Quand Faye Toogood griffonne des tapis

Doodling. Ce mot anglais évoque l’habitude de gribouiller sur une feuille durant une conversation téléphonique ou une réunion. Une forme de dessin automatique à l’esthétique singulière, qui inspire de plus en plus de créateurs. Faye Toogood l’a utilisé de façon littérale dans sa dernière collection pour l’éditeur franco-milanais CC-tapis.

Artiste, créatrice de mode, designer… Faye Toogood cultive un caractère insaisissable. Particulièrement ces deux dernières années où, après avoir donné naissance à son premier enfant, elle a décidé de lever le pied et de réduire ses activités professionnelles. Durant cette période de réflexion, elle a cherché à mettre au point un nouveau vocabulaire créatif. Avant de se lancer dans un projet concret, elle a préféré prendre le temps de se pencher sur les formes et les couleurs dont elle voulait nourrir la suite de sa production. À force d’expérimenter dans son atelier, elle a donné naissance à de petits tableaux-maquettes sur lesquels elle a assemblé différents matériaux autour de dessins naïfs.

C’est alors que Fabrizio Cantoni et Nelcya Chamszadeh, les deux fondateurs de CC-tapis, l’ont sollicitée pour mettre au point une nouvelle collection, décidant de lui rendre visite dans son studio londonien. Découvrant ces petits tableaux candides, ces toiles peintes et cousues, ils lui ont demandé si elle accepterait de les retranscrire sur des tapis. Mais attention ! pas une reproduction à l’identique ! « Nous tenions avant tout à capturer la matérialité et la richesse de chacune de ces œuvres, leur expression à travers l’usage de couleurs nuancées », disent-ils.

Les tapis « Doodles » de la Britannique Faye Toogood, tels que présentés au showroom de la marque CC-tapis, à Milan, ici accompagnés entre autres des fauteuils Roly Poly (Driade) de la designer. Six modèles au langage abstrait qui se jouent des frontières entre art et design.
Les tapis « Doodles » de la Britannique Faye Toogood, tels que présentés au showroom de la marque CC-tapis, à Milan, ici accompagnés entre autres des fauteuils Roly Poly (Driade) de la designer. Six modèles au langage abstrait qui se jouent des frontières entre art et design. omar sartor

 

Retour en enfance

Faye Toogood a alors créé six dessins en 2D destinés à être transformés en autant de tapis. Un long travail d’adaptation a été nécessaire pour reproduire toute la subtilité des compositions originales. Chaque pièce comporte donc six profondeurs différentes et 70 teintes ont été spécialement développées. Pour Faye Toogood, cette collection marque un retour à la créativité originelle de l’enfance, celle qui ne s’embarrasse ni de codes ni de références. Un but qu’elle dit désormais vouloir poursuivre dans ses prochains travaux.

Tapis-tableau « Doodles ».
Tapis-tableau « Doodles ». DR
Faye Toogood devant un des tapis de sa collection « Doodles ».
Faye Toogood devant un des tapis de sa collection « Doodles ». omar sartor

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