposent leurs reliefs dans une grande variété d’assemblages et façonnent une palette de textures a la fois riche et délicatement nuancée.

De jour comme de nuit, la lumière renforce le caractère plastique des façades.
De jour comme de nuit, la lumière renforce le caractère plastique des façades. Robin Hill

Influencés par le passé Art Déco de Miami, comme par l’art abstrait et coloré des premiers indiens de Floride, le duo parisien, inséparable depuis 2005, a voulu « associer un travail géométrique rigoureux et économe à un travail d’ornementation évocateur ». Pari réussi avec ces surfaces du plus bel effet qui, avec la Marseillaise de Jean Nouvel, décomplexeront peut-être à l’avenir les architectes quant à l’usage de la couleur.

Après de nombreux projets conçus à deux têtes, Gaston Tolila et Nicholas Gilliland (de gauche à droite) ont monté leur atelier d’architecture en 2011.
Après de nombreux projets conçus à deux têtes, Gaston Tolila et Nicholas Gilliland (de gauche à droite) ont monté leur atelier d’architecture en 2011. Robin Hill

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