Nouvel éditeur : Atelier Tortil mixe les arts décoratifs français et brésilien

Ancien collaborateur d’Andrée Putman, décorateur et scénographe au Brésil pendant dix ans, directeur artistique de House of Tai Ping puis de la Manufacture Cogolin, Jean-Pierre Tortil a déjà vécu plusieurs vies. Il vient de fonder sa propre maison, Atelier Tortil : simple et sophistiquée, à son image.

Dans « Atelier Tortil », tout est dit. La passion de la création et de l’édition, mais aussi la vocation pour une structure à échelle humaine, le fait-main,  le métissage des cultures et une simplicité nourrie de références fortes. « J’ai fondé cet atelier pour faire rimer des savoir-faire entre eux et apporter des réponses à des projets que réalisent les agences d’architecture intérieure », résume Jean-Pierre Tortil. Prévoyant d’ouvrir très prochainement une galerie parisienne, Atelier Tortil édite d’ores et déjà du mobilier et des tapis sur mesure. Depuis fin 2020, ses premières pièces décorent de grandes marques de luxe, dont le flagship-store du bijoutier Chaumet, place Vendôme.

Inspirée par les couleurs, les cultures et les lumières des paysages méditerranéens, la première collection d’Atelier Tortil, baptisée « Méditerranée », recèle en elle toute la philosophie de la maison : un subtil mélange de sophistication et de simplicité. Soit une gamme de tapis tissés plats au Portugal et noués à la main en Asie centrale, baptisés Capri, Naxos, Syros ou encore Ibiza… Confectionnés de manière artisanale dans des motifs graphiques sobres en laine, en raphia, en jute, en lin, en coton ou en soie, ils évoquent les couleurs de la terre, de l’eau, des feuillages dorés par le soleil…

Atelier Tortil, un regard joyeux sur la vie

Cette fin d’année sera également marquée par le lancement de « Saudade », une collection de sièges, de tables basses et de consoles aux lignes épurées en mutene (un bois exotique), en chêne naturel blanchi, noir ou gris, en laque, en laiton patiné et brossé, certaines assises étant habillées de tissus Dedar. Une gamme inspirée par le mobilier brésilien des années 50 à 70 et travaillée dans ces magnifiques bois veinés qui ont marqué son essor après-guerre. On n’oublie pas aussi facilement ce que l’on a vécu de 2000 à 2010… « “Saudade”, c’est un regard joyeux sur la vie que j’ai passée là-bas, confie Jean-Pierre Tortil. Un moment d’émotion à la fois nostalgique et chaleureux. Cette collection est une réinterprétation de tout un courant décoratif brésilien qui renferme un mélange d’artisanat et d’urbanisme et sur lequel plane un regard attendri sur ce qui m’a nourri. »

Son œil très avisé sur les arts décoratifs du XXe siècle, c’est dans des galeries que Jean-Pierre Tortil l’a exercé, en travaillant tout d’abord pour nombre d’entre elles, puis de 1989 à 1991, dans l’agence d’architecture intérieure de Michel Boyer, qui lui en confie l’édition de mobilier. En 1992, il rejoint Andrée Putman, qui le nomme directeur général d’Ecart International et Licences. Il quitte le groupe en 1998 pour créer sa propre agence, spécialisée dans des projets résidentiels haut de gamme et gère en parallèle des lignes de meubles pour Christophe Delcourt, des tapis pour House of Tai Ping ou encore du mobilier en macramé pour la maison d’édition Firma Casa, à São Paulo, au Brésil, où il part vivre en 2000.

Le Brésil, une histoire de cœur

Là-bas, tout en se passionnant pour l’architecture et les arts décoratifs locaux du XXe siècle, il devient également scénographe pour le théâtre, la danse et l’opéra. Entre déco et scéno, il y a plus que des passerelles… Lors de son retour en France, en 2010, il prend la direction artistique de la Manufacture Cogolin, que House of Tai Ping vient de racheter. Et comme il fait des merveilles, il est nommé directeur artistique mondial de cette dernière, qui possède aussi Edward Fields et Tai Ping Carpets. En 2019, nouveau départ. Il fonde sa propre structure : l’Atelier Tortil, qui édite une ligne de mobilier et de luminaires haut de gamme réalisée de manière artisanale et destinée à une diffusion internationale.

Pour le restaurant Le Gabriel, un récent chantier à Bordeaux, propriété du grand cru classé Château-Angélus, il a assuré l’architecture intérieure de trois espaces répartis sur trois étages, la salle de restaurant gastronomique, le bar et le lounge. Le tout dans un magnifique bâtiment XVIIIe réhabilité par le cabinet S+M Architectes (Sarthou & Michard Architectes). « L’idée était de faire un hôtel particulier à échelle humaine, dit-il, et de décliner à l’intérieur tout le vocabulaire XVIIIe qui avait disparu. » Cerise sur le gâteau, le mobilier, qui a été dessiné spécialement pour le restaurant, fera également partie du catalogue de l’Atelier…

> Ateliertortil.com

Jean-Pierre Tortil peut s’enorgueillir d’un parcours particulièrement riche qui l’a vu porter de nombreuses casquettes : architecte d’intérieur, designer, directeur artistique, scénographe, manageur… et de passer une décennie au Brésil.
Jean-Pierre Tortil peut s’enorgueillir d’un parcours particulièrement riche qui l’a vu porter de nombreuses casquettes : architecte d’intérieur, designer, directeur artistique, scénographe, manageur… et de passer une décennie au Brésil. DR
La table Leme, de la collection « Saudade », signée Atelier Tortil (Collection Latil).
La table Leme, de la collection « Saudade », signée Atelier Tortil (Collection Latil). INDUSTRIMAGEM / FOTOGRAFIA INDUSTRIAL UNIP. LDA
Le tapis Ostie, de la collection « Méditerranée », conçue par Atelier Tortil (Collection Latil).
Le tapis Ostie, de la collection « Méditerranée », conçue par Atelier Tortil (Collection Latil). DR
Restaurant Le Gabriel, à Bordeaux, dans un bâtiment rénové par S+M Architectes.
Restaurant Le Gabriel, à Bordeaux, dans un bâtiment rénové par S+M Architectes. philippe Caumes
Atelier Tortil s’est penché sur l’architecture intérieure de la salle principale, du bar et du lounge.
Atelier Tortil s’est penché sur l’architecture intérieure de la salle principale, du bar et du lounge. philippe Caumes

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