Design Parade Toulon : les futures stars de l’archi d’intérieur misent sur la texture

La quatrième édition de Design Parade, le festival d'architecture d'intérieur de Toulon, nous interpelle sur la raréfaction des ressources en employant des matières durables qui chatouillent les cinq sens.

C’est une incroyable salle de bains qui a remporté samedi 29 juin la quatrième édition du festival d’architecture d’intérieur Design Parade, à Toulon. Les lauréats Céline Tibault et Géraud Pellottiero ont imaginé un claustra et une baignoire moulée… en savons ! Leur projet Zou maé ! (on y va et on recommence en patois marseillais), exposé dans l’ancien évêché de Toulon jusqu’au 24 novembre met en avant des parois ultra texturées. Ils ont imaginé cette pièce d’eau avec une savonnerie locale. A la fin de l’exposition, l’installation repartira donc à l’usine pour vivre une nouvelle vie sous forme de barres et ne provoquera aucun déchet. Géraud Pellottiero expliquait ainsi « le déclic provient d’une scénographie temporaire réalisée pour un client et pour laquelle j’ai dû jeter, à la fin, une quantité astronomique de déchets ».

« Zou maé ! », Céline Thibault & Géraud Pellottiero.
« Zou maé ! », Céline Thibault & Géraud Pellottiero. @lucbrtrd / @jppm.studio

A l’image de ce projet, c’est tout le festival organisé par la villa Noailles, qui reconnecte le visiteur avec la matière. Ainsi la mention spéciale du jury a été décernée à Audrey Guimard et Berenice Golmann-Pupponi pour leur projet Apricari, une pièce qui semble dévorée par un mélange de coquillages pulvérisés et blanchis par le soleil. La matérialité de leur pièce nous transporte dans un décor de science-fiction, écrasé par le soleil qui annonce les grandes sécheresses à venir.

« Apricari », Audrey Guimard & Bérénice Golmann-Pupponi.
« Apricari », Audrey Guimard & Bérénice Golmann-Pupponi. @lucbrtrd / @jppm.studio

Oubliées les installations grandiloquentes… Tout au long des salles de l’ancien évêché de Toulon, qui accueille le travail des dix jeunes lauréats, l’architecture d’intérieur du futur adopte un parti-pris minimaliste. On voyage d’un univers à l’autre grâce aux textures d’un sol en impression 3D (Hugo Dubray) ou le plafond argenté tout en relief imaginé par Maximilien Pellet et Zoé Piter. Avec un vocabulaire plus narratif, Lisa Egio et Elliot Kervyn ont dessiné des murs dont les bas-reliefs représentent des visages décomposés en céramique.

« Tamaté », Lisa Egio & Elliot Kervyn.
« Tamaté », Lisa Egio & Elliot Kervyn. @lucbrtrd / @jppm.studio

Des projets à l’unisson du travail réalisé par le président du jury, l’architecte d’intérieur François Champsaur, qui a aussi investi ce bâtiment historique du centre de Toulon, où il propose une scénographie minimaliste et extrêmement poétique. Ici aussi, peu de pièces, mais chacune porteuse de sens. L’immense table de cuisine en terre cuite réalisée par la poterie Ravel, comme un désert de sable rouge craquelé ou un tronc rugueux de châtaigner, base d’une table basse…

Table en terre cuite de François Champsaur, réalisée par la poterie Ravel.
Table en terre cuite de François Champsaur, réalisée par la poterie Ravel. DR

Un peu plus loin, le sol en galet de Kim Haddou et Antoine Dufourcq, titille les plantes de pieds. Face à la crise de l’abondance, le festival nous invite à passer par la texture pour nous reconnecter à notre environnement, à sa présence magnétique et à réinvestir tous les objets qui nous entourent.

« Un jardin d’intérieur », Hugo Drubay.
« Un jardin d’intérieur », Hugo Drubay. @lucbrtrd / @jppm.studio

> Design Parade Toulon à l’ancien évêché. 69, cours Lafayette, 83000 Toulon. Entrée gratuite. Jusqu’au 24 novembre. villanoailles-hyeres.com/festivals/design-parade-toulon

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