Tendances 2019 (3/9) : La masterclass du Dimore Studio

À Milan, l’Américain Britt Moran et l’Italien Emiliano Salci exposent, dans leur Dimore Gallery, les meubles qu’ils ont créés ou sélectionnés, en mélangeant avec grâce les genres et les époques. Une confusion chronologique que ce duo décline aussi dans les projets d’architecture intérieure de son agence Dimore Studio. IDEAT a décrypté avec eux ce qui fait l'ADN de Dimore…

Britt Moran et Emiliano Salci, alias Dimore Studio, un duo à la ville comme à la scène.
Britt Moran et Emiliano Salci, alias Dimore Studio, un duo à la ville comme à la scène.

Une couleur ?
Ce serait le vert, parce que c’est une couleur calme et reposante. Et puis, c’est certainement la plus belle et la plus versatile teinte de l’arc-en-ciel, dans toutes ses nuances.

Un motif ?
On aime que les textiles aient un motif géométrique et graphique, un peu comme ceux que nous avons développés pour notre collection de tissus « Progetto Tessuti ».

Un matériau ?
Le bois, parce qu’il est vivant, qu’il change avec le temps et qu’il est apaisant. Nous l’utilisons dans tous nos projets, tant pour des boiseries en aménagement d’intérieur qu’à travers notre collection de mobilier « Progetto Non Finito ».

« Perfettamente Imperfetto » (« parfaitement imparfait »), une exposition présentée à la Dimore Gallery en avril 2018, où sont encore présentées des pièces des collections « Progetto Non Finito » et « Oggetti » du studio.
« Perfettamente Imperfetto » (« parfaitement imparfait »), une exposition présentée à la Dimore Gallery en avril 2018, où sont encore présentées des pièces des collections « Progetto Non Finito » et « Oggetti » du studio. Andrea Ferrari

Une pièce ?
Le salon, parce que c’est la pièce la plus complexe de la maison. On aime bien y séjourner seul, y chercher la quiétude et s’asseoir tranquillement dans un fauteuil, un canapé pour lire ou écouter de la musique. Mais ça peut aussi être une pièce festive, celle où l’on se divertit.

Un meuble ?
Un fauteuil, pour son esthétisme et parce que sa fonction première est d’être confortable. Mais aussi pour sa qualité architecturale.

Une pièce de mobilier dont vous ne vous lassez pas ?
Une des chaises de Carlo Mollino (1905-1973). Elles ont quelque chose d’artisanal et d’expérimental à la fois.

Leo’s, le restaurant-bar du Arts Club, à Londres, un fin mélange entre Art déco et influences orientales
Leo’s, le restaurant-bar du Arts Club, à Londres, un fin mélange entre Art déco et influences orientales Paola Pansini

Un designer ?
Carlo Scarpa (1906-1978), pour son sens intemporel de la proportion et du détail. Son travail avait un style moderne, mais ce qui le rendait unique, c’était sa vénération pour les matériaux traditionnels et l’artisanat. Il est connu pour avoir mélangé l’histoire avec le présent, un trait que nous partageons avec lui.

Une ville ?
Nous sommes très heureux à Milan. Cette ville est devenue extrêmement internationale en quelques années, « the place to be ». Il y a ici quelque chose de très créatif. Elle offre une excellente qualité de vie, avec un centre-ville pas trop grand où l’on peut tout faire à pied.

Un hôtel ?
L’hôtel Albergo, à Beyrouth. C’est un hôtel de luxe en plein centre-ville, dans un édifice des années 30 rempli d’âme et de style. C’est un peu comme de vivre dans un palais.

La boutique Fendi de Sloane Street, à Londres, entre faste d’un lustre à pampilles géant et influences rétro.
La boutique Fendi de Sloane Street, à Londres, entre faste d’un lustre à pampilles géant et influences rétro.

Un artiste ?
Enrico Castellani (1930-2017), l’un des plus influents artistes italiens, considéré comme un pionnier du minimalisme. Ses reliefs monochromatiques, comme Superficie Bianca, réalisés grâce à sa maîtrise de la technique du clair-obscur, ressemblent à des peintures en 3D. On adore son travail.

Une boutique ?
Le Dover Street Market à Londres, pour la nervosité de son aménagement intérieur et l’incroyable spectre de marques qu’on y vend. C’est un lieu complètement culte, à visiter absolument.

Un créateur ?
Miuccia Prada, pour sa vision unique et globale, son approche totale et le chemin qu’elle a parcouru. Et Raf Simons, pour sa capacité à capturer l’air du temps.

Boutique Pomellato, à Milan… La forme d’une pierre précieuse taillée reprise à l’infini du sol au plafond.
Boutique Pomellato, à Milan… La forme d’une pierre précieuse taillée reprise à l’infini du sol au plafond. Paola Pansini

Un architecte ?
L’architecte italien Piero Portaluppi (1888-1967), pour son approche sophistiquée et inspirante. Nous admirons particulièrement la Villa Necchi Campiglio, à Milan. C’est une icône de la déco des années 30.

Un bâtiment ?
Le Seagram Building de Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969). Élégant, minimaliste et tellement moderne.

Un restaurant ?
L’Indochine, à New York, pour son bourdonnement, sa fraîcheur intemporelle et sa nourriture succulente.

Un jardin ?
Majorelle, à Marrakech. Sa beauté, sa collection de plantes et de fleurs rares et sa villa Art déco de style musulman, peinte dans sa couleur bleue unique, en font un lieu emblématique.

La boutique Aesop Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris.
La boutique Aesop Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris.

Un film ?
In the Mood for Love, de Wong Kar-wai, un chef-d’œuvre d’amour qui brise le cœur… D’une beauté onirique.

Un livre ?
Le Parfum, de Patrick Süskind, pour sa description de Paris au XVIIIe siècle.

Un souvenir ?
Notre rencontre en 2000, par l’intermédiaire d’un ami commun qui connaissait notre passion pour le design. C’est là que tout a commencé !

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