[Mode & Design] Les trois meubles essentiels d’Elie Top

Cet été, IDEAT invite des créateurs de mode, étoiles montantes ou designers confirmés, à quitter le monde du vêtement pour investir celui du design. Au programme, une short-list de trois pièces finement sélectionnées. Cette semaine, c’est le très parisien Elie Top, joaillier élégant, au style navigant entre le rétro futurisme et baroque ludique, qui nous présente la triade de son choix.

Deux après avoir quitté son Nord natal et intégré les Écoles de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, Elie Top entre à seulement 19 ans chez Yves Saint Laurent. Une expérience fondatrice, où il façonne son goût auprès du maître français, mais aussi de la créatrice Loulou de la Falaise. Quand la prestigieuse maison passe aux mains d’Albert Elbaz, celui-ci lui offre ses premières créations joaillières. Il le suit chez Lanvin, où il poursuivra son œuvre pendant une dizaine d’années. Elie Top y met à l’honneur le « bijou couture », une version exubérante et luxuriante du bijou fantaisie, qui triomphera, saison après saison. En 2015, il lance sa propre maison, où il déploie une joaillerie noble qui emprunte aussi bien aux légendes arthuriennes qu’à l’astrologie, donnant naissance à un univers évoquant une version médiévale du film Métropolis. Une style rétro-futuriste que se décline à travers les trois pièces qu’il a sélectionnées.


1/ Le sucrier de bistrot parisien

Le fameux sucrier des bistros parisiens.
Le fameux sucrier des bistros parisiens. DR

« Souvent, à cette fameuse question “Où puisez vous votre inspiration ?”, j’ai coutume de dire : dans ma cuisine ! Simplement pour souligner un peu grossièrement à quel point les objets du quotidien souvent très malins ainsi que les pièces de mobilier, d’éclairage… peuvent créer une étincelle inattendue et nourrir aussi bien la technique que l’esthétique d’un autre domaine. L’exemple le plus flagrant pour moi est ce très répandu sucrier de métal à sphère pivotante, posé sagement sur tous comptoirs de bistrots parisiens. Avec sa forme pure et son mécanisme efficace, il a ouvert la voix à ma première collection baptisée “Les mécaniques célestes”. »


2/ Suspension de Max Ingrand (Fontana Arte)

Suspension 2127 de Max Ingrand pour Fontana Arte.
Suspension 2127 de Max Ingrand pour Fontana Arte. DR

« Je suis très marqué par l’esthétique industrielle mâtinée de futurisme très 50’s de Max Ingrand chez Fontana Arte, avec ses suspensions jouant avec le verre et le métal. Par des systèmes d’empilement et de superposition, il a développé des volumes structurés aux lignes très graphiques semblables parfois à des vaisseaux spatiaux. Comme cette quête du volume tout en légèreté dans mon domaine (le bijou) reste une problématique constante, j’essaie d’avoir toujours en tête cette intelligence du montage qui fait sa beauté. »


3/ Miroir de Serge Roche et Mariano Audreu

Miroir de Serge Roche et Mariano Andreu.
Miroir de Serge Roche et Mariano Andreu. DR

« Octogones, polygones, étoiles… Ce miroir de Serge Roche et Mariano Andreu (1935) m’a beaucoup hanté et beaucoup donné… avec ses lignes géométriques et élancées, ce cadre très construit à l’ossature mise à nue – comme une petite architecture –, il est l’un des piliers esthétiques de ma collection “Etoile Mystérieuse”. »


 

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