Guide : Un week-end à Bordeaux, autour du quartier des Chartrons

Avec pour point d'ancrage les Chartrons, IDEAT trace les contours d'un itinéraire riche et passionnant dans l'un des quartiers les plus dynamiques de Bordeaux.

Les Chartrons ont la côte. Le prix de l’immobilier y flambe depuis sa réhabilitation et l’avénement de la Cité du vin, en 2016. Ancien quartier mal-famé, déserté dans les années d’après-guerre, il présente désormais un visage paisible avec ses artères étroites et pavées qui lui confèrent le charme d’un village français plutôt que d’un quartier de métropole. Ce repère de brocanteurs, cavistes et commerces de proximité attire désormais les boutiques hybrides, les concepts pointus et les reconversions artistiques. C’est en poussant (un peu) le curseur de ses frontières que nous avons dessiné le plan d’un week-end à Bordeaux, dans ce quartier que certains ont rebaptisé – non sans humour – le XXIe arrondissement de Paris.

La Cité du Vins (2016) par l’agence X-TU.
La Cité du Vins (2016) par l’agence X-TU. Teddy Verneuil

L’hôtel de votre week-end à Bordeaux : La Course

Par-delà du Jardin Public – à visiter, d’ailleurs ! – La Course, charmante maison d’hôtes, accueille des happy few dans un hôtel particulier dont il faudra être attentif à la plaque pour déceler l’entrée. Comme si l’on dormait chez des amis, on sonne, on nous ouvre : et voilà ! Il ne reste plus qu’à passer les chaussons. Parce que La Course invite justement à prendre son temps ! Et à flâner parmi les ouvrages de sa bibliothèque, à dénicher le coin le plus confortable du salon, richement pourvu d’assises chinées, à rester des heures sous son arbre magique, sur la terrasse…

Ambiance hors du temps à l’hôtel La Course à Bordeaux.
Ambiance hors du temps à l’hôtel La Course à Bordeaux. DR

Cette résidence de poche comprend cinq chambres, toutes conçues autour du thème du voyage. Qu’on soit le passager de la Palombe Bleue, train de nuit historique Hendaye-Tarbes-Paris, ou en expédition sur la route des épices, chacun des nids qu’offre La Course nous embarque pour un aller-simple en dehors de nos frontières. Les chanceux, eux, séjourneront sur la suite en rooftop, dotée d’un jacuzzi extérieur. Comme à la maison, la cuisine est accessible en libre-service en continu. Chacun note ses consommations, même les verres de vin (de Bordeaux, mais pas que !) disponibles à la tireuse. Une brillante idée pour se désaltérer tout en restant dans le thème de la ville…

> La Course. 69, rue de la Course, 33000 Bordeaux.


Le restaurant : Cent33

Le Cent33 est une adresse d’initiés. En parler, c’est déjà avoir l’eau à la bouche. S’y attabler, c’est rester bouche bée. Dans un écrin aussi raffiné que le dressage de ses assiettes, le chef Fabien Beaufour compose une cuisine inventive et juste. Inspirée de ses mille et unes vies et de ses nombreux voyages, la carte donne à des saveurs typiquement françaises (canette façon magret, râble de lapin aux châtaignes…) des accents d’ailleurs. Tourteau façon maki, nage de miso, poulpe en panure panko… Inutile d’imaginer son assiette à l’avance : celle-ci évolue en permanence en fonction des saisons, des arrivages… et des humeurs du chef. De toute façon, ce dernier recommande de se laisser guider le temps d’une dégustation : un menu cousu-main réclamé par la clientèle de ses débuts, friande de surprises gustatives.

La table du chef offre un moment privilégié à ceux qui la réservent…
La table du chef offre un moment privilégié à ceux qui la réservent… Julie Bruhie

Pour un rapport qualité/prix imbattable le midi (70 € pour un menu en six étapes), le Cent33 est un passage obligé lors d’un week-end à Bordeaux, à réserver bien en avance. Car si la table n’a pas encore été auréolée d’un macaron Michelin, il y a fort à parier que cela ne saurait tarder…

> Le Cent33. 133, rue du Jardin-public, 33000 Bordeaux.


La boutique : La Gaité

Rue Notre-Dame, les vitrines s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Rénovée il y a une dizaine d’années, cette artère est devenue le poumon des Chartrons. Dur, dur de ne pas s’arrêter devant chaque devanture. Epicerie, antiquaire, boulangerie… pavent donc le chemin de la boutique La Gaité, notre point de chute annoncé. On complimente la scénographie de l’entrée. « Elle n’est pas finie ! » nous rétorque-t-on. Prometteur…

La sélection solaire de La Gaité, à découvrir lors d’un week-end à Bordeaux.
La sélection solaire de La Gaité, à découvrir lors d’un week-end à Bordeaux. DR

Sophie Le Roy a embarqué mari et enfants sur un coup de tête, voilà deux ans. En quête de liberté et de créativité, elle ose monter de toute pièce sa boutique avec un concept encore timide dans la capitale girondine : mêler l’art, la déco, les bijoux, les vêtements, les livres… Bref, tout ce qui fait vibrer la jeune femme. On retrouve ainsi pêle-mêle les céramiques italiennes de Popolo, les bijoux surréalistes de Charlien Legrou, les souliers du label parisien Sœurs ou encore les parfums Le Labo. Avec le voyage comme fil conducteur, cette caverne d’Ali Baba est une destination unique dans le quartier.

> La Gaité. 90, rue Notre-Dame, 33000 Bordeaux.


Le brunch : Casa Gaïa

Le conseil est sur toutes les bouches girondines : le brunch, c’est chez Casa Gaïa ! Dans cette jolie enveloppe faite-maison – l’un des trois fondateurs est architecte –, cadrée de murs en pierres, parsemée de terrazzo et avec un bleu marine comme fil conducteur, le volume sonore grimpe en flèche quand vient le moment de trinquer. Solaire et joyeuse, l’adresse se dote aussi d’une petite coursive qui laisse entrevoir le soleil avec, à son extrémité, une mini-terrasse pour profiter du beau temps.

Un brunch chez Casa Gaïa, une idée gagnante lors d’un week-end à Bordeaux.
Un brunch chez Casa Gaïa, une idée gagnante lors d’un week-end à Bordeaux. DR

Cette maison éco-conçue et conviviale évolue dans le plus pur respect de l’environnement. Démarche zéro-déchet, fournisseurs en circuit-courts, travail des fruits et légumes anciens et oubliés… Casa Gaïa cherche à faire le bien et le bon. L’assiette est à la hauteur : on partage une carte richement imaginée, qui fait tout autant la part belle à l’animal qu’au végétal.

> Casa Gaïa. 16 bis, rue Latour, 33000 Bordeaux.


La zone artistique : la Base sous-marine

« On sent parfois une présence » nous rassure-t-on, après quelques pas à peine posés à l’intérieur de cette forteresse de béton. La Base sous-marine est un lieu à part. Construite pendant la Seconde Guerre mondiale sous commandement nazi, l’espace abrite désormais des expositions dans ses murs chargés d’histoire. Alors, si on croit (ou non) en la présence de Hans, l’esprit qui, paraît-il, hante les lieux, force est de constater qu’un tel édifice ne laisse pas indifférent. C’est pourquoi sa fonction artistique est si précieuse… Jusqu’au mois d’octobre, l’exposition « Rhizomes » propose une cartographie de l’Afrique moderne par 15 artistes issus du continent africain et de la diaspora, dans le cadre de la saison nationale Africa 2020. 

La Base sous-marine marque la frontière du quartier des Chartrons et de celui des Bassins à Flot.
La Base sous-marine marque la frontière du quartier des Chartrons et de celui des Bassins à Flot. Teddy Verneuil @ezbroz

> Base sous-marine. 284, boulevard Alfred-Daney, 33300 Bordeaux.

Passé sous pavillon privé depuis 2020, une autre partie de la Base sous-marine est désormais le théâtre d’un parcours artistique saisissant. Grâce aux 12 000 m2 d’écrans qui se reflètent dans ces fameux bassins, les plus belles peintures prennent vie en musique. En ce moment, ce sont les œuvres de Monet, Renoir, Pissarro, Matisse, Signac, Derain, Dufy et Chagall qui inondent l’espace la journée, pour un voyage autour de la Méditerranée (jusqu’en janvier 2022) et celles de Klimt, la nuit (jusqu’au 28 août 2021). Les Bassins de Lumières, troisième adresse du genre après l’Atelier (à Paris) et les carrières (aux Baux-de-Provence), représentent une étape incontournable lors de votre week-end à Bordeaux.

Claude Monet : Camille Monet et un enfant au jardin (détail), 1875, Museum of Fine Arts, Boston : © akg-images ; Pierre- Auguste Renoir : Le Lavandou (détail), 1894, huile sur toile, collection privée ; Claude Monet : Femme à l’ombrelle tournée vers la droite (détail), 1886, huile sur toile, 131 x 88 cm, Musée d’Orsay, Paris ; Antibes (détail), 1888, huile sur toile, 65,5 x 92,4 cm, Samuel Courtauld Trust, The Courtauld Gallery, London ; Palmier à Bordighera (détail), vers 1884, huile sur toile, 61,3 x 74 cm, collection privée, Photo © Lefevre Fine Art Ltd., London – pour tous les visuels précédents : © Bridgeman Images. © Culturespaces / Nuit de Chine
Claude Monet : Camille Monet et un enfant au jardin (détail), 1875, Museum of Fine Arts, Boston : © akg-images ; Pierre- Auguste Renoir : Le Lavandou (détail), 1894, huile sur toile, collection privée ; Claude Monet : Femme à l’ombrelle tournée vers la droite (détail), 1886, huile sur toile, 131 x 88 cm, Musée d’Orsay, Paris ; Antibes (détail), 1888, huile sur toile, 65,5 x 92,4 cm, Samuel Courtauld Trust, The Courtauld Gallery, London ; Palmier à Bordighera (détail), vers 1884, huile sur toile, 61,3 x 74 cm, collection privée, Photo © Lefevre Fine Art Ltd., London – pour tous les visuels précédents : © Bridgeman Images. © Culturespaces / Nuit de Chine DR

> Les Bassins de lumières. Base sous-marine de Bordeaux. Impasse Brown-de-Colstoun, 33300 Bordeaux.


Faire la fête lors d’un week-end à Bordeaux : BAM Karaoké Box

Il fut une époque où l’on s’adonnait à la chansonnette tard jusque dans la nuit, dans la pénombre et l’oubli… BAM Karaoké Box a redonné un coup de jeune à cette activité désuète. Avec ses cabines privatisables et son bar animé par de vrais mixologues, la griffe parisienne a fait du karaoké une nouvelle tendance. Logique, dès lors, que Bordeaux y ait succombé.

Un peu de courage liquide avant de se lancer dans le karaoké.
Un peu de courage liquide avant de se lancer dans le karaoké. DR

Après s’être implanté dans les lieux les plus dynamiques de la capitale, BAM a posé ses valises aux Chartrons. Pour cette nouvelle adresse, on prend les mêmes et on recommence. Au menu : sept salles pouvant accueillir de 6 à 15 personnes, un catalogue bien fournis de tubes d’aujourd’hui et d’hier et un bar toujours aussi bien mis en scène.

> BAM Karaoké Bordeaux. 36, rue Cornac, 33000 Bordeaux.


Et aussi, aux alentours…

Le musée : Musée des Arts décoratifs et du design

Le musée des Arts décoratifs et du Design (MADD) est installé dans un hôtel particulier achevé en 1779. Considéré comme l’une des architectures les plus emblématiques du Bordeaux du siècle des Lumières, il est classé Monument historique depuis 2018. Dans le centre de la capitale girondine, les arts décoratifs français (en particulier bordelais, des XVIIIe et XIXe siècles) dialoguent donc avec le design contemporain lors d’expositions originales. Jusqu’en janvier 2022, « Paysans designers, un art du vivant » raconte le farming design, le design de l’agriculture.

Le MADD de Bordeaux.
Le MADD de Bordeaux. DR

> Musée des Arts décoratifs et du Design (madd-bordeaux). 39, rue Bouffard, 33000 Bordeaux.


Le studio de yoga : Satnam Club

C’est également dans un sublime hôtel particulier que Séverine Hermary a fait pousser son studio de yoga. Plutôt havre de paix qu’usine fitness, Satnam Club cultive tout ce que la spiritualité relative au monde du yoga a à offrir. Des cours (yoga hatha, kundalini… mais aussi de Pilates, barre au sol), bien sûr, mais aussi des cabines de soin, un sauna japonais (le Iyashi dôme), une cantine healthy et une jolie programmation d’événements font vivre cette adresse devenue incontournable.

Décoré avec goût, le Satnam Club est bien plus qu’un studio de yoga…
Décoré avec goût, le Satnam Club est bien plus qu’un studio de yoga… DR

> Satnam Club. 28, rue Vital-Carles, 33000 Bordeaux.