Lily, la petite dernière d’Arne Jacobsen fête ses 50 ans

Il y a cinquante ans cette année, Arne Jacobsen dessinait la toute dernière chaise de sa carrière : la Lily. À l’occasion de cet anniversaire, Fritz Hansen a décidé de rééditer ce modèle iconique en collant aux idées originelles de son designer…

Adepte d’une approche holistique, Arne Jacobsen (1902-1971) aimait penser ses projets dans leur intégralité, de l’architecture à la moindre pièce de mobilier, jusqu’aux poignées de porte. Au fil de sa carrière, il a ainsi dessiné des assises devenues des icônes du style scandinave comme la chaise Fourmi pour la cafétéria du laboratoire pharmaceutique Novo Nordisk (1952) ou le fauteuil Egg pour le SAS Royal Hotel de Copenhague (1958).

Décédé en 1971, Arne Jacobsen n’a pas pu diriger lui-même la fin des travaux de la Banque nationale du Danemark.
Décédé en 1971, Arne Jacobsen n’a pas pu diriger lui-même la fin des travaux de la Banque nationale du Danemark. Wikimedia

Arne Jacobsen a 65 ans quand débute en 1967 la construction du nouveau bâtiment de la Banque nationale du Danemark qu’il a dessiné. Pour ce dernier projet d’ampleur, Jacobsen conçoit la chaise Lily dont le dossier et l’assise en un seul tenant sont découpées de formes à la fois organiques et acérées. « La Lily est la dernière création d’Arne Jacobsen et peut-être la plus aboutie. Elle ressemble à une fleur de lys dont les pétales se sont ouverts. Ce modèle reflète parfaitement la passion d’Arne Jacobsen pour la botanique et la peinture », décrit Christian Andersen, responsable du design chez Fritz Hansen. L’éditeur danois la commercialise sous le nom 3108 dès 1968 puis présente une version dotée d’accoudoirs en 1970 à la Danish Furniture Faire sous le nom 3208 (même si on lui connaît aussi le nom de Séries 08 voire de Seagull…)

Apposer du vernis sur les courbes du dossier et des accoudoirs de la Lily, un défi pour les ébénistes de Fritz Hansen.
Apposer du vernis sur les courbes du dossier et des accoudoirs de la Lily, un défi pour les ébénistes de Fritz Hansen.

Quoi qu’il en soit, la Lily se révèle extrêmement complexe à produire pour les équipes de Fritz Hansen : les courbes des accoudoirs sont si prononcées qu’aucun vernis ne peut être appliqué durablement… A l’époque, la solution trouvée par l’éditeur pour pallier ce problème est simple : les accoudoirs sont peints, recouverts de cuir ou agrémentés de rembourrages. Finis le vernis et le veinage apparent !

La version 50e anniversaire de la Lily, pour la première fois en noyer vernis.
La version 50e anniversaire de la Lily, pour la première fois en noyer vernis. DR

Cinquante années plus tard, les technologies ont grandement évolué et il est désormais possible de recouvrir le contreplaqué d’un vernis résistant qui met en valeur le veinage du bois. Pour le cinquantième anniversaire de la Lily, Fritz Hansen a donc décidé de rééditer la dernière chaise jamais conçue par Jacobsen dans une version sombre en noyer vernis qui colle en tout point à l’idée originelle du designer. Tous les exemplaires de cette édition spéciale sont dotés d’une étiquette anniversaire, dissimulée juste sous l’assise. Avec ou sans accoudoirs, la Lily  célèbre le style éternel de Jacobsen…

> Cette édition spéciale de la chaise Lily est disponible avec (1 086 €) ou sans accoudoirs (610 €). Les autres versions habillées de cuir, peinture ou tissu restent au catalogue Fritz Hansen. 

Les différentes versions de l’édition 50e anniversaire de la Lily.
Les différentes versions de l’édition 50e anniversaire de la Lily.
Le noyer vernis renforce l’identité scandinave de la Lily.
Le noyer vernis renforce l’identité scandinave de la Lily.

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