Paris : Hôtel Sinner, un hôtel sulfureux ouvre en plein Marais

Paradis hôtelier ou purgatoire festif, la nouvelle épître du groupe Evok s’impose en religion de tous les plaisirs, en exercice spirituel et voluptueux. On ne se fait pas prier pour dévoiler ses secrets d’alcôve. Sévices compris…

Coursives longées de vitraux évocateurs, lourdes portes à heurtoirs trempées dans le rouge cardinal, effluves d’encens et de benjoin, le tout à la lueur d’un authentique chandelier pour guider vos pas. Non, vous n’êtes pas exactement dans l’antre moderne du Divin Marquis, même cela y ressemble beaucoup, mais au Sinner. Hommage appuyé à l’héroïne des Malheurs de la vertu, la suite Justine – la seule de l’hôtel – est la porte ouverte à tous les libertinages. Au seuil du salon librement langé dans les années 70 – le catéchisme stylistique de l’architecte Tristan Auer est à saluer –, piles d’ouvrages érotiques à même le sol, écran du vidéo-projecteur encore vierge, vinyles et platine à dispo, carafes d’alcools fins… L’espace saturé de références incite à la désobéissance et s’annonce comme l’antichambre diablement lubrique de toutes les tentations.

Le bar du Sinner, ses imposants volumes et son atmosphère très cosy.
Le bar du Sinner, ses imposants volumes et son atmosphère très cosy. Nicolas Receveur

D’ailleurs, selon Dante, « on ne peut absoudre celui qui ne se repent pas ». La chambre justement (lit rond et grandes orgues, bénitier et porte dérobée, chandelles et prie-Dieu) est cette boîte noire à fantasmes qui tient ses promesses. Un mini-concept-store se prend au jeu et propose 70 produits parmi lesquels poppers, menottes, philtres aphrodisiaques… Votre partenaire mérite-t-il un blâme ? Plantez-le carrément et dirigez-vous vers le spa. Au passage, admirez les 400 œuvres finement choisies qu’Amélie du Chalard a dispersées dans l’hôtel.

Après un repas métissé au restaurant, se perdre dans des corridors aussi sadiens que lynchiens peut être au menu.
Après un repas métissé au restaurant, se perdre dans des corridors aussi sadiens que lynchiens peut être au menu. Guillaume De Laubier
Les couloirs du Sinner serpentent dans une atmosphère mi sacrée mi feutrée.
Les couloirs du Sinner serpentent dans une atmosphère mi sacrée mi feutrée. Guillaume De Laubier

Plus encore que le tumulte du bain à remous dans la pénombre des cierges, les soins naturels Orveda couplés aux mains expertes de l’athlétique Jimmy Jarnet calmeront vos ardeurs. Attablez-vous ensuite avec toute la gourmandise requise pour un festin œcuménique, à mi-chemin entre l’Amérique du Sud et l’Afrique du Nord. Sur le chemin du retour, jetez un œil à la loge des prélats qui domine le réfectoire. Un conclave s’y prépare peut-être… Il est maintenant temps de regagner votre alcôve et son pénitent. Rassurez-le, pas plus que le péché charnel, le châtiment n’est mortel.

> Sinner. 116, rue du Temple, 75003 Paris. Tél. : 01 42 72 20 00. Sinnerparis.com

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