Tissus : Comment Madura est rentré dans les temps modernes

Créée en 1971, Madura est devenue une marque incontournable de l’univers de la décoration. Et cela notamment depuis 2013 ans grâce à son jeune directeur général, Vincent Rey, qui se bat avec conviction, sur un marché de plus en plus concurrentiel, pour inscrire le label dans la modernité.

Vincent Rey, le jeune directeur général de Madura, à l’origine du renouveau stratégique de la marque, recueille les fruits des réformes opérées ces dernières années.
Vincent Rey, le jeune directeur général de Madura, à l’origine du renouveau stratégique de la marque, recueille les fruits des réformes opérées ces dernières années. Raphaël Dautigny

Depuis quelques mois, la marque de décoration textile, linge et mobilier Madura est de nouveau montée en gamme. Non pas pour rendre les collections inaccessibles, mais, au contraire, plus attrayantes. « Comment nous différencier aujourd’hui entre les grandes maisons éditrices des VIe et IIe arrondissements de Paris et les marques de la grande distribution, qui diffusent également des collections de qualité ? », interroge son directeur général, Vincent Rey, ancien de l’École alsacienne et diplômé de l’École supérieure des sciences économiques et commerciales. « Pour nous situer au mieux entre ces deux marchés, il m’a paru nécessaire de rompre en douceur avec notre passé, afin de fidéliser une clientèle plus jeune et de faire passer un message de modernité. Autrement dit, produire des collections plus accessibles et néanmoins haut de gamme, proches de l’esprit des grands éditeurs. Notre monde change, tout comme notre modèle économique. On croit aujourd’hui à une autre forme de consommation », confie-t-il. La maison (25 millions d’euros de chiffre d’affaires, une trentaine de boutiques en France) a donc fait table rase de ses stocks et a liquidé tout ce qui ne lui ressemblait plus ! « Il s’agissait de tourner la page, poursuit Vincent Rey, de montrer que quelque chose s’était passé. »

Motivée par l’envie de se repositionner, Madura a repensé l’uni dans des matières telles que le lin ou le velours.
Motivée par l’envie de se repositionner, Madura a repensé l’uni dans des matières telles que le lin ou le velours. FRANCIS AMIAND

Motifs et matériaux premium

Afin d’être encore plus qualitative, l’offre a donc été réduite et surtout repensée autour de trois pôles : retravailler l’uni autour de deux lins et d’un velours ; monter en gamme les motifs, les broderies, les jacquards ainsi que les finitions dans un style manufacturé ; et enfin développer une ligne de mobilier pour faire de Madura une entreprise de décoration à part entière. « Nous avons également revu les façades de nos points de vente, troqué le bleu originel pour une nuance terracotta conçue avec la maison Argile, une couleur créant plus de proximité », détaille le dirigeant. Idem pour la campagne de communication, qui a été retravaillée afin de montrer la pertinence du message. Autres points que Vincent Rey entend développer, le e-commerce (20 % des ventes aujourd’hui) ainsi que les contacts auprès des grandes agences d’architecture intérieure. Résultat : une nouvelle croissance depuis trois ans et l’ouverture d’une boutique à Bordeaux en 2020. Chez Madura, le ciel est au beau fixe !

Le fauteuil Jorel, ici tapissé en tissus velours vert.
Le fauteuil Jorel, ici tapissé en tissus velours vert. FRANCIS AMIAND
Madura propose divers linge de maison dont les draps Carlina en lin lavé, disponibles en plusieurs coloris.
Madura propose divers linge de maison dont les draps Carlina en lin lavé, disponibles en plusieurs coloris. FRANCIS AMIAND

 

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