Expo : « Chic et utile, l'art du porte-monnaie »

La Monnaie de Paris retrace l’histoire… du porte-monnaie ! L’occasion de réviser certaines évolutions sociales, la mode et les arts décoratifs qui ont transformé ce petit objet usuel en adorable pièce de charme.

Qu’est-ce qu’un sac de dame du XXIe siècle ? Un porte-monnaie qui a pris du poids ! Alors qu’il n’a jamais été exposé, on lui rend enfin la monnaie de sa pièce à l’initiative de la Monnaie de Paris. Scénographe de l’exposition, la designer Constance Guisset s’est inspirée du grand magasin décrit dans le roman d’Émile Zola, Au bonheur des dames, en jouant l’accumulation dans les vitrines pour mieux piquer la curiosité du visiteur. Chronologique et thématique, le parcours détaille le riche destin et les formes étonnantes de ce menu pochon, autrefois aussi bien fourre-tout que banque personnelle. « Pour cette exposition sur l’histoire et l’art du porte-monnaie, nous évoquons le contenu et le contenant en rappelant le contexte d’une époque en dessins, gravures, réclames, photographies et même en robes », détaille Béatrice Coullaré, commissaire et chargée de la conservation à la Monnaie de Paris.

Porte-monnaie « trompe l’oeil » en émail en forme de montre. XIXème siècle, France.
Porte-monnaie « trompe l’oeil » en émail en forme de montre. XIXème siècle, France. DR
Porte-monnaie en perles « A te dono questo cor ». 1840, Italie.
Porte-monnaie en perles « A te dono questo cor ». 1840, Italie. DR

« Le noyau est constitué de 290 pièces de la collection privée d’Henri Joannis-Deberne, assorti de prêts du palais Galliera, du Petit Palais et du château de Malmaison. Nous présentons un modèle cousu par l’impératrice Joséphine, d’autres ayant appartenu au philosophe Auguste Comte ou à la comédienne Rachel, et l’escarcelle de Sarah Bernhardt, portée pour son rôle dans Gismonda (1894). Mais aussi des aumônières du Moyen Âge et de rares bourses à jetons Renaissance servant aux calculs des agents royaux. » Si Karl Lagerfeld assurait que « l’élégance n’est pas une question de porte-monnaie », nos élégantes aïeules l’auraient contredit en exhibant leur réticule à piécettes maillé d’or, enrichi de nacre ou d’écaille, de médaillons et de miniatures.

Porte-monnaie en porcelaine avec décor floral. Fin XIXe siècle, France.
Porte-monnaie en porcelaine avec décor floral. Fin XIXe siècle, France. DR
Porte-monnaie en nacre et miniature sur porcelaine. Second Empire, France.
Porte-monnaie en nacre et miniature sur porcelaine. Second Empire, France. DR

Au virage des années 1900, l’écrin prend la forme d’un coquillage évoquant les vacances. Apparaissent aussi le fermoir (à deux boules de métal, bien connu), les pliages en origami sans couture (Le Tanneur), les demi-lunes (Hermès) et le sac à main compact (Camille Fournet). La maroquinerie démocratise l’accessoire, qui devient populaire. Le voici masculin ou féminin, russe ou italien, minaudière de bal quand Van Cleef  &  Arpels s’en mêle. En collaboration avec Le Tanneur, la Monnaie de Paris propose en plus à ses visiteurs de fabriquer leur porte-monnaie.

Vue intérieure du porte-monnaie en émail en forme de montre. XIXe siècle, France.
Vue intérieure du porte-monnaie en émail en forme de montre. XIXe siècle, France. DR

> « Chic et utile, l’art du porte-monnaie ». À la Monnaie de Paris, à Paris (VIe), jusqu’au 3 novembre.

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