Jean Nouvel plante une rose des sables dans le golfe Persique

Le 28 mars, les premiers visiteurs découvriront le musée national du Qatar, dernière folie architecturale de Jean Nouvel. Sur la corniche de Doha, l’architecte français a imaginé un « caravansérail moderne » inspiré des formes du désert maritime originel.

Il fêtera ses 74 ans cette année et aura rarement été aussi prolifique. Après avoir inauguré le Louvre Abu Dhabi en novembre 2017, Jean Nouvel récidive au Moyen-Orient avec le musée national du Qatar, un équipement culturel ambitieux qui entend marquer les esprits.

Ebauché dès 2008, le musée accueillera finalement ses premiers visiteurs le 28 mars.
Ebauché dès 2008, le musée accueillera finalement ses premiers visiteurs le 28 mars. Iwan Baan

À l’origine du projet se trouve un joyau historique qui abritait jusqu’à présent le musée du Patrimoine : le palais d’Abdullah ibn Jassim al-Thani (1880-1957), fils du fondateur du Qatar moderne. Dans la course aux musées prestigieux qui sévit dans cette partie du monde, l’émirat se devait d’avoir sa place et s’est offert les services d’une grande signature.

La proximité du musée avec le palais historique d’Abdullah ibn Jassim al-Thani coule de source, tant le cheikh et sa famille ont œuvré pour le développement de la capitale du Qatar.
La proximité du musée avec le palais historique d’Abdullah ibn Jassim al-Thani coule de source, tant le cheikh et sa famille ont œuvré pour le développement de la capitale du Qatar. Iwan Baan

« Le musée national est évidemment consacré à l’histoire du Qatar. Symboliquement, son architecture doit évoquer le désert, sa dimension silencieuse et éternelle, mais aussi la modernité et l’audace qui sont venues perturber ce qui semblait à jamais imperturbable. Ce sont donc les contradictions de l’Histoire que j’ai cherché à évoquer », explique l’architecte français.

Si la ville de Doha a gagné sur le désert, on peut dire que, symboliquement, le musée national du Qatar est un bout de désert regagné sur la ville.
Si la ville de Doha a gagné sur le désert, on peut dire que, symboliquement, le musée national du Qatar est un bout de désert regagné sur la ville. Iwan Baan

Jamais avare de métaphores, il convoque ici la rose des sables en guise de fil conducteur, « première architecture “autocréée” par la nature, par le vent, les embruns, le sable et les millénaires ». Le résultat est pour le moins spectaculaire : le nouveau musée se développe sur une longueur de 350 mètres et une surface totale de 52 000 m2 à travers des formes fragmentées et des espaces intérieurs mouvementés et pleins de surprises pour les visiteurs, qui ne savent jamais à quoi s’attendre d’un lieu à l’autre.

Détail des disques de béton fibré entrelacés qui forment le motif récurrent de l’édifice.
Détail des disques de béton fibré entrelacés qui forment le motif récurrent de l’édifice. Iwan Baan

Un « caravansérail moderne », nous affirme Jean Nouvel pour décrire ce musée consacré à l’histoire de la péninsule Arabique et de ses populations. L’enveloppe du bâtiment est réalisée avec des panneaux en béton fibré à ultra-hautes performances d’une couleur beige sable, « une architecture à la pointe de la technologie, comme le Qatar », résume l’architecte.

> Musée national du Qatar. Al Corniche Street, Doha.

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