Courtesy of Friedman Benda and nendo Photography by Daniel Kukla

Saga : 70 ans de design japonais, les années 1980 à 2020

La suite et fin de notre saga du design japonais explore les années 1980 à 2020, celles où ses créateurs acquierent une reconnaissance internationale.

Le début des années 2000 transforme la perception qu’a l’Occident du travail des designers japonais, notamment émergents. Ni retenue graphique ni modestie des matériaux, ces clichés explosent sous des assauts de couleurs et d’expérimentations téméraires. Cette mutation est l’expression de créateurs pour qui cette belle réputation de samouraïs du design pèche par insuffisance.


Toshiyuki Kita (1942-)

Auteur des fauteuils Wink (1980, Cassina) et Saruyama Island (2006, Moroso ; 1989 pour la première version), Toshiyuki Kita est un familier du Salon du meuble de Milan. Au Japon, ce qui le distingue des autres, c’est son téléviseur Aquos (Sharp, 2001), qui rappelle un elfe de Miyazaki, et son robot jaune Wakamaru, qui vous suit des yeux d’un regard aimant (Mitsubishi).

Fauteuil Wink (1980, Cassina).
Fauteuil Wink (1980, Cassina). Cassina

 

Canapés et fauteuils Saruyama Island de Toshiyuki Kita (1989).
Canapés et fauteuils Saruyama Island de Toshiyuki Kita (1989). DR
Téléviseur Aquos de Tokiyushi Kita (2001, Sharp).
Téléviseur Aquos de Tokiyushi Kita (2001, Sharp). DR

Tokujin Yoshioka (1967-)

Tokujin Yoshioka a travaillé un an avec le grand Shiro Kuramata (voir ci-dessus) et quatre autres chez le styliste Issey Miyake. Cela influencerait n’importe qui. À Tokyo, en 2004, le designer a agité les carrés de soie de la Maison Hermès avec le vent d’une soufflerie et, en 2008, il a littéralement mis le feu au stand de Moroso lors du Salon international du meuble de Milan avec son incroyable fauteuil Bouquet recouvert de pétales de cuir très couture. Entre vases en verre ondoyant comme de l’eau chez Glas Italia et flamme olympique pour les J.O. de 2021, Tokujin Yoshioka n’en finit pas de s’imposer par des créations remarquées qui se succèdent sans tapage…

Fauteuil Bouquet de Tokujin Yoshioka (2008, Moroso).
Fauteuil Bouquet de Tokujin Yoshioka (2008, Moroso). DR
La torche des JO 2021 de Tokyo par Tokujin Yoshioka (2020).
La torche des JO 2021 de Tokyo par Tokujin Yoshioka (2020).

Naoto Fukasawa (1956-)

Le design est à l’image de l’homme et inversement. Son glamour est de n’en cultiver aucun. Son style : enlever jusqu’au presque rien. Son lecteur CD mural culte (non signé), chez Muji, dont il a longtemps été le directeur artistique, s’allume comme une lampe 1900. Fukasawa ne produit jamais de gadget, il ne dessine que l’utile, comme son Single Toaster. Que ce soit pour son label Plusminuszero ou pour l’éditeur de mobilier en bois Maruni, aujourd’hui, il met la rigueur au service de nos gestes quotidiens.

Lecteur CD mural de Naoto Fukasawa (2000, Muji).
Lecteur CD mural de Naoto Fukasawa (2000, Muji). DR
Le Single Toaster de Naoto Fukasawa (2000).
Le Single Toaster de Naoto Fukasawa (2000).

Oki Sato (1977-)

Oki Sato n’a que 26 ans quand, au SaloneSatellite de Milan, il se fait remarquer pour des lampes en anneaux de Saturne, un sofa en carton et un tapis de bain absorbant. En fondant son studio Nendo (« argile »), il démontre qu’en tant qu’architecte il peut aussi bien créer du design que de l’architecture ou des installations. On l’a étiqueté « as du design poétique » à raison, la preuve notamment avec sa chaise Fadeout, les pieds dans la brume.

Table basse Sag en bambou signée Nendo (MDF Italia).
Table basse Sag en bambou signée Nendo (MDF Italia). MDF Italia
Chaise en bois signée Nendo pour Fritz Hansen (2018).
Chaise en bois signée Nendo pour Fritz Hansen (2018). © YONEO KAWABE
Manga Chair #47 d’Oki Sato, nouvelle tête de file du design japonais (Nendo, 2015).
Manga Chair #47 d’Oki Sato, nouvelle tête de file du design japonais (Nendo, 2015). andreas-sutterlin

> Retrouvez ici la première partie de notre grande saga du design japonais.

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