Maria Wettergren convoque la nouvelle vague du design scandinave

Pour son nouveau départ dans le Marais, la galeriste danoise propose « Nouvelle vague », une exposition à la lisière du design, de l’art et de l’artisanat high-tech.

Pour célébrer son 10e anniversaire, Maria Wettergren donne dans les métaphores aquatiques. Il y a les eaux de la Seine, d’abord, qu’elle vient de franchir en beauté. Après une décennie passée à Saint-Germain-des-Prés, le quartier chéri des grandes galeries de design, la voilà qui emménage dans le Marais, dans un espace tout en parquets et hautes baies où, dans les années 2000, la galerie de photo Rabouan Moussion logeait avant qu’elle n’emménage rue Pastourelle (IIIe).

Maria Wettergren, entre art et design

« Je me positionne davantage, ainsi, du côté de l’art », explique Maria Wettergren, désormais voisine des David Zwirner, Thaddaeus Ropac et autres mastodontes du secteur. Car les artistes qu’elle représente, s’ils sont plutôt identifiés « design », pourraient tout aussi bien se dire plasticiens. Voire un peu artisans, tant ils ont le goût de la belle ouvrage. Ils nous montrent, à l’occasion de « Nouvelle vague », l’expo anniversaire à l’intitulé polysémique, combien l’Europe du Nord, dont ils sont tous originaires, n’en a jamais fini de bouillonner.

Des plasticiennes aux affinités textiles

Des vaguelettes, des ondes et des remous plissent la surface de la tapisserie de Grethe Sørensen. Même science de l’irisation et de la fluidité chez Ditte Hammerstrøm et sa banquette recouverte de galets de mohair. Coton et satins savamment froissés et cousus chez Hanne Friis, entremêlements de fibres optiques par Astrid Krogh… Autant de plasticiennes aux affinités textiles « qui redéfinissent le métier à tisser et s’en libèrent », selon les mots de Maria Wettergren.

Plus fonctionnelles mais non moins sensuelles, une chaise signée Mathias Bengtsson, sorte de concrétion géologico-marine, ou une lampe d’Ilkka Suppanen, de 2006, qui se hérisse de tentacules de résine façon anémone de mer géante. Avec « Family Affair », le Russe Boris Berlin rencontre le Letton Germans Ermics, qui tous deux excellent en miroitements et transparences. Les grands esprits nordiques, chez Maria Wettergren, se rencontrent joyeusement.

> Galerie Maria Wettergren. 121, rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris. Mariawettergren.com

Vues de l’exposition « Nouvelle vague », chez la Danoise Maria Wettergren, avec des créations presque « vintage », mais aussi sophistiquées qu’étonnantes, qui font honneur à la scène nordique des vingt dernières années. À gauche, les chaises deMathias Bengtsson et une lampe d’Ilkka Suppanen.
Vues de l’exposition « Nouvelle vague », chez la Danoise Maria Wettergren, avec des créations presque « vintage », mais aussi sophistiquées qu’étonnantes, qui font honneur à la scène nordique des vingt dernières années. À gauche, les chaises de
Mathias Bengtsson et une lampe d’Ilkka Suppanen. CAMILA GADU
Completely Dusty, une sculpture de Benandsebastian, et une installation lumineuse d’Astrid Krogh.
Completely Dusty, une sculpture de Benandsebastian, et une installation lumineuse d’Astrid Krogh. CAMILA GADU

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