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Expo : Alessandro Mendini aux Pays-Bas comme chez lui

Cette exposition entraîne le visiteur dans le monde de rêve bien réel de l’architecte et designer italien Alessandro Mendini (1931-2019). Tout est tel qu’il le souhaitait, dans l’un de ses plus fameux projets d’architecture, le musée de Groningue, au nord-est des Pays-Bas.

Celles et ceux qui ont visité le musée de Groningue reconnaissent combien la surprise de sa découverte est restée vive dans leur mémoire. D’une fantaisie inédite, protéiforme à l’intérieur comme à l’extérieur, il a été conçu par les frères Mendini, Francesco et Alessandro, disparu le 18 février dernier. Tout cela flotte dans les salles de l’exposition « Mondo Mendini », pensée il y a deux ans. Y entrer, c’est parcourir un univers onirique, tant y domine la place faite à l’imagination et aux rêves – ceux d’Alessandro Mendini et de ses invités, de Gaetano Pesce à feu Oskar Schlemmer.

Fantaisiste et onirique, le musée d’Art de Groningue a été conçu par Alessandro Mendini, qui confia la réalisation de certains bâtiments à différents architectes renommés : Philippe Starck, le cabinet autrichien Coop Himmelb(l)au et Michele De Lucchi.
Fantaisiste et onirique, le musée d’Art de Groningue a été conçu par Alessandro Mendini, qui confia la réalisation de certains bâtiments à différents architectes renommés : Philippe Starck, le cabinet autrichien Coop Himmelb(l)au et Michele De Lucchi. Erik en Petra Hesmerg
Sofa « Kandissi » d’Alessandro Mendini (Alchimia, 1980).
Sofa « Kandissi » d’Alessandro Mendini (Alchimia, 1980). Collection groninger-museum-photo-heinz-aebi

Au musée, où sont intervenus Coop Himmelb(l)au, Michele De Lucchi et Philippe Starck, c’est comme si les contraintes techniques avaient fondu devant l’harmonie du résultat. Comme souvent avec l’Italien, la qualité du travail n’a pas pour but de séduire le plus grand nombre. La production de cet homme ultra-sensible, artistiquement intègre, semble d’abord matérialiser la poésie de ses dessins. À la fois architecte mais aussi designer à la démarche pleine d’humour, cet intellectuel a passé plusieurs années dans sa tour d’ivoire à théoriser sur le design, l’architecture et le monde autour de lui.

Du Groninger Museum au fauteuil « Proust », le pointillisme se décline à différentes échelles avec Alessandro Mendini.
Du Groninger Museum au fauteuil « Proust », le pointillisme se décline à différentes échelles avec Alessandro Mendini. Peter Tahl / Collection Groninger Museum

Alessandro Mendini est devenu ensuite directeur de revues de design inspirées. Qu’il s’agisse du mythique Domus (de 1980 à 1985 et de 2010 à 2011), mais aussi Casabella (1970-1976), puis Modo (1977-1981). Tout cela, mis en exposition, promet un feu d’artifice de dessins, de maquettes en couleur, de reconstitutions d’espaces et de mobilier. Pour preuve, Schermo, un cabinet en bois de 2014 pour l’éditeur Porro, avec ses portes à la marqueterie géométrique. Son siège Proust (Cappellini), en tissu pointilliste, est, quant à lui, assorti aux mosaïques multicolores qu’on retrouve dans l’un des escaliers du musée. De fait, les visiteurs découvrent Alessandro Mendini dans un lieu qui présente tous les aspects de sa vision hors codes. Avec, en point d’orgue, une tour dorée… signée Mendini !

> « Mondo Mendini ». Au musée d’Art de Groningue, aux Pays-Bas, jusqu’au 5 mai 2020. Groningermuseum.nl

C’est le versant designer d’Alessandro Mendini qui est mis à l’honneur au musée de Groningue, avec, entre autres, « La colonne de Cartier », qui se veut « un symbole utopique de la pureté idéale », selon l’artiste
C’est le versant designer d’Alessandro Mendini qui est mis à l’honneur au musée de Groningue, avec, entre autres, « La colonne de Cartier », qui se veut « un symbole utopique de la pureté idéale », selon l’artiste Groninger Museum photo Heinz Aebi
Cabinet « Schermo » (2014, Porro).
Cabinet « Schermo » (2014, Porro). DR

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