Design : Le label Baxter en tournée mondiale à Paris

Cet hiver, le label de design italien Baxter a expédié à Paris les pièces de sa collection « Worldwide 2020 ». Dans le showroom Silvera Saint-Honoré (Paris VIIIe), ses nouveautés rappellent tout l’intérêt de mettre l’accent sur la création et la qualité.

Une présentation virtuelle ne saurait remplacer la perception du réel, et surtout l’aspect tactile des nouvelles créations Baxter. C’est d’ailleurs le sens du toucher qui est évoqué dans le dernier film promotionnel du label. Il met en scène ses designers, soulignant aussi bien le confort que les détails de style du mobilier qu’ils ont signé. Un geste revient plusieurs fois à l’écran, celui de caresser la matière du doigt. Chacun, en s’asseyant, s’allongeant ou se lovant, bref en habitant physiquement ses créations respectives, rappelle en pleine période de séjour à domicile forcé tout l’intérêt de posséder un mobilier avec lequel le corps ne compose pas.

Le travail du designer

Après avoir passé des heures à plancher sur une table ou un sofa, les designers sont visiblement ravis de montrer qu’il s’agit avant tout de meubles à vivre, privilégiant le confort, la beauté et la sensualité ; un rappel qui se passe de trop d’explications. Une fois ce travail accompli, à chacun selon ses besoins et ses envies de s’y intéresser. Autre message subliminal : en période de conjoncture délicate, l’éditeur adopte la même attitude, la même exigence et la même finesse, sans multiplier les nouveautés.

Pour Paolo Bestetti, CEO du label Baxter, ce message s’étend à la sphère la plus internationale possible : Paris est une première étape, avant Londres puis d’autres capitales. Ce retour au produit, au-delà de tout concept abstrait, sorte de credo de la marque, est d’autant plus crucial pour le label Baxter que celui-ci s’est toujours attaché à travailler lui-même, en amont, les matières utilisées par les designers, notamment le cuir. Pour preuve, l’édition spéciale du fauteuil Greta, une création signée du duo de designers Draga & Aurel, entièrement recouvert de peau, aussi nettement imprimé que pourrait l’être la soie d’un foulard.

Un accent sur la couleur

Il est intéressant aussi de revoir des modèles qui existent déjà mais dont la modernité fait qu’ils se confondent avec les nouveautés, tel le fauteuil Damasco en cuir (ultra-doux !) de la designer italienne Paola Navone. Pilier créatif de la maison, elle a également mis au point une nouvelle version, agrandie, de son fauteuil Nepal Mama, ébouriffé comme un agneau de Mongolie. Mais la nouveauté, c’est son canapé Milano dans lequel une personne mesurant deux mètres peut s’allonger aisément. Les capteurs sensoriels de son corps enregistrant la douce sensation du contact avec le cuir nubuck (couleur lagon) : on est fait ! La nécessité de se relever devient très accessoire…

Stefano Guidotti, directeur du département Création de Baxter, rappelle volontiers à quel point la couleur influe sur la perception de la forme d’un meuble, ce qui explique l’importance que le label  y accorde et son fort degré d’intervention la concernant. Dans son service, il n’hésite pas à créer des palettes pour chaque collection et à opter pour des associations de couleurs, comme l’ajout d’un bleu myrtille à un beige ou à un brun. Cette palette a aussi été pensée pour être associée à certaines matières comme le laiton ou le marbre Bianco Gioia. Une deuxième palette joue avec les nuances de vert, mariées à du gris. La troisième palette mêle le turquoise à la couleur nude.

Matières, formes et couleurs à égalité

Pour éclairer une pièce en investissant sobrement l’espace, la suspension Tunnel, du designer italien Federico Peri, s’impose. Assortie d’appliques, elle est parfaitement sculpturale. On se retiendrait presque de passer la main sur toutes ses surfaces. Le bureau Parsec, du designer italien Pietro Russo : idem. Son plateau est totalement gainé de cuir River Congo, tandis que les pieds et les tiroirs sont revêtus de cuir Kashmir Nuage. Attirant l’œil sans excentricité, les étranges chaises Lazybones en mouton naturel finement bouclé, signées des deux designers italiennes de Studiopepe, jouent la carte du charme tactile. Luigi Bestetti, président de Baxter, est formel : « La période est chamboulée. » Les mots doivent être suivis d’actions. C’est pourquoi l’éditeur, qui nourrit l’image et la réalité du design italien depuis 1990, participe plus que jamais à ce grand atelier-laboratoire d’idées qu’il demeure.

> baxter.it

Nouveau sofa Milano et table Piombino en marbre de Paola Navone. Tapis Himani A (design interne) et chaise Jorgen (2019), de Roberto Lazzeroni, revêtue d’un nouveau cuir imprimé, esthétique comme une sérigraphie.
Nouveau sofa Milano et table Piombino en marbre de Paola Navone. Tapis Himani A (design interne) et chaise Jorgen (2019), de Roberto Lazzeroni, revêtue d’un nouveau cuir imprimé, esthétique comme une sérigraphie. Andrea Ferrari
Au-dessus de la nouvelle table Ronchamp (équipe Baxter) gainée de peau jusqu’au pied et supportant un plateau de marbre Bianca Gioia, Tunnel, la dernière suspension de Federico Peri, est tout aussi sculpturale.
Au-dessus de la nouvelle table Ronchamp (équipe Baxter) gainée de peau jusqu’au pied et supportant un plateau de marbre Bianca Gioia, Tunnel, la dernière suspension de Federico Peri, est tout aussi sculpturale. Andrea Ferrari
Sur le tapis Atlas (design interne) réalisé à Katmandou, en laine tibétaine, l’intemporel fauteuil Diner (2014) en cuir, de Piero Lissoni, jouxte la table en marbre Tebe (2017). Le tout se confond avec les nouveautés.
Sur le tapis Atlas (design interne) réalisé à Katmandou, en laine tibétaine, l’intemporel fauteuil Diner (2014) en cuir, de Piero Lissoni, jouxte la table en marbre Tebe (2017). Le tout se confond avec les nouveautés. Andrea Ferrari

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