Icône : Un anniversaire parisien pour les 10 ans du fauteuil Spun (Magis)

Imaginée par Thomas Heatherwick, l’assise du designer anglais fait tourner les têtes depuis 2010. Après une décennie au sein du catalogue de Magis, ce fauteuil « toupie » s’invite cette semaine à Paris pour fêter son dixième anniversaire au sein de la Joyce Gallery.

Instable mais tellement réjouissant… La première fois, le fauteuil Spun déboussole forcément son occupant. Grâce à son étrange silhouette, il embarque en effet quiconque dans un mouvement circulaire qui déroute les sens. Un tournoiement qui provoque la surprise et l’appréhension… avant de susciter l’amusement et d’inviter au lâcher-prise.

Sans équivalent dans le design industriel, Spun se joue de l’équilibre et de la perte des repères. Pour autant, cette expérience découle d’une recherche autour du métal et des techniques de repoussage (des procédés servant à façonner le matériau en lui faisant subir des rotations). En 2007, Thomas Heatherwick décide d’exploiter cette méthode pour dessiner un siège identique sous tous les angles, grâce à un profil qui se répète à 360°. En résulte alors une nouvelle typologie de chaise, une sorte de toupie sans avant ni arrière, où il devient impossible de distinguer assise, dossier et piétement.

Avec sa silhouette circulaire, disponible en rouge, blanc, anthracite ou violine, Spun tire un trait sur l’archétype de la chaise.
Avec sa silhouette circulaire, disponible en rouge, blanc, anthracite ou violine, Spun tire un trait sur l’archétype de la chaise. DR

Développé pendant plusieurs années, grâce à de nombreuses maquettes en bois et en métal, puis prototypé en aluminium, Spun voit finalement le jour en 2010, au sein du catalogue de Magis, avec un corps en polyéthylène rotomoulé. Une famille de plastique dont l’éditeur italien a fait l’une de ses spécialités, en produisant le fauteuil Air de Jasper Morrison (2006), le rocking-chair Voido de Ron Arad (2006), le fauteuil Proust d’Alessandro Mendini (2011) ou encore le siège Sam Son de Konstantin Grcic (2015). Au modèle de Thomas Heatherwick, le plastique apporte plus de souplesse et de confort. Notamment grâce à des sillons rebondis qui soulignent la rondeur de l’ensemble.

Avec ses sillons, la surface du Spun n’est pas sans rappeler celle des disques vinyles.
Avec ses sillons, la surface du Spun n’est pas sans rappeler celle des disques vinyles. DR

Aussi à l’aise dedans que dehors grâce à l’usage du polyéthylène, Spun se décline également en version métallisée et gainée de cuir. Des éditions limitées cette fois directement produites par le studio du designer anglais, fondé à Londres en 1994. Si le fauteuil Spun reste encore sa pièce de mobilier la plus célèbre, Thomas Heatherwick s’est tout de même distingué à de nombreuses reprises ces dernières années. En signant les nouveaux bus londoniens ou dans le domaine de l’architecture, avec des projets encensés comme le musée sud-africain Zeits MOCAA, mais aussi très controversés, à l’image de Vessel, une plateforme d’observation qui a reçu un accueil des plus mitigés de la part des New-Yorkais.

Thomas Heatherwick revendique un design libéré des dogmes et basé sur l’expérience.
Thomas Heatherwick revendique un design libéré des dogmes et basé sur l’expérience. Susan Smart

Face au Jardin du Palais Royal, l’happening proposé par la Joyce Gallery devrait quant à lui faire consensus. Pour célébrer le 10e anniversaire du fauteuil, l’institution parisienne propose de tester librement cinq Spun écarlates, à disposition du public jusqu’au 23 septembre 2020.

> Joyce Gallery, happening « Magis – 10 ans du Spun », du 15 au 23 septembre 2020. 168, galerie de Valois – Jardin du Palais Royal, 75001 Paris. joyce.com

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