Octobre rose : IDEAT et 30 photographes s’engagent contre le cancer du sein

Elles sont une trentaine de photographes à avoir répondu à l'appel d'IDEAT : produire une image en hommage à la féminité pour lutter contre le cancer du sein. Leurs pratiques sont toutes singulières et leurs parcours différents, mais leurs regards, eux, ont cela en commun : ils expriment générosité et bienveillance à l’égard du corps des femmes. Sensualité, émotion, délicatesse, décor naturel ou artificiel, couleur ou noir et blanc... Toutes ont veillé à livrer un message positif. Des images qui seront exposées à l'hôpital Gustave Roussy, à Villejuif (94), spécialisé dans cette pathologie, puis au musée des Arts décoratifs, le 4 février 2021, et vendues par IDEAT au profit de la cellule de recherche sur le cancer du sein de l’Institut.

21/ Linda Tuloup

Autoportrait à Beyrouth (2020).
Autoportrait à Beyrouth (2020). © LINDA TULOUP / GALERIE OLIVIER WALTMAN PARIS

Les notions d’intimité et d’identité définissent l’univers de Linda Tuloup. Capturés à l’aide d’un appareil moyen format, ses tirages, en noir et blanc ou en couleurs, révèlent le corps féminin sous le prisme de la métamorphose. Qu’elle soit photographiée dans une chambre ou dans une forêt, la femme de Linda Tuloup s’inscrit dans un état de nature. Elle évolue alors parmi les feuilles et les écorces et se transforme en animal. Son corps y apparaît comme une chimère. Pour ce numéro spécial, elle nous offre une silhouette évanescente. B.A.


22/ Gillian Hyland

Turas (« Voyage » en irlandais, mars 2020).
Turas (« Voyage » en irlandais, mars 2020). © GILLIAN HYLAND. MANNEQUIN : ANA TRUJILLO (NEW ICON MODELS). DESIGN FLORAL : BUNCH OF FLOWER. MAQUILLAGE : ABRAHAM MENDOZA

La singularité de la Britannique Gillian Hyland tient à son approche poétique du médium photographique. Née en 1982, directrice artistique et scénographe à ses débuts, elle compose des images fantaisistes dans lesquelles souvenirs et émotions guident avant tout sa démarche. Dans ses mises en scène de femmes élégantes esseulées et de jeunes filles solitaires, Gillan Hyland parle d’histoires universelles, de couples qui s’éloignent, de rêves cachés, d’amours brisées. Des choses de la vie, en somme. B.A.


23/ Cristina Coral (vendu)

Intimacy I, Intimacy II, Intimacy III. Série « Intimate Trilogy » (2020).
Intimacy I, Intimacy II, Intimacy III. Série « Intimate Trilogy » (2020). © Cristina Coral

Les constructions surréalistes et oniriques de Cristina Coral illustrent sa pratique de photographe autodidacte. Dans ses images, les femmes deviennent un prolongement de la forme architecturale dans laquelle elles évoluent, jusqu’à se fondre littéralement dans le décor. Très inspirées par les univers cinématographiques de Stanley Kubrick ou de David Lynch, ses photographies en couleurs séduisent par le foisonnement des détails et les gammes chromatiques utilisées. Loin d’être un objet, la femme, chez Cristina Coral, se pare de mystère tout en élégance. B.A.


24/ Anne-Lise Broyer

Léa, Nogent-sur-Marne (2018).
Léa, Nogent-sur-Marne (2018). © ANNE-LISE BROYER

Dans l’univers d’Anne-Lise Broyer, photographie, littérature et dessin sont indissociables. L’utilisation du médium photographique se lit comme un dialogue permanent avec le graphite qu’elle intègre dans ses œuvres. Dans ses séries, elle multiplie les références cinématographiques et littéraires, qui ont nourri son imaginaire. Pour IDEAT, elle a choisi d’associer l’image de la femme à la nature, illustrant ainsi son attachement à la question de la représentation symbolique du féminin dans l’histoire de l’art et la littérature. B.A.


25/ Sonia Sieff (vendu)

La Dernière Séance, Paris (2016). Série « Les Françaises ».
La Dernière Séance, Paris (2016). Série « Les Françaises ». Sonia Sieff

Elle a hérité du talent de ses célèbres parents photographes, Barbara Rix et Jeanloup Sieff. Si Sonia Sieff a évolué dans un monde où elle a côtoyé mannequins et actrices depuis sa plus tendre enfance, elle a également réussi à s’y faire une jolie place en tant que professionnelle. Photographe depuis l’âge de 20 ans, elle excelle dans l’art du portrait. Avec son ouvrage Les Françaises (Rizzoli, 2017), pour lequel elle a photographié plus d’une centaine de femmes nues, chez elles ou ailleurs, elle nous livre une écriture très personnelle. C’est un cliché issu de cette série qu’elle propose ici pour IDEAT. B.A.


26/ Brigitte Lustenberger

Dressed in Silk (2013).
Dressed in Silk (2013). © BRIGITTE LUSTENBERGER / CHRISTOPHE GUYE GALERIE

Les fonds noirs de Brigitte Lustenberger, née en Suisse, composent son écriture photographique. À partir de ce noir intense, elle réalise des natures mortes de fleurs, le plus souvent fanées, et des portraits d’enfants et de femmes. Les installations qu’elle crée pour ses expositions prennent la forme de cabinets de curiosités où se mêlent objets, images projetées et accrochées. Brigitte Lustenberger a sélectionné ici un tirage en noir et blanc éloigné de sa pratique habituelle, où un corps de femme est sanglé d’un fil de soie. B.A.


27/ Letizia Le Fur

Eva (2020).
Eva (2020). Letizia Le Fur

Après des études aux Beaux-Arts, où elle a beaucoup pratiqué la peinture, Letizia Le Fur découvre la photographie grâce à Valérie Belin. C’est elle qui va l’encourager à persévérer dans ce médium, qui lui permet de s’extraire d’une réalité qu’elle juge parfois trop difficile à vivre. Par cet intermédiaire, Letizia Le Fur peut choisir un environnement qui lui est propre pour évoquer ses rêves, son idée de la fuite. L’harmonie chromatique revêt une importance capitale dans son travail, comme en témoigne la subtile image réalisée spécialement pour IDEAT. B.A.


28/ Claudia Huidobro

Merveilleuse (février 2020).
Merveilleuse (février 2020). © CLAUDIA HUIDOBRO

Faire corps avec son propre corps semble être la devise de Claudia Huidobro. Sa pratique questionne la notion de fragments corporels depuis plusieurs années. Ses autoportraits réalisés dans une chambre vide, où elle expérimente les déplacements et la notion d’échelle, renvoient à son désir de ne pas s’enfermer dans une production purement esthétique. Minimaliste dans la forme, sa recherche photographique explore dans le fond sa vision de la féminité. Pour ce numéro spécial, elle a mis en scène ses mains, comme un geste de soutien. B.A.


29/ Isabel Muños

Sin título (2019). Série « Japón ».
Sin título (2019). Série « Japón ». © ISABEL MUÑOZ

Passionnée très jeune par la photographie, Isabel Muñoz entame des études à Photocentro, à Madrid, puis complète ses connaissances techniques à la fin des années 80 à New York. Très connue pour ses séries « Tango » et « Flamenco », réalisées en 1989, elle poursuit depuis ses recherches sur l’être humain. Spécialiste du tirage au platine, elle arrive à concilier procédés anciens et démarche contemporaine autour du corps. Dans cette logique, elle a sélectionné pour IDEAT un danseur japonais de buto, en continuité avec son questionnement autour des origines de l’humanité. B.A.


30/ Laure Vasconi

Cinecittà, Rome. Série « Villes de cinéma » (2000-2010).
Cinecittà, Rome. Série « Villes de cinéma » (2000-2010). © LAURE VASCONI / GALERIE SIT DOWN

La très discrète Laure Vasconi poursuit un travail exigeant à la croisée du réel, de l’intime et de la fiction. Depuis une vingtaine d’années, elle y mêle des instants personnels avec des travaux documentaires. Reconnue pour ses images en couleurs légèrement floues, elle vient de publier un journal photographique, « L’Après Jour », chez Filigranes, qu’elle a réalisé en puisant dans ses archives, faisant du livre une trace. Sa proposition pour IDEAT évoque son rapport au cinéma et aux personnages mythiques, comme la divine Anita Ekberg. B.A.


31/ Ellen Kooi (vendu)

Berck – Dune (2017).
Berck – Dune (2017). © ELLEN KOOI

Diplômée de la Rijksakademie, l’Académie royale des beaux-arts d’Amsterdam, Ellen Kooi s’est d’abord tournée vers la photographie de théâtre. De ces années, elle a gardé un certain goût pour la mise en scène. Elle réalise aujourd’hui des vues de paysages naturels mâtinés d’étrangeté, aux couleurs saturées et où le rapport au corps est toujours évoqué à travers la présence de femmes ou d’enfants figés en plein mouvement. Pour IDEAT, Ellen Kooi a choisi une image méditative, symbolisant le combat contre la maladie par une femme seule face à l’Océan mais donnant aussi à voir un futur possible… B.A.

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