Charles Pétillon & les frères Bouroullec : Quand la photo rencontre le design

Charles Pétillon a exercé le métier de photographe pour le luxe avant d’entamer une carrière artistique dans laquelle il saisit des paysages et des ambiances relevées de ses fameux ballons blancs. Pour IDEAT, il s’est confié sur sa passion pour le design et sa collaboration avec Ewan et Ronan Bouroullec…

Quel rapport entretenez-vous avec l’objet manufacturé ?
Charles Pétillon : C’est de l’ordre de la fascination. J’ai longtemps réalisé des natures mortes et j’admirais le talent et la capacité de l’homme à développer des objets incroyablement sophistiqués, comme les montres. Quand je vois la quantité de travail et de savoir-faire derrière, je suis bluffé. Pour m’entourer, je choisis toujours des modèles de qualité, bien conçus, bien étudiés, ergonomiques.

« Point de vue », Charles Pétillon.
« Point de vue », Charles Pétillon. Charles Pétillon

À quand remonte votre intérêt pour le design ?
J’ai grandi à la campagne à une époque où Internet n’existait pas. J’ai découvert le design grâce à IKEA. Leurs produits fonctionnels et modernes ont eu le mérite de sensibiliser les néophytes à l’esthétique. J’ai ensuite acheté un livre sur Philippe Starck, car j’adorais son presse-agrume Juicy Salif qui était, au moment de sa sortie, complètement révolutionnaire. Je trouve formidable qu’un objet domestique puisse donner du plaisir jour après jour. Après, j’ai découvert le travail de Ronan et Erwan Bouroullec

« Fragilité », Charles Pétillon.
« Fragilité », Charles Pétillon. Charles Pétillon

Avec lesquels vous collaborez désormais.
Au départ je n’aurais jamais pensé travailler dans ce secteur, mon intérêt pour le design étant strictement personnel. Puis j’ai fait la connaissance de Ronan par un ami commun qui est leur photographe attitré. Désormais, je m’occupe des tirages de leurs dessins qui sont vendus en galerie, de la reproduction à l’impression et à la découpe au massicot. J’aime tellement leur univers que j’apporte aux travaux que je réalise pour eux le même soin que si c’était les miens. J’ai également gardé le contact avec les anciens assistants de leur studio, de Felipe Ribon à Ionna Vautrin et Claire Lavabre. J’ai toujours beaucoup d’admiration pour eux, car je sais à quel point leur métier est difficile.

En avril 2019, Ronan et Erwan Bouroullec ont exposé une suite de compositions à la galerie Kreo, à Paris. Emploi généreux de la couleur et maîtrise de l’espace participent au mode d’élaboration de ces créations.
En avril 2019, Ronan et Erwan Bouroullec ont exposé une suite de compositions à la galerie Kreo, à Paris. Emploi généreux de la couleur et maîtrise de l’espace participent au mode d’élaboration de ces créations. Ronan Bouroullec

À quoi ressemble votre intérieur ?
C’est un véritable mausolée Bouroullec ! J’ai d’abord acheté leurs Algues puis des tables basses, un fauteuil… Vous y trouverez aussi la Table à roues de Gae Aulenti, des fauteuils de Mies van der Rohe, des lampes Binic de Ionna Vautrin, des rangements USM… Sans parler de l’éclairage qui me passionne, en tant que photographe. J’ai plein de lampes ! Les gens ne réalisent pas à quel point c’est important pour la qualité de vie. La lumière habille une pièce autant qu’un meuble. Surtout quand l’hiver est long !

« PlayStation 1 », Charles Pétillon.
« PlayStation 1 », Charles Pétillon. Charles Pétillon

Est-ce que le design a influencé votre pratique photographique ?
Ma démarche est inspirée par le design et par l’architecture, même si on ne le perçoit peut-être pas de manière directe dans mes photos ; c’est quelque chose de sous-jacent. L’objet et sa fonction sont des prismes par lesquels j’essaie d’aborder mon travail.

> charlespetillon.com

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