Japon : 10 créateurs français inspirés par le design nippon

Ces 10 designers ont en commun d’avoir vécu une expérience personnelle au Japon qui a durablement imprégné leur pratique, bien au-delà de leur séjour dans l’archipel. Tous semblent dire que c’est du Japon que nous vient aujourd’hui un rappel aux fondamentaux du design.

Pierre Charpin

En 2012, Pierre Charpin a été sélectionné par l’Institut Français du Japon pour une résidence à Kyoto.
En 2012, Pierre Charpin a été sélectionné par l’Institut Français du Japon pour une résidence à Kyoto.

« Ma rencontre physique avec le Japon date de 2012, lorsque j’ai effectué ma résidence à la Villa Kujoyama, à Kyoto. Avant cela, mon attirance pour cette culture était tournée principalement vers l’esthétique japonaise, construite par des livres, des expositions, des films… C’était une sorte d’attirance fantasmée. En arrivant là-bas, mon premier séjour, donc, je m’attendais à vivre avant tout une expérience esthétique, visuelle, mais la dimension sonore s’est révélée tout aussi forte. Ma mémoire du Japon est désormais autant constituée d’images que de sons. C’est ainsi que, si j’ai pris bon nombre de photos, j’ai également enregistré des bruits pour ne pas les oublier, un besoin que je n’avais jamais ressenti auparavant lors d’un séjour à l’étranger. Depuis, le Japon habite toujours un coin de mon cerveau. »


Céline Thibault et Géraud Pellottiero (Atelier Pelpell)

Céline Pelcé et Géraud Pellottiero de l’Atelier PelPell
Céline Pelcé et Géraud Pellottiero de l’Atelier PelPell Jenny Lazzarelli

« Philosophie des jardins, passion des wagashi (pâtisseries japonaises, NDLR) et de leur saisonnalité, précision des assemblages en bois ou profondeur de la laque que l’on peut admirer dans les temples… Une certaine rigueur poétique est toujours le point de départ d’un détail. Nous le voyons comme une sorte de philosophie qui incite à prendre le temps d’être précis, même si c’est au détriment de la productivité, un éloge de la lenteur que nous souhaitons défendre. Cela se traduit par exemple par les arts de la table liés, une fois encore, à la saisonnalité. Car les Japonais changent de service de table en fonction des saisons. Nous avons aussi adopté le bain comme rituel. Au Japon, c’est un lieu de cohésion familiale abolissant certaines frontières de la société. Nous allons d’ailleurs y présenter notre projet Zoù Maë !, la pièce d’eau en savon de Marseille pour laquelle nous avons été lauréats de Design Parade Toulon 2019. »


Élise Fouin

Entre Elise Fouin et le Japon, une histoire d’amour personnelle devenue professionnelle.
Entre Elise Fouin et le Japon, une histoire d’amour personnelle devenue professionnelle.

« Je suis allée une première fois au Japon en 2007 pour la Tokyo Design Week, en simple visiteuse. Je suis immédiatement tombée amoureuse de cette culture et j’y suis donc retournée en vacances plusieurs fois. Depuis trois ans, ces voyages ont pris un tour professionnel et je collabore là-bas avec des artisans aux savoir-faire très pointus. Les Japonais sont très à l’écoute et très respectueux du travail du designer ; ils se démènent toujours pour trouver des solutions les plus proches possible de mon dessin, sans le modifier… C’est très valorisant en tant que designer d’être écouté et respecté. Cela donne confiance et prouve que beaucoup de choses sont faisables dans le respect de chacun. Là où souvent en France certains s’approprient les projets et se permettent de changer beaucoup de choses pour des raisons pas toujours valables… En fin d’année dernière, j’ai travaillé avec Ubukeya, maître artisan coutelier à Tokyo, au design de couteaux de style japonais mais destinés au marché français. »

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