Rétrovision : Les icônes du Bauhaus

De 1919 à 1933, de Weimar à Berlin en passant par Dessau, les maîtres du Bauhaus décrassent le mobilier bourgeois du trop-plein de ses ornements XIXe. La sobriété s’impose ! Cent ans après la fondation de la célèbre école, les pièces emblématiques qui en sont issues, de bois, de métal ou de textile, sont devenues le trésor de guerre des éditeurs de design.

1/ Le berceau de Peter Keler (1898-1982)

Berceau de Peter Keler (1922).
Berceau de Peter Keler (1922). hans georg esch

L’une des premières icônes du Bauhaus est un berceau… Il porte les couleurs du constructivisme mais aussi celles appartenant aux palettes des peintres Oskar Schlemmer et Vassily Kandinsky. Rafraîchi par une ouverture en cannage, cet ovni coloré a été présenté en 1923 dans la première grande exposition du Bauhaus, à la Haus am Horn, signée Georg Muche. En 1975, l’éditeur Tecta produit pour la première fois ce berceau… et le reconvertit en porte-revues !


2/ Le fauteuil TI1a de Marcel Breuer (1902-1981)

Chaise TI1a de Marcel Breuer (1922).
Chaise TI1a de Marcel Breuer (1922). hans georg esch

Avec son textile tendu sur une structure de lattes d’érable teinté, ce fauteuil conçu par Marcel Breuer, venu étudier au Bauhaus de 1920 à 1924, est l’antithèse du siège rembourré. Sa relative sobriété à la sauce hollandaise façon De Stijl illustrerait la maîtrise de la proportion consubstantielle au métier d’architecte. Le jeune Marcel Breuer s’est, au fond, livré à une expérimentation. Résultat, Marcel Gropius le nomme responsable de l’atelier de menuiserie à l’âge de 23 ans !


3/ Le fauteuil F51 de Walter Gropius (1883-1969)

Fauteuil F51 de Walter Gropius (1922-1923).
Fauteuil F51 de Walter Gropius (1922-1923). hans georg esch

À Weimar, dans le bureau du designer et architecte allemand Walter Gropius, premier directeur du Bauhaus, le fauteuil F51, qu’il a lui-même dessiné, capte tout de suite l’attention. Accoudoirs en porte à faux, dossier qui ne touche pas terre et un côté cubique qui suggère le confort. Le label de design allemand Tecta, qui le réédite, ainsi que ses versions canapés, souligne par son vaste choix de couleurs que, quand la forme va, tout va…


4/ Le bureau M61 « Table of the Conferencier » d’El Lissitzky (1890-1941)

Bureau M61 Table of the Conferencier d’El Lissitzky (1923).
Bureau M61 Table of the Conferencier d’El Lissitzky (1923). hans georg esch

El Lissitzky est un peintre russe passé par le suprématisme et qui a touché à tout : architecture, design, graphisme, photographie. Il a même enrichi le constructivisme auprès de son pilier, Vladimir Tatline. Les créations d’El Lissitzky, c’est un peu la peinture graphique et colorée de Malevitch incarnée dans des objets en volumes. Sa « table de conférencier » en placage de frêne, éditée aujourd’hui par Tecta, illustre bien cette idée de « design comme une architecture en mouvement ».

5/ Le lampadaire BST23 de Gyula Pap (1899-1983)

Lampadaire BST23 Gyula Pap (1923).
Lampadaire BST23 Gyula Pap (1923). Tecnolumen

Conçu à l’atelier de métal du Bauhaus, le lampadaire du peintre hongrois Gyula Pap n’avait jamais été édité. C’est le seul objet de cet atelier à avoir été présenté lors de l’exposition de l’école à la Haus am Horn. Conservés dans les archives du Bauhaus à Berlin, ses schémas de fabrication ont permis à Tecnolumen de l’éditer à l’identique, en mélangeant le verre, l’acier tubulaire nickelé et le fer laqué noir. Une petite révolution dans les années 20…

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