Moodboard (2/4) : L’esprit Belle époque à l’assaut de la morosité

Nostalgie revisitée des âges d’or du siècle dernier, l’association fraîche et joyeuse du rose et du vert est devenue la meilleure arme contre la morosité ambiante.

Depuis cet automne, les visiteurs se pressent à l’entrée de l’exposition Alphonse Mucha au musée du Luxembourg, à Paris. Bien que le nom de cet affichiste et décorateur tchèque des années 1900, pourtant incontournable, ne parle pas à tout le monde, l’esprit Art nouveau et ses associations de couleurs audacieuses semblent bien correspondre à l’air du temps. « La combinaison rose-vert fait partie des duos chromatiques que l’on retrouve à cette époque mais aussi plus tard, dans les intérieurs rutilants de la parfaite maîtresse de maison américaine des années 50 », rappelle Patricia Beausoleil, directrice du département Maison de l’agence de tendances Peclers. Deux époques particulièrement opulentes et positives qui inspirent la décoration d’aujourd’hui.

Le restaurant Bronte, en cours de changement de nom, affiche une décoration à base de canapés, en cuir vert façon marbre, associés à des fauteuils « Scoop High », recouverts de laine rose, le tout signé Tom Dixon.
Le restaurant Bronte, en cours de changement de nom, affiche une décoration à base de canapés, en cuir vert façon marbre, associés à des fauteuils « Scoop High », recouverts de laine rose, le tout signé Tom Dixon.

Restaurants, hôtels, intérieurs, l’association du vert et du rose est partout. « Je l’ai utilisée pour la salle à manger de l’hôtel Roch à Paris, mais aussi pour l’une des chambres de ma maison de campagne, souligne Sarah Lavoine. Le vert apporte un côté naturel et profond, le rose, une légèreté, une gaieté pleine de fraîcheur. » L’architecte d’intérieur vient d’ailleurs de sortir six nouveaux coloris, inspirés des ambiances des différents quartiers new-yorkais, dans le cadre de sa collaboration avec les peintures Ressource. La collection compte deux verts – un vif baptisé Huddlestone, en référence à l’arche de verdure de Central Park, et un grisé nommé Williamsburg, clin d’œil à l’ambiance arty-bohème de Brooklyn – et un rose pâle, Broome Street, qui évoque la douceur accueillante de Greenwich Village et Little Italy.

Au mur, le vert Williamsburg, l’un des six nouveaux coloris issus de la collaboration Sarah Lavoine x Ressource.
Au mur, le vert Williamsburg, l’un des six nouveaux coloris issus de la collaboration Sarah Lavoine x Ressource.

« C’est beaucoup grâce à des femmes designers ou architectes d’intérieur comme India Mahdavi, Laura Gonzalez ou Patricia Urquiola, que l’on a osé à nouveau jouer la carte de ce type de couleurs », analyse Patricia Beausoleil. Même si ce grain de fantaisie se retrouve, bien sûr, aussi chez des hommes, le designer Tom Dixon en tête, qui n’a pas lésiné sur les verts et le rose franc dans deux de ses réalisations londoniennes, le restaurant Bronte et le fabuleux hôtel Mondrian, au bord de la Tamise (en couverture).

En haut, revêtement en soie « Les Médaillons chinois » ; en bas, revêtement en intissé imprimé « Le Paravent chinois », une reproduction d’un paravent du XVIIIe siècle et une collaboration de l’artiste américain John Derian avec Pierre Frey, collection « Compagnie des Indes » (Braquenié).
En haut, revêtement en soie « Les Médaillons chinois » ; en bas, revêtement en intissé imprimé « Le Paravent chinois », une reproduction d’un paravent du XVIIIe siècle et une collaboration de l’artiste américain John Derian avec Pierre Frey, collection « Compagnie des Indes » (Braquenié).
Papier peint « Toru Fleurs » (Graham & Brown).
Papier peint « Toru Fleurs » (Graham & Brown).
Papier peint « Foxglove » du label MissPrint chez Au fil des Couleurs
Papier peint « Foxglove » du label MissPrint chez Au fil des Couleurs

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