Anniversaire : Erwin Olaf, 40 années de beautés énigmatiques

A 60 ans, le photographe néerlandais célèbre quarante ans de création. Pour ceux qui n’ont pu découvrir sa double exposition aux Pays-Bas, sa galeriste parisienne dévoile sa dernière série, tandis que le Rijksmuseum confronte ses tirages aux maîtres de l’âge d’or. Un bel hommage !

«Ce que je veux montrer avant tout, c’est un monde parfait avec une fêlure à l’intérieur. Mon travail consiste à rendre l’image suffisamment attrayante pour que les gens aient envie de rentrer dans ma narration, avant de leur porter un coup. » Erwin Olaf résume ainsi quarante ans d’une carrière photographique et vidéo axée sur la question du trouble. Depuis ses débuts, il construit un univers dans une gamme chromatique au raffinement diffus, un clair-obscur immédiatement reconnaissable.

The Kite (2018) d’Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs ».
The Kite (2018) d’Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs ». Courtesy Galerie Rabouan Moussion

Une dualité avec laquelle il aime jouer, et qu’il mettra en perspective dans une exposition au ­Rijksmuseum, à Amsterdam, l’été prochain, avec les œuvres des maîtres de la peinture hollandaise qui ont nourri son travail. La double exposition rétrospective de La Haye, qui vient de s’achever illustrait, elle, une volonté de surprendre le spectateur autour d’installations photographiques qui associaient sculptures et sons. Jeunes femmes sophistiquées, nudité masculine et solitudes enfantines demeurent ses sujets de prédilection.

Erwin Olaf en pleins préparatifs de son exposition au Rijksmuseum, à Amsterdam.
Erwin Olaf en pleins préparatifs de son exposition au Rijksmuseum, à Amsterdam. Rijksmuseum

La galerie Rabouan Moussion se joint à l’hommage en présentant la dernière série, « Palm Springs », qui clôt une thématique sur les villes en mutation, après « Berlin » (2012) et « Shanghai » (2017). La série berlinoise reflétait les préoccupations du photographe concernant la liberté d’expression et les transferts de pouvoir, tandis que la chinoise interrogeait la place de l’humain dans les mégapoles. À travers des portraits, des paysages et des natures mortes aux ambiances délicatement sixties, la série « Palm Springs » pointe les problèmes de discrimination, d’abus religieux et d’exclusion aux États-Unis, sur fond de changement climatique. À 60 ans, Erwin Olaf prouve, une fois encore, qu’il reste un photographe passionné et curieux des problématiques actuelles. Et toujours avec élégance…

« American Dream, Portrait of Alex » d’Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs » (2018).
« American Dream, Portrait of Alex » d’Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs » (2018). Courtesy Galerie Rabouan Moussion

> « Erwin Olaf ». À la galerie Rabouan Moussion, 11, rue Pastourelle, à Paris (IIIe), du 16 mai au 15 juin et du 28 juin au 6 juillet. 

> « 12 x Erwin Olaf ». Au Rijksmuseum, à Amsterdam (Pays-Bas), du 3 juillet au 22 septembre. 

The Family Visit, The Niece (2018) d ‘Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs ».
The Family Visit, The Niece (2018) d ‘Erwin Olaf, tiré de la série « Palm Springs ». Courtesy Galerie Rabouan Moussion

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