Deux figures du street-art stars du marché de l’art

Graffitis, mosaïques, collages... Avec Invader et L’Atlas, l’art urbain, d’abord éphémère par nature, a rapidement quitté l’espace public pour les cimaises des galeries.

Tout le monde connaît Franck Slama sans le savoir. Sous le pseudonyme d’Invader, le street-artiste français a collé des milliers de Space Invaders en mosaïque sur les murs des plus grandes villes de la planète. Le 1 000e a été dévoilé en fanfare en 2011, lors de l’inauguration de son exposition à La Générale, à Paris. Mais c’est en 1996 que cet ancien étudiant des Beaux-Arts de Paris, âgé de 27 ans, débute ce projet pharaonique qu’il baptise « L’Invasion ». Méthodiquement, il s’empare des grandes métropoles, de Londres à Los Angeles, de Tokyo à Bangkok, et documente chacune de ses interventions dans une base de données consultable sur son site et son application (une vraie chasse au trésor pour les aficionados !).

PA_590 (2005), création de l’artiste Invader, figure incontournable du street-art français. Galerie Ange Basso (Paris).
PA_590 (2005), création de l’artiste Invader, figure incontournable du street-art français. Galerie Ange Basso (Paris). DR

Depuis, au répertoire d’Invader est venu s’ajouter un autre héros des jeux vidéo, Super Mario, et une série d’œuvres relevant du « Rubik’s Cubism ». À l’aide de centaines de ces cubes (jeu star des années 80), il recrée pochettes d’albums célèbres (David Bowie, Patti Smith, Bob Dylan…), peintures iconiques (La Joconde, de Vinci, qui vient d’ailleurs d’être vendue chez Artcurial 480 200 €, un record ; ou L’Origine du monde, de Courbet) et portraits de personnalités fictives (Scarface) ou réelles (Florence Rey). Rançon du succès oblige : nombre de ces œuvres disparaissent progressivement de l’espace public au seul profit de collectionneurs. Néanmoins, en janvier dernier, 3 861 Space Invaders étaient encore recensés dans 79 cités du monde entier.

Paradoxal Breathing (2019), peinture murale de L’Atlas. Galerie Géraldine Zberro (Paris).
Paradoxal Breathing (2019), peinture murale de L’Atlas. Galerie Géraldine Zberro (Paris). DR

De neuf ans son cadet, Jules Dedet, alias L’Atlas, considère lui aussi que pour rendre l’art accessible au plus grand nombre, les musées et les galeries ne suffisent plus. C’est donc dans la rue que ce passionné de calligraphie né à Toulouse a d’abord exposé ses oeuvres de street-art, sorte d’alphabet monumental entre abstraction et art cinétique. En quête d’un « langage pictural universel », il crée des peintures murales composées de lettres noires sur fond blanc, étirées jusqu’à la frontière du lisible. Elles révèlent des formes autant que des lettres et évoquent les frises d’une figure majeure de l’art contemporain, Tania Mouraud.

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