Paris : La Nuit Blanche s’annonce mouvementée !

Avec une large programmation rythmée de concerts, spectacles et installations, toutes les familles de la création veilleront jusqu’à l’aube, architecture et design compris !

Les 5 et 6 octobre, entre le coucher du soleil et les premiers rayons du jour, le cru 2019 de Nuit Blanche est placée sous le signe du mouvement. Parmi les temps forts de cette 18e édition, une parade reliera la place de la Concorde à celle de la Bastille, avec un défilé de chars conçus comme autant d’œuvres d’art. Animé par des danseurs, musiciens et perfomers, chacun d’entre-eux gagnera ensuite un point de la capitale pour le restant de la nuit. Au pied de la tour Eiffel, celui de Daniel Buren renouvellera par exemple notre perception de la Dame de Fer avec une plateforme pyramidale, composée de miroirs inclinés qui joueront avec des illusions d’optique.

Paris en fête

Affiche de « La Grande Traversée ».
Affiche de « La Grande Traversée ». DR

Avec « La Grande Traversée », les Parisiens sont également incités à parcourir la capitale en tout sens. Au départ de la place de la Concorde, deux courses de 10 kilomètres proposent un itinéraire sportif et culturel, ponctué de plusieurs escales au théâtre du Châtelet et de Chaillot, au sein du Louvre médiéval, du théâtre national de la Danse ou du Centre Pompidou. L’occasion de se cultiver et de reprendre son souffle, avant de se balader en vélo sur le Périph’ ou d’aller danser – en rollers ! – au Zénith. Confiée à Didier Fusillier, président du parc et de la Grande Halle de la Villette, cette nouvelle Nuit Blanche fait évidemment la part belle au parc de Bernard Tschumi et à ses folies architecturales, avec une déambulation parsemée de sept œuvres aux accents numériques.


Architectures vivantes

Sphères d’Hans Walter Müller, dont l’une est ici habitée par Elise Julliot, membre du collectif Les Mirettes.
Sphères d’Hans Walter Müller, dont l’une est ici habitée par Elise Julliot, membre du collectif Les Mirettes. DR

Dans le jardin du Palais Royal, c’est l’architecture qui tend à se mouvoir. Entre les allées et les galeries du XVIIe siècle, les performeuses du collectif Les Mirettes vont se déplacer au sein de bulles transparentes, légères et nomades, éclairées de l’intérieur et élaborées par Hans Walter Müller, pionnier de l’architecture gonflable. Autre figure de l’architecture mobile, Yona Friedman invite, lui, à s’approprier des structures en hula-hoops multicolores. Un jeu de construction géant, que chacun peut manipuler à la Porte de Pantin pour construire un Musée sans bâtiment. Collective et malléable, cette installation critique aussi le destin figé des monuments historiques.

« Saule et les Hoopies », un manège de Matali Crasset.
« Saule et les Hoopies », un manège de Matali Crasset. Philippe Piron

Collectif d’artistes et d’architectes, Dynamorphe investit le parc de la Cité internationale universitaire avec une autre architecture évolutive. Baptisée Echinoïde, sa structure dynamique se gonfle et se métamorphose en fonction du mouvement de ses occupants. Cette interactivité se décline d’ailleurs à deux pas, à travers le manège Saule et les hoopies de Matali Crasset. Destinés aux enfants de 5 à 10 ans, ainsi qu’à leurs parents, les carrousels de cette aire de spectacle prennent vie grâce à un système de pédalier activé par le public. De quoi prôner l’entraide et la sauvegarde de l’environnement sans en avoir l’air, et de la plus ludique des manières.


A l’échelle de l’objet

Fauteuil « Confidences » de Chloé Ruchon (2019).
Fauteuil « Confidences » de Chloé Ruchon (2019). Photo JB

Ceux qui auront encore des forces pourront aller se dépenser au Jardin d’Eole (XIXe). Hacker urbain, l’artiste Vlady y détourne des machines de fitness pour façonner sa vision de « l’appartement idéal ». A l’inverse, Chloé Ruchon, artiste, designer et graphiste, offre une halte bien méritée sur la Petite Ceinture, avec une barrière de sécurité transformée en fauteuil confident. Et du coté du Canal de l’Ourcq, le studio Parici recycle des fûts de bière pour composer une scénographie lumineuse, animée par des faisceaux qui réagissent au passage des promeneurs.


Aussi dans notre carnet d’adresses

Après l’exposition « Décadence », l’architecte Franklin Azzi ouvre à nouveau les espaces de son agence pour accueillir les œuvres de Thomas Mailaender. Artiste et collectionneur d’images, il transpose ici ses clichés préférés à l’échelle de l’architecture, à travers « deux installations monumentales qui questionnent les limites de la photographie ». Enfin, dans un tout autre style, les journées portes ouvertes se réinventent en version nocturne à l’école Boulle. Futurs artisans et designers, ses étudiants invitent le public à arpenter des lieux insolites, habituellement fermés au public. Le tout à travers une « visite intime et narrative », qui jouera sur l’atmosphère de la pénombre. Car, comme disait Gainsbourg, on a toujours « les idées plus claires dans le noir. »

>Nuit Blanche, du 5 au 6 octobre. quefaire.paris.fr/nuitblanche

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