Déco et photo (3/12) : Le goût de la découverte avec Sandra Benhamou

C’est à une exposition de Nan Goldin, au Whitney Museum à New York, en 1996, que Sandra Benhamou doit son engouement pour la photo américaine des années 80, qui l’inspire depuis cette époque.

IDEAT : Qu’apporte la photo dans un intérieur, par rapport à d’autres modes d’expression ?
Sandra Benhamou : Je mets la photo au même niveau que toutes les autres formes d’art. Elle est en outre plus simple à accrocher et plus accessible financièrement. J’aime, par exemple, le dialogue qui se crée entre photo, peinture et art africain, par exemple.

Sandra Benhamou, qui vient de livrer un appartement haussmannien avec jardin à Paris, travaille actuellement à l’aménagement d’une maison au cap Bénat, dans le sud de la France, et à celui du flagship-store d’une marque de mode.
Sandra Benhamou, qui vient de livrer un appartement haussmannien avec jardin à Paris, travaille actuellement à l’aménagement d’une maison au cap Bénat, dans le sud de la France, et à celui du flagship-store d’une marque de mode.  Noel Manalili

Quel style de photos vous demandent vos clients lorsque vous en sélectionnez ?
Souvent, ils sont déjà collectionneurs. J’essaie de les pousser plus loin afin de les sensibiliser au travail d’artistes qu’ils ne connaissent pas forcément.

Faites-vous appel à des sociétés spécialisées dans le placement d’œuvres d’art ?
Jamais, car j’ai bien trop plaisir à chiner moi-même !

Achetez-vous des tirages pour vous et, si oui, que recherchez-vous ?
Avant tout une émotion, l’originalité d’une production face à son époque, et une diffusion limitée, toujours plus intéressante en matière d’investissement.

Dans l’appartement de l’architecte, à gauche, fauteuil du Brésilien Sergio Rodrigues. Au-dessus de la console signée Gio Ponti, une photo de la série « Untitled Film Stills », de Cindy Sherman. Dans cette série de 69 photos en noir et blanc, qui reprend l’esthétique des films de série B, l’artiste se met en scène tout en s’inspirant des photographies d’actrices de cinéma des années 50 et 60.
Dans l’appartement de l’architecte, à gauche, fauteuil du Brésilien Sergio Rodrigues. Au-dessus de la console signée Gio Ponti, une photo de la série « Untitled Film Stills », de Cindy Sherman. Dans cette série de 69 photos en noir et blanc, qui reprend l’esthétique des films de série B, l’artiste se met en scène tout en s’inspirant des photographies d’actrices de cinéma des années 50 et 60. DR

La plus belle photo selon vous ?
Je suis très touchée par les épreuves de Diane Arbus ou de Man Ray, car ils ont été les premiers à utiliser ce mode d’expression comme art et non comme simple reflet de la vie réelle.

Un ou une photographe que vous aimez ?
J’ai une affection toute particulière pour les photographes américains des années 80 : Cindy Sherman, Louise Lawler, Barbara Kruger, Richard Prince… ils font partie de mon univers depuis vingt ans.

Dans cette chambre, photo des Rita Mitsouko par Youri Lenquette (Addict Galerie), appliques de Cini Boeri. Tête de lit sur mesure.
Dans cette chambre, photo des Rita Mitsouko par Youri Lenquette (Addict Galerie), appliques de Cini Boeri. Tête de lit sur mesure. Germain Suignard

Noir et blanc ou couleur ?
Les deux ne traduisent pas la même émotion. Le noir et blanc est très esthétique (surtout en tirage argentique), alors que la couleur reflète une instantanéité, une réalité.

Et si vous échangiez votre blouse d’architecte contre celle de photographe ?
Je serais dans un registre surréaliste et minimaliste. J’apprendrais à travailler la lumière et la couleur avec des appareils classiques plutôt que numériques.

Fréquentez-vous les salons et les foires consacrés à la photo ?
Oui, chaque année, Paris Photo, la FIAC et la Biennale de Venise, tellement riche. Sans oublier évidemment les Rencontres d’Arles, un creuset de découvertes !

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