12 décorateurs face à la photo : Charles Zana, des mondes à découvrir

C’est grâce à son père que Charles Zana s’est passionné pour la photo. Depuis, l’architecte l’associe à ses nombreux et prestigieux chantiers.

Qu’apporte la photo, par rapport à d’autres modes d’expression artistique ?
De la diversité, de la modernité, du métissage culturel et visuel. J’aime les associations à l’intérieur desquelles se répondent photos, dessins et tableaux.

Quel style de photos demandent vos clients, lorsque vous en sélectionnez ?
Ils sont souvent amateurs d’art et collectionnent tous les styles de photos, de Man Ray à Cindy Sherman.

A Grange-Canal, en Suisse, un appartement réaménagé par Charles Zana. Au mur, Je suis innocent, cliché saisissant du photographe Adel Abdessemed.
A Grange-Canal, en Suisse, un appartement réaménagé par Charles Zana. Au mur, Je suis innocent, cliché saisissant du photographe Adel Abdessemed. DR

Faites-vous appel à des sociétés spécialisées dans le placement d’œuvres ?
Nous travaillons avec des art advisors, comme Patricia Marshall (aux côtés de Bernard Arnault pendant cinq ans, NDLR). Et pour l’accrochage, nous sollicitons des « gants blancs » comme ceux de l’agence Procédés Chénel International.

La plus belle photo, selon vous ?
C’est une image qui raconte une histoire, qui remplace mille mots, qui fait découvrir des mondes. Et dont la construction, les couleurs, les contrastes nous captivent immédiatement. Une bonne photo, c’est une œuvre dont le propos, qu’il soit phénomène de société, scène du quotidien ou composition totalement inventée, enferme une certaine profondeur. Une création que l’on pourrait contempler et analyser durant des heures.

Dans l’appartement de ce collectionneur averti, grand amateur d’Ettore Sottsass – il possède d’ailleurs plusieurs céramiques du designer italien –, un tirage de 2011 de Hans-Peter Feldmann Handprint of Marcel Duchamp from Charlotte Wolff (1930s). Cette année, l’architecte a livré le salon de coiffure David Mallett, à New York, l’hôtel Lou Pinet (Maisons Pariente), à Saint-Tropez. En ce moment, il travaille pour l’hôtel Kimpton Daunou Capucine, à Paris. Il est également commissaire de l’exposition « Utopia », qui se tient, jusqu’au 21 décembre, à la galerie Tornabuoni Art, à Paris (IIIe).
Dans l’appartement de ce collectionneur averti, grand amateur d’Ettore Sottsass – il possède d’ailleurs plusieurs céramiques du designer italien –, un tirage de 2011 de Hans-Peter Feldmann Handprint of Marcel Duchamp from Charlotte Wolff (1930s). Cette année, l’architecte a livré le salon de coiffure David Mallett, à New York, l’hôtel Lou Pinet (Maisons Pariente), à Saint-Tropez. En ce moment, il travaille pour l’hôtel Kimpton Daunou Capucine, à Paris. Il est également commissaire de l’exposition « Utopia », qui se tient, jusqu’au 21 décembre, à la galerie Tornabuoni Art, à Paris (IIIe). Nicolas Krief

Un ou une photographe que vous aimez ?
J’apprécie particulièrement les productions du début du XXe siècle. Notamment le travail de Tina Modotti, son parcours, son indépendance, son engagement, la fulgurance de sa carrière, son côté révolutionnaire. Les clichés qu’elle a façonnés peuvent sembler académiques mais, pour moi, ils sont iconiques.

Plutôt noir et blanc ou couleur ?
Cela dépend du sujet, du format, de la signature. J’aime les noir et blanc de Mapplethorpe et d’Hiroshi Sugimoto, la couleur de William Eggleston ou de Louise Lawler.

Et si vous échangiez votre blouse d’architecte contre celle de photographe ?
…Je m’intéresserais à l’architecture, bien sûr !

Fréquentez-vous les salons et les foires consacrés à la photo ?
Je me rends tous les ans à Paris Photo, l’une des meilleures expositions au monde. J’apprécie également beaucoup les Rencontres d’Arles, qui révèlent tant de nouveaux talents.

Toujours chez Charles Zana, à Paris, au-dessus de la console, Socles à réflexion, une œuvre du plasticien Philippe Ramette.
Toujours chez Charles Zana, à Paris, au-dessus de la console, Socles à réflexion, une œuvre du plasticien Philippe Ramette. © nicolas krief

 

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