Nouveauté : Barber & Osgerby veulent faire disparaître le bureau

Avec « Soft Work », Barber & Osgerby ne prônent pas la disparition de l’espace de travail, mais celle de la table. Explications in situ, chez Vitra à Paris, où le duo britannique présentait son nouveau système d’assises modulaires qui a vocation à remplacer le bureau.

«Le bureau est mort. » Comment ne pas susciter la curiosité avec une telle déclaration ? Surtout lorsque celle-ci sert le lancement d’un nouveau système de sièges modulable, signé Barber & Osgerby pour Vitra. Baptisé « Soft Work », il se destine aux espaces de travail, mais pas seulement. Il vise aussi les cafés, les restaurants, les aéroports, les lobbys, bref, tous les endroits qui accueillent aujourd’hui les travailleurs nomades. Pourquoi le duo lance-t-il une telle invective ? Parce qu’en fin observateur des évolutions des modes de vie, il a noté la transformation des habitudes, des gestes et des postures.

Au bureau, plus de bureau ? « Soft Work » n’est pas un canapé de plus, mais le résultat d’une longue réflexion sur les nouveaux usages en cours dans les organisations, mais aussi en-dehors. C’est un système modulable particulièrement adapté pour l’actif nomade.
Au bureau, plus de bureau ? « Soft Work » n’est pas un canapé de plus, mais le résultat d’une longue réflexion sur les nouveaux usages en cours dans les organisations, mais aussi en-dehors. C’est un système modulable particulièrement adapté pour l’actif nomade. Lorenz Cugini

Donner du sens au bureau

« Un bureau n’est plus seulement un espace pour travailler, constatent les designers. Depuis leur apparition, les smartphones et les outils de mobilité nous ont offert la possibilité de nous installer partout. D’ailleurs, le nombre de free-lances ne fait qu’augmenter depuis une dizaine d’années. Pour toutes ces raisons, le bureau en lui-même fait de moins en moins sens. »

Jay Osgerby (à gauche) et Edward Barber, les créateurs, pour Vitra, de ce nouveau concept.
Jay Osgerby (à gauche) et Edward Barber, les créateurs, pour Vitra, de ce nouveau concept. DR

L’idée de « Soft Work » est née du projet d’aménagement de l’Ace Hotel London Shoreditch, dans l’est de la capitale anglaise, et du constat de l’utilisation du lobby comme espace d’activité pour de nombreuses personnes, pas forcément résidentes de l’hôtel. « Soft Work » n’est pas un canapé de bureau. C’est un ensemble de solutions qui permet de créer un environnement de travail adapté à l’utilisateur.

Au lieu de créer un environnement de travail centré sur des bureaux avec des canapés périphériques, Soft Work forme un système dans lequel les postes de travail sont concentrés autour d’un paysage d’assise.
Au lieu de créer un environnement de travail centré sur des bureaux avec des canapés périphériques, Soft Work forme un système dans lequel les postes de travail sont concentrés autour d’un paysage d’assise. DR

Divers modules se combinent autour de cette « plateforme architecturale » : des assises – confortables avec ou sans dossier et accoudoirs –, dont la configuration se transforme au gré des besoins, des panneaux pour s’isoler, des plateaux et des tables. Sans oublier, bien sûr, des prises de courant et USB, qui ont été placées entre les coussins et sont facilement escamotables… Tous ces éléments peuvent être ajoutés à loisir, sans compter, bientôt, plusieurs options d’éclairage. « Ce système est comme un Lego pour le bureau, indique Jay Osgerby. Il accompagne les nouveaux usages. Dans son quotidien, le personnel d’une entreprise est de moins en moins ancré dans un territoire. L’archétype du poste de travail est donc en train de disparaître. » Vous voilà prévenus…

 

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