[Mode & Design] Les trois meubles essentiels de Coralie Marabelle

Cet été, IDEAT invite des créateurs de mode, étoiles montantes ou designers confirmés, à quitter le monde du vêtement pour investir celui du design. Au programme, une short-list de trois pièces finement sélectionnées. Cette semaine, c’est Coralie Marabelle, adoubée lors du Festival d’Hyères de 2014 où elle a remporté le Prix du public, qui est notre invitée de la semaine.

Formée au Studio Berçot, Coralie Marabelle a fait ses gammes chez Hermès, Alexander McQueen ou encore auprès de la ligne artisanale de la Maison Margiela. Couronnée lors de l’édition 2014 du Festival d’Hyères, elle ouvre sa boutique quatre ans plus tard, où elle sert une mode du quotidien, « avec une touche haute-couture crafty ».

Le fauteuil CM137, alias « Oyster Chair » de Pierre Paulin

« J’adore l’esthétique minimaliste, moderne, féminine, fonctionnelle et confortable de Pierre Paulin. Dès que je trouvais une de ses assises dans des puces ou des brocantes je bloquais dessus. Puis il y a eu l’exposition au Centre Pompidou qui m’a confirmé que je ne pouvais pas continuer à vivre sans un fauteuil Paulin. Pour mes 30 ans, mes amis et ma famille se sont réunis pour me faire ce beau cadeau. Je suis allée à la rencontre de Benjamin Paulin, le fils de Pierre Paulin qui gère maintenant les rééditions de son père. J’ai fait rééditer ce modèle dans un bleu Klein hyper puissant. Je l’ai attendu quelques mois et il est arrivé en camion en provenance de l’usine de l’éditeur Artifort en Allemagne.»

Fauteuil CM137 de Pierre Paulin (Circa 1960, Artifort).
Fauteuil CM137 de Pierre Paulin (Circa 1960, Artifort). DR

« Depuis, je ne m’en lasse pas et à chaque fois que je le vois, ou que je m’assois dedans je repense à tous mes proches qui me l’on offert. Il a quelque chose de très rassurant quand on se love dedans. Comme son nom l’indique on est comme dans une coquille, comme protégé dans un cocon. Il atténue les bruits, il réchauffe, on s’y sent trop bien. C’est aussi un objet pour toute la vie, d’une qualité incroyable. Il ne bouge pas, ne s’abîme pas. J’aime imaginer mes vêtements de la même façon. Des pièces fortes que l’on remarque, des « statements pieces » pour le quotidien, des pièces intemporelles dont on ne se lassera pas et qui dureront longtemps. Des pièces qu’on garde toute la vie ou qu’on transmet. »

Les lampes hybrides du duo Muller Van Severen

Installation S, Muller Van Severen (2012).
Installation S, Muller Van Severen (2012). DR

« C’est ma soeur designer qui m’a fait découvrir leur travail il y a quelques années. Leurs lampes sont lampes mais aussi fauteuils, tables et/ou étagères à la fois. J’adore l’idée qu’un objet puisse être multifonctionnel. Je trouve ça très inspirant et je trouve qu’on ne voit pas ça assez dans le vêtement. Personnellement je porte mes chemises parfois en jupe et j’aimerais qu’une veste puisse devenir sac. Je suis entrain de réfléchir à cette idée de fonctionnalité du vêtement que j’aimerais développer dans mes prochaines collection. J’ai vu récemment que le duo Muller Van Severen a ouvert une exposition à la Villa Cavrois à Lille, l’alliance de leur travail à l’architecture de Robert Mallet Stevens doit être magnifique. »

Une sculpture de Anton Alvarez

Sculptures de la série The Flavour is so strong, Anton Alvarez (2019).
Sculptures de la série The Flavour is so strong, Anton Alvarez (2019). DR

 

« J’ai découvert cet artiste il y a quelques années, probablement sur Instagram ou dans un magazine de déco, je ne me souviens plus. J’ai eu un vrai coup de coeur pour ses sculptures en céramique, à la fois pour le travail de la matière, des textures, pour son côté minimaliste et à la fois monumental car elles ont quelques chose de très imposant. Ayant grandi avec une maman céramiste, j’ai toujours été sensible aux gens qui travaillent la terre et la transforment. Ce que j’adore aussi dans son travail c’est bien évidemment son travail de la couleur. Comme lui j’aime les couleurs franches, vive et profondes. J’utilise souvent ces oeuvres comme inspiration pour mes propres collections. J’adorerais collaborer avec lui un jour et acquérir une de ses oeuvres. »

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