Nouveautés : Trois icônes du design ressortent en édition spéciale

Intemporelles mais pas fossilisées, ces trois grâces du design ont été rééditées avec des changements pesés au trébuchet, dans le respect de la maîtrise technique et du design originel. Sobres oui, ennuyeuses, jamais !

1/ Le fauteuil Wassily de Marcel Breuer (1925)

Après avoir célébré le centenaire de la fondation du Bauhaus, l’américain Knoll a édité 500 exemplaires certifiés et numérotés du fauteuil Wassily de Marcel Breuer (1902-1981). Lequel réduisit à l’essentiel le concept de fauteuil club, en une symphonie de sections d’acier tubulaire entrecoupées de lames de cuir ou de textile. A ses débuts, le Wassily a trôné dans le salon de la famille Kandinsky au Bauhaus. Sur les photos d’époque, le fauteuil, ultramoderne, se marie sans effort au goût pour les tissus brodés que le maître de maison partageait avec son épouse Nina. Sa silhouette rectiligne faisait écho à la géométrie des pièces de la maison. Devenu une des icônes des architectes, ce siège est le fruit d’expériences menées par les designers Mart Stam et Marcel Breuer à partir du métal tubulaire des bicyclettes. Destiné à durer, le modèle en édition limitée ressort en finition noire, inoxydable…

Fauteuil Wassily de Marcel Breuer, réédité par Knoll.
Fauteuil Wassily de Marcel Breuer, réédité par Knoll. DR

2/ Le fauteuil Sofa with Arms de Shiro Kuramata (1982)

Le designer japonais Shiro Kuramata (1934-1991) a davantage offert l’image d’un artiste à l’ironie légère que celle d’un fervent minimaliste. À son éditeur, il écrivait : « Cher monsieur Cappellini, je suis heureux aujourd’hui parce que les amandiers sont en fleurs. » Sa créativité n’a rien laissé peser sur son fauteuil avec bras élaboré en 1982. L’ensemble mêle habilement le rectiligne et l’arrondi, le vide et le plein, rendant aussi hommage au mouvement moderniste. Dans cette réédition spéciale, sa structure tubulaire métallique est désormais peinte en noir. Avec ses coussins en mousse de polyuréthane tendu de cuir ou de tissu de couleurs, ce singulier discret ne manque pas de présence. Il est même à l’opposé du mobilier en acrylique transparent, semé de roses ou de plumes, que Shiro Kuramata va développer jusqu’aux débuts des années 90.

Fauteuil Sofa with Arms, une des icônes de Shiro Kuramata rééditées par Cappellini.
Fauteuil Sofa with Arms, une des icônes de Shiro Kuramata rééditées par Cappellini. DR

3/ La chaise ARV de David Thulstrup (2018)

Dessinée par David Thulstrup pour le nouveau restaurant Noma, à Copenhague, la chaise ARV (« héritage » en danois) incarne bien l’excellence de Brdr. Krüger, qui l’a produite. Jonas et Julie Krüger, la cinquième génération aujourd’hui aux manettes, l’architecte français Alexandre Aréthuse, au développement, et l’équipe d’artisans ébénistes : tout le monde travaille (dans le parfum du bois) sans conflits, dans une longue chaîne de fabrication. Aussitôt sortie, aussitôt primée, la chaise ARV vient de sortir dans une version tapissée. En chêne huilé et en corde de papier tissé par des disciples du grand Hans J. Wegner, elle n’est que confort, mais aussi sensualité, célébrée par l’infinie douceur du bois. Le modèle ARV illustre parfaitement le slogan de Brdr. Krüger « A New Turn on Tradition », qui parle de donner un nouveau tour à la tradition.

La chaise ARV de David Thulstrup, une des futures icônes des années 2010 ?
La chaise ARV de David Thulstrup, une des futures icônes des années 2010 ? DR

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