Expo : L’hommage à Renzo Piano, bâtisseur citoyen

La Royal Academy of Arts de Londres consacre une rétrospective à Renzo Piano. Une plongée fascinante dans l’œuvre du co-auteur du Centre Pompidou et Pritzker Prize 1998.

Il a été l’un des premiers à se manifester pour reconstruire le pont Morandi, au lendemain de la catastrophe qui a touché sa ville natale, le 14 août dernier. Presque un devoir moral pour ce Génois consacré, en 2013, sénateur à vie par l’ancien président italien, Giorgio Napolitano, un honneur rare. Cet engagement traduit bien, de surcroît, la dimension citoyenne et la responsabilité sociale qui se cachent derrière tout acte d’architecture.

L’architecte dans l’atelier de son agence parisienne.
L’architecte dans l’atelier de son agence parisienne. © Francois Mori/AP/REX/Shutterstock

« Je crois profondément que l’architecture consiste à bâtir des lieux pour rassembler les gens et leur faire partager des valeurs », tient à souligner Renzo Piano. Son tout premier chantier d’envergure, cosigné avec l’Italien naturalisé britannique Richard Rogers, est d’ailleurs ô combien symptomatique de cette philosophie ! Plus qu’une place d’art, le Centre Pompidou n’est-il pas un formidable forum pour le partage des cultures et des savoirs ? Une agora aussi, avec sa piazza piétonne. Ce succès n’a pourtant pas conduit Piano à s’inscrire dans un modèle préétabli.

Le Centro Botín de Santander, en Espagne (2017).
Le Centro Botín de Santander, en Espagne (2017). Enrico Cano

Chaque bâtiment qu’il signe véhicule une problématique propre : le site, la fonction, les usages. Chaque élément est dessiné suivant un cahier des charges le plus innovant possible, qui institue un lien parfait entre ingénierie et architecture et rend les bâtiments riches de technicité et d’élégance. L’exposition londonienne analyse ce travail à travers seize projets emblématiques en presque cinquante ans de carrière : le Centre Pompidou (1977), la Menil Collection (1987) à Houston, The Shard (2012) à Londres, le Whitney Museum (2015) à New York…

Le Whitney Museum of American Art, à New York (2015).
Le Whitney Museum of American Art, à New York (2015). © Nic Lehoux © RPBW

L’architecte a mis à la disposition du visiteur un nombre impressionnant de documents (dessins, maquettes, photos), autant de portes d’entrée dans le secret de chaque construction. Et comme un clin d’œil à ses débuts, la copie à l’échelle 1 d’une gerberette (une immense poutre à bascule, élément clé de la structure du Centre Pompidou) est présentée dehors. Recouverte d’une laque rouge, celle-ci constitue une sorte de totem dans les Burlington Gardens, un appel fort à venir rencontrer l’œuvre de Renzo Piano.

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à Paris (2014).
La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à Paris (2014). © Michel Denancé © RPBW

> « Renzo Piano, The Art of Making Buildings ». À la Royal Academy of Arts, Burlington House, Piccadilly, Londres. Jusqu’au 20 janvier 2019. 

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