Enfants Riches Déprimés : un bunker luxueux s'installe en plein Marais

L’artiste et architecte Didier Faustino vient de livrer, à Paris, la première boutique de la griffe de mode unisexe s’adressant aux jeunes fortunés cafardeux. Un cadre pensé… pour disparaître derrière les collections !

Ce pourrait être le titre d’un roman de Bret Easton Ellis, mais c’est le nom d’une marque de vêtements « made in L.A ». Pour l’heure encore confidentielle en France, la griffe de mode Enfants Riches Déprimés a été fondée par un jeune créateur, à la fois artiste et styliste, qui a fait de la customisation sa signature. Chaque pièce, littéralement graffée à la main, est quasi unique et s’arrache à prix d’or (comptez 400 euros pour un simple tee-shirt…), comme s’il s’agissait d’une œuvre d’art portable. Pour sa première boutique en nom propre, le « stylartiste » Henry Levy a choisi Paris, sa ville d’adoption, et un architecte basé dans la capitale qui a, lui aussi, un goût pour le mélange des genres et l’avant-garde.

Délibérément froide, la proposition de Didier Faustino mêle le marbre veiné, l’acier inoxydable, la suédine anthracite et une moquette vert olive pour définir un lieu aux allures de coffre-fort, où le vide est roi.
Délibérément froide, la proposition de Didier Faustino mêle le marbre veiné, l’acier inoxydable, la suédine anthracite et une moquette vert olive pour définir un lieu aux allures de coffre-fort, où le vide est roi. David Boureau

Didier Faustino signe ainsi cette enseigne sur deux niveaux située au cœur du Marais. Bien que, dans l’univers de Levy, la frontière entre l’art et la mode soit mince, son premier point de vente physique s’apparente davantage à un luxueux bunker qu’à une galerie. L’espace est ainsi habillé d’un assemblage de panneaux de marbre veiné gris-vert et blanc et de plaques d’acier inoxydable. La composition recouvre sol, murs et plafond, à la manière d’une marqueterie parfaitement équilibrée.

Dans la boutique Enfants Riches Déprimés, Didier Faustino a joué de la juxtaposition de matériaux contemporains pour créer un « écrin radical »…
Dans la boutique Enfants Riches Déprimés, Didier Faustino a joué de la juxtaposition de matériaux contemporains pour créer un « écrin radical »… David Boureau

Contemplation

« J’ai pensé ce lieu comme un écrin radical, très chirurgical, qui vise à ne pas produire d’affect, en opposition finalement aux vêtements présentés, qui en sont chargés », souligne l’artiste et architecte. Au niveau inférieur, le sol a été recouvert d’une moquette vert olive. La lumière, jaillissant d’une trémie à l’aplomb de la vitrine, renvoie les effets mordorés de la teinte sur les parois en Inox. Ce qui, depuis l’extérieur, attire inévitablement le regard. Assurément, cette boîte à bijoux appelle à la contemplation, et sans doute pas ­seulement à celle des articles qui y sont présentés.

Au rez-de-chaussée, Inox et marbre règnent en maîtres.
Au rez-de-chaussée, Inox et marbre règnent en maîtres. David Boureau

> Enfants Riches Déprimés. 79, rue Charlot, 75003 Paris.

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