Courtesy of Friedman Benda and nendo Photography by Daniel Kukla

Saga : 70 ans de design japonais, les années 1980 à 2020

La suite et fin de notre saga du design japonais explore les années 1980 à 2020, celles où ses créateurs acquierent une reconnaissance internationale.

Si à la fin des années 1970, le miracle économique japonais fraîchit, ce n’est pas au détriment d’une fluidité accrue des échanges internationaux, économiques comme culturels. Le design nippon, devenu plus hybride, attire et investit l’Occident, ne serait-ce que, dès 1977, sous forme de Walkmans. En 1981, dès la création chez lui du groupe Memphis, l’architecte et designer italien Ettore Sottsass, grand voyageur, invite Arata Isozaki, Shiro Kuramata, Toshiyuki Kita et Masanori Umeda. Ces Japonais ne suivent plus l’avant-garde, ils l’inventent. Dans la mode, Kenzo Takada, Yohji Yamamoto, Rei Kawakubo, Issey Miyake, Hanae Mori, Tokio Kumagaï, Kansai Yamamoto, Hanae Mori ou Junko Koshino font de même.


Shiro Kuramata (1934-1991)

Kuramata a été l’un des premiers créateurs japonais étiquetés « artiste du design ». Au milieu des années 1970, son Revolving Cabinet (Cappellini) étonne avec ses 21 tiroirs empilés autour d’un axe. Il récidive en 1970 avec la colonne de tiroirs Side 1, qui semble s’affranchir de la gravité dans un mouvement de corps déhanché. Également à l’actif de Kuramata, la chaise Miss Blanche, inspirée de l’héroïne de Tennessee Williams, avec ses roses artificielles captives de la résine transparente. Quant au fauteuil en grillage d’acier How High the Moon (1986), ce n’est pas son matériau qui coûtait, c’est sa fabrication. Du grand art…

Revolving de Shiro Kuramata (1975).
Revolving de Shiro Kuramata (1975). DR
Fauteuil Miss Blanche de Shiro Kuramata (1986).
Fauteuil Miss Blanche de Shiro Kuramata (1986). DR
Fauteuil How High The Moon de Shiro Kuramata (1986).
Fauteuil How High The Moon de Shiro Kuramata (1986). DR

Ikko Tanaka (1930-2002)

Graphiste réputé, Ikko Tanaka a fusionné différents registres esthétiques japonais et traditionnels avec l’occidental style international. Il a su rendre des dessins sexy dans un monde de plus en plus avide de créations « impactantes ». En 1981, son affiche pour une troupe de danse Nihon Buyo, ornée d’un visage de femme quasi abstrait, devient immédiatement collector. Aujourd’hui, les dessins de Tanaka parent régulièrement les créations de mode d’Issey Miyake et son œuvre est très prisée des musées de l’archipel. Ils sont fiers de rappeler que Tanaka est au Japon ce que l’illustrateur français Cassandre, roi de l’affiche, fut aux arts graphiques mondiaux.

Affiche d’Ikko Tanaka pour la troupe de dance Nihon Buyo (1981).
Affiche d’Ikko Tanaka pour la troupe de dance Nihon Buyo (1981). Ikko Tanaka
Affiche pour Shisheido d’Ikko Tanaka.
Affiche pour Shisheido d’Ikko Tanaka.

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