Rétrovision : Hans J. Wegner, l’artisan designer

L'oeuvre d'Hans J. Wegner (1914-2007) apparaît toujours aussi pertinente, au moment où magazines et bureaux de tendances ouvrent leurs bras comme jamais aux néo-artisans et autres « makers », des as du savoir-faire également préoccupés de style. Tombé dans le design par le biais de l'ébénisterie, Hans Wegner est incontestablement leur ancêtre.

Hans Wegner (1914-2007) a pu apprécier très jeune la maestria de son cordonnier de père. Lui a choisi très tôt de devenir un artisan ébéniste. Plusieurs fois primé, il a tiré du bois tout un registre de formes sans jamais cesser d’être moderne. Sa maîtrise technique n’a pas corseté le créateur en lui.

La chaise « Valet » (1951). Wegner peaufina d’abord une version à trois pieds, livrée entre autres au roi du Danemark Christian IX avec assise en teck et dossier en pin, démontrant ainsi qu’une merveille pouvait naître d’un bois modeste. Le souverain en commandera dix ! Réédition PP Møbler, à partir de 6 660 €.
La chaise « Valet » (1951). Wegner peaufina d’abord une version à trois pieds, livrée entre autres au roi du Danemark Christian IX avec assise en teck et dossier en pin, démontrant ainsi qu’une merveille pouvait naître d’un bois modeste. Le souverain en commandera dix ! Réédition PP Møbler, à partir de 6 660 €. DR

Ado, dans sa petite ville de Tonden, au sud du Danemark, Wegner voyait déjà son avenir dans l’ébénisterie et la menuiserie, ce qui l’a conduit à intègrer l’École des métiers d’art de Copenhague. À seulement 22 ans, il produit ses premiers meubles. Pendant la guerre, il meuble la mairie d’Aarhus sous la houlette de l’architecte-designer Arne Jacobsen.

La « Peacock Chair » (1947) a été pensée comme une mise à nu de la structure du traditionnel siège Windsor anglais. Admirable d’épure, cette assise constitue aujourd’hui le fleuron du catalogue de l’éditeur PP Møbler, la corne d’abondance du design de Wegner. Réédition PP Møbler, à partir de 5 840 €.
La « Peacock Chair » (1947) a été pensée comme une mise à nu de la structure du traditionnel siège Windsor anglais. Admirable d’épure, cette assise constitue aujourd’hui le fleuron du catalogue de l’éditeur PP Møbler, la corne d’abondance du design de Wegner. Réédition PP Møbler, à partir de 5 840 €. DR

À 34 ans, il est lancé. Son mobilier en bois massif se vend bien. Au fil des années, les récompenses de la guilde des ébénistes pleuvent. En 1943, sa China Chair fait sensation avec son dépouillement qui revisite la tradition. En 1947, sa chaise Peacock dont le dossier évoque une queue de paon le fait rayonner hors de son pays. « Il ne faut pas prendre les choses trop au sérieux. Il faut jouer un peu mais… sérieusement », disait-il à propos de son métier. En témoigne sa chaise 501 (1949) que les Américains rebaptiseront bientôt The Chair à cause de son aspect épuré et définitif.

« The Chair » (1952). C’est ainsi qu’on appelle désormais la « Round chair », devenue l’ambassadrice du design scandinave à travers le monde en 1960, quand Kennedy, assis dessus lors d’un débat télévisé, triomphe du candidat Nixon. C’était en effet la seule chaise sur laquelle il n’avait pas mal au dos. Réédition PP Møbler, à partir de 4 430 €.
« The Chair » (1952). C’est ainsi qu’on appelle désormais la « Round chair », devenue l’ambassadrice du design scandinave à travers le monde en 1960, quand Kennedy, assis dessus lors d’un débat télévisé, triomphe du candidat Nixon. C’était en effet la seule chaise sur laquelle il n’avait pas mal au dos. Réédition PP Møbler, à partir de 4 430 €. DR

Pourtant, Monsieur Wegner va bientôt se lâcher avec le fauteuil Flag Halyard (1951). Archiconfortable, c’est l’une des chaises longues les plus insolites de l’histoire du design, avec sa fourrure posée dessus : cultissime. Mais le confort est bien là, comme sur la chaise pivotante Swivle (1955), trop bien dessinée pour ne convenir qu’au bureau. Le talent de Wegner est à son paroxysme avec la chaise 58 (1987) qu’il considère comme la plus aboutie de ses assises.

Le fauteuil « Flag Halyard » (1951). PP Møbler édite depuis 2002 cette curiosité qui mêle la corde, l’acier et le lin de façon presque surnaturelle. Née sur la plage d’Aarhus et d’abord produite en édition limitée, elle est devenue une icône sans passer par la case « carton commercial ». Probablement le fauteuil le plus chic du monde. Réédition PP Møbler, à partir de 8 000 €.
Le fauteuil « Flag Halyard » (1951). PP Møbler édite depuis 2002 cette curiosité qui mêle la corde, l’acier et le lin de façon presque surnaturelle. Née sur la plage d’Aarhus et d’abord produite en édition limitée, elle est devenue une icône sans passer par la case « carton commercial ». Probablement le fauteuil le plus chic du monde. Réédition PP Møbler, à partir de 8 000 €. DR

En 1993, Marianne Wegner Sorensen, sa fille architecte reprend le studio et veille depuis au respect de ses créations. Leur point commun est d’avoir débarrassé les vieilles typologies de ce qu’elles avaient en trop pour concevoir des structures brutes mais toujours augmentées d’un style très personnel.

La chaise « Swivel » (1955). Cette chaise, que PP Møbler a rebaptisée « Boss », est née d’une critique de l’ergonomie du design danois. La réponse de Wegner ? Un dossier confortable mais en bois. Cette performance a un coût. Son créateur disait que la « Boss » était trop chère pour quelqu’un d’autre qu’un boss… Réédition PP Møbler, à partir de 9 560 €.
La chaise « Swivel » (1955). Cette chaise, que PP Møbler a rebaptisée « Boss », est née d’une critique de l’ergonomie du design danois. La réponse de Wegner ? Un dossier confortable mais en bois. Cette performance a un coût. Son créateur disait que la « Boss » était trop chère pour quelqu’un d’autre qu’un boss… Réédition PP Møbler, à partir de 9 560 €. DR
Le fauteuil « Ox »(1960). Wegner était l’un des rares designers-ébénistes. Mais il était aussi capable de s’inspirer de Picasso pour son fauteuil Ox (Boeuf). Cet ovni, aujourd’hui produit par l’éditeur Erik Jorgensen, était très complexe à fabriquer. Encore un fauteuil culte qui a marqué le design du XXe siècle… Réédition Jorgensen, à partir de 9 050 €.
Le fauteuil « Ox »(1960). Wegner était l’un des rares designers-ébénistes. Mais il était aussi capable de s’inspirer de Picasso pour son fauteuil Ox (Boeuf). Cet ovni, aujourd’hui produit par l’éditeur Erik Jorgensen, était très complexe à fabriquer. Encore un fauteuil culte qui a marqué le design du XXe siècle… Réédition Jorgensen, à partir de 9 050 €. DR

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