Courtesy of Friedman Benda and nendo Photography by Daniel Kukla

Saga : 70 ans de design japonais, les années 1980 à 2020

La suite et fin de notre saga du design japonais explore les années 1980 à 2020, celles où ses créateurs acquierent une reconnaissance internationale.

Malgré le succès mondial de la petite chatte Hello Kitty, dessinée par Yuko Shimizu, vraie cash machine sur les produits dérivés, la croissance économique ralentit dans les années 1990. Alors que l’empereur Akihito monte sur le trône du chrysanthème, la symphonie des sept superpositions textiles de son kimono d’apparat fait presque passer la pompe usuelle des Windsor pour too much. En 1996, les ados nippons élèvent des tamagotchi, petits animaux de compagnie virtuels, tandis qu’un mouvement valorisant les objets moins énergivores apparaît. Les designers japonais ne donnent pas de leçons. Ils restent cependant aussi inventifs que curieux. La preuve.


Tomoyuki Sugiyama (1954-)

Tomoyuki Sugiyama dessine en 1986 ses Bubble Boys Speakers, entrés depuis au MoMA de New York. L’auteur de ces haut-parleurs, sortes de heaumes de céramique noire, pourtant sortis en pleine ère du kawaï (mignon), est devenu au Japon un gourou du numérique. Il a même ouvert des écoles où, parfois, les examinateurs deviennent des partenaires pour lancer votre première entreprise. Pour lui, le Japon est voué aux petits objets, performants mais pas chers. Sugiyama est aussi de ceux qui, face au vieillissement de la population, ne trouvent ni utopique ni glaçant de développer au maximum les recherches sur les robots.

Bubble Speakers de Tomoki Sugiyama (1986).
Bubble Speakers de Tomoki Sugiyama (1986). DR

Rei Kawakubo (1942-)

La fondatrice de la marque Comme des Garçons déconstruit et minimalise la mode depuis le début des 80’s. Et ce après avoir étudié philosophie, littérature et beaux-arts. En 1982, elle ouvre sa première boutique parisienne et en dessine le sobre mobilier, tel que le Paravent n° 12, un ensemble redécouvert et présenté, en 2018, à la galerie A1043. Exposée au Metropolitan Museum of Art, à New York, en 2017, elle est aujourd’hui considérée comme un grand maître du design japonais.

Paravent n°12 de Rei Kawakubo (1987). pionnière insoupçonnée du design japonais.
Paravent n°12 de Rei Kawakubo (1987). pionnière insoupçonnée du design japonais. Photo Yann Bohac
Chaise N°32 de Rei Kawabuko (1991).
Chaise N°32 de Rei Kawabuko (1991). DR
Boutique parisienne de Comme des garçons en 1987.
Boutique parisienne de Comme des garçons en 1987. Jean-Pierre Godeaut

Hajime Sorayama (1947-)

Hajime Sorayama surprend le monde entier, en 1999, avec son chien robot Aibo, le premier de l’ère numérique. Son nom signifie « ami » et fusionne les mots amour et robot. Le toutou se déplace, répond à la voix et photographie. Sony a fait confiance au designer, jusque-là plus connu pour ses peintures de pin-up, entre cyborgs et bondage.

Le chien-robot Aibo signé Hajime Sorayama (1999, Sony).
Le chien-robot Aibo signé Hajime Sorayama (1999, Sony). DR

Shin Azumi (1965-)

Peu après sa sortie en 2000, le tabouret de bar Lem (Lapalma) était déjà devenu une pièce culte. Peu montrée, elle a été beaucoup choisie, notamment par les professionnels. Réussir un siège fait rêver. En dessiner un qui se vend est une consécration. Pour courber le métal sous l’assise, Shin Azumi a fait appel à un fabricant automobile de luxe. Raymond Loewy aurait approuvé !

Tabourets de bar Lem de Shin Azumi (2000).
Tabourets de bar Lem de Shin Azumi (2000). DR

The good concept store La sélection IDEAT