Portrait : Frank Lloyd Wright (1867-1959), le père de l’architecture moderne

Au moment où la société industrielle prenait son essor, Frank Lloyd Wright (1867-1959) a su réinventer le lien entre nature et architecture. Portrait d’un des pères fondateurs du modernisme qui, en soixante-dix ans de création, a révolutionné l'art de bâtir autant que la façon de penser nos intérieurs.

La Maison sur la cascade, naissance de l’architecture organique

Fort de ce nouveau manifeste, Wright affine son style en intégrant des éléments naturels à la construction. A ce titre, la Maison sur la cascade (Fallingwater, 1935) est souvent considérée comme son chef-d’œuvre. Construite en Pennsylvanie pour le magnat Edgar J. Kaufmann, elle incarne à merveille l’architecture organique où homme et nature vivent en harmonie. Edifiée sur un rocher, la maison déploie de spectaculaires terrasses en surplomb d’une chute d’eau. Wright privilégie l’utilisation de matières locales et se plaît à jouer avec les couleurs et textures de l’environnement.

La Maison sur la cascade, une demeure unique au monde, généralement perçue comme l’une des plus importantes réalisations du XXIe siècle.
La Maison sur la cascade, une demeure unique au monde, généralement perçue comme l’une des plus importantes réalisations du XXIe siècle. DR

De 1943 à 1959, Frank Lloyd Wright se consacre à un projet monumental : le Guggenheim Museum à New York. Posée sur la 5e avenue en bordure de Central Park, son intérieur est pensé comme un coquillage couleur crème. On grimpe au dernier étage par un ascenseur et on admire les œuvres en descendant son immense rampe en spirale. Avec cette icône de l’architecture moderne inaugurée quelques mois avant sa mort, l’architecte bouleverse l’organisation muséale traditionnelle. Exit les habituelles successions de galeries, en cheminant autour d’un gigantesque atrium, le parcours offre ici une fluidité inédite.

Il a beau être sexagénaire, le musée Guggenheim de New York reste, encore aujourd’hui, un bâtiment phare de la métropole américaine.
Il a beau être sexagénaire, le musée Guggenheim de New York reste, encore aujourd’hui, un bâtiment phare de la métropole américaine. DR

L’autre projet qui l’occupe à la fin de sa vie, c’est Taliesin West, sa résidence d’hiver à la fois école, laboratoire et centre d’architecture ouvert à Scottsdale (Arizona). Constamment remanié et agrandi entre 1937 et 1959, le vaste complexe, notamment équipé d’un théâtre et d’un pavillon de musique, est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Si le lieu accueille encore aujourd’hui le siège de la fondation Frank Lloyd Wright dédiée à la mémoire de l’architecte, l’école d’architecture fermera tristement ses portes à la fin de l’année universitaire pour raisons budgétaires.

Chaise Peacock, dessinée par Franck Lloyd Wright pour l’Imperial Hotel de Tokyo (1923).
Chaise Peacock, dessinée par Franck Lloyd Wright pour l’Imperial Hotel de Tokyo (1923). DR

Tout au long de sa longue carrière (1000 bâtiments dessiné, dont la moitié a été réalisée), Frank Lloyd Wright a su anticiper les problématiques liées à un urbanisme poussé à l’extrême. À l’heure d’un éveil progressif des consciences face à l’urgence écologique, il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il soit reconnu comme un modèle architectural.