L’architecture haussmannienne revue et corrigée chez Balmain

Au cœur de la capitale, la maison Balmain Paris accueille depuis peu les fidèles de la griffe dans un nouveau showroom aux allures d’hôtel particulier. Une relecture de l’architecture parisienne, brillamment menée par le studio AMV.

Dévoilé à Milan, puis décliné à Miami, Las Vegas et Hong Kong, le nouveau concept des boutiques Balmain s’illustre enfin à Paris, dans le plus spacieux des showrooms de la marque. Au milieu de ses 630 m2, répartis sur deux niveaux de la rue Saint-Honoré, l’ancien fief de Zara déroule ses espaces dans une atmosphère hors du temps, où les trois fondatrices du studio AMV, Anna Philippou, Marie Prosperi et Victoire Guerlay, brassent les styles et les époques pour transposer l’architecture haussmannienne au XXIe siècle.

A la tête de leur agence depuis deux ans, Anna Philippou, Marie Prosperi et Victoire Guerlay enchaînent déjà les projets pour Olivier Rousteing et Balmain.
A la tête de leur agence depuis deux ans, Anna Philippou, Marie Prosperi et Victoire Guerlay enchaînent déjà les projets pour Olivier Rousteing et Balmain. ©JulesFaure

Après l’aménagement de sa résidence et de son bureau personnels, le directeur artistique de Balmain s’est de nouveau entiché du trio d’architectes formé en 2017, à la suite d’une rencontre et d’une expérience commune au sein des Ateliers Jean Nouvel. « Olivier Rousteing souhaitait un concept ancré dans les racines de Balmain, qui puisse exprimer l’identité parisienne de la maison de haute-couture. On a donc entamé une longue étape de recherche pour isoler les codes récurrents de l’architecture parisienne et, mieux, les réinterpréter » explique Victoire Guerlay, dans une salle où la trame du parquet Versailles se dédouble au plafond en version miroir.

L’intégralité du mobilier à été conçu sur mesure, à l’image des tapis, comptoirs et lustres réalisés par le fabricant de luminaires italien Viabizzuno.
L’intégralité du mobilier à été conçu sur mesure, à l’image des tapis, comptoirs et lustres réalisés par le fabricant de luminaires italien Viabizzuno. ©DiegoDePo

De la ferronnerie du porche aux moulures des plafonds à caissons, les références aux hôtels particuliers et à l’architecture haussmannienne se succèdent dans une série de pièces conçues comme celles d’un appartement. Les jeux de miroirs décuplent les perspectives dans une bibliothèque réservée aux sacs. La salon de jeux s’organise autour d’un lustre et d’un comptoir central. Tandis que les souliers trouvent logiquement leur place dans un vestibule qui marie le marbre aux traditionnels sols à cabochons.

L’escalier d’honneur, un classique des hôtels particuliers comme des maisons de haute-couture.
L’escalier d’honneur, un classique des hôtels particuliers comme des maisons de haute-couture. ©DiegoDePo

Tapissés de verre cannelé, les miroirs de l’escalier d’honneur assument un hommage à la maison concurrente de la rue Cambon et mènent aux espaces dédiés aux collections de vêtements. Deux salons directement inspirés de la Galerie des Glaces, où boiseries et miroirs se conjuguent à du mobilier tubulaire qui évoque les années 1960.  Un dialogue aussi inattendu que réussi, à découvrir prochainement au sein la boutique historique de la rue François 1er, aujourd’hui aménagée par Joseph Dirand.

Comme un fil rouge, les miroirs se déclinent dans tous les espaces en alternant les finitions et les inspirations.
Comme un fil rouge, les miroirs se déclinent dans tous les espaces en alternant les finitions et les inspirations. ©DiegoDePo

> Showroom Balmain, 374, rue Saint-Honoré, 75001 Paris.

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