Zoom sur 15 designers suisses emblématiques

En Suisse, selon que l’on habite dans un des cantons romands, alémaniques ou tessinois de la Confédération, on parle français, allemand ou italien (les trois langues officielles), mais on parle surtout le langage épuré, fonctionnel et culturellement démocratique du gute design (« bon design »).

Située géographiquement au cœur de l’Europe sans pour autant en faire partie économiquement ni politiquement parlant, la Suisse n’est certes pas bien grande (41 285 km²), mais le rayonnement de 15 de ses plus célèbres designers, architectes et graphistes semble inversement proportionnel.

Le modernisme du design suisse

Convaincue par le modernisme et le dialogue artisanat-industrie prôné, dans l’entre-deux-guerres, par Walter Gropius, à l’école du Bauhaus voisine, la Suisse a ouvert, à son tour, plusieurs établissements remarquables dispensant un enseignement resté très prisé, localement et internationalement (l’ÉCAL, la HEAD…, voir p. 144). Démocratique par culture, le design suisse est durable dans tous les sens du terme et accompagne le quotidien avec épure et fonctionnalité. S’il ne résiste pas, parfois, à inclure quelques touches de ludisme voire d’excentricité, il ne tombe jamais dans le registre du décoratif pour le décoratif, comme cela peut se produire en France. Outre le bien connu couteau multilame de Victorinox (voir p. 154), les icônes du design suisse sont, par exemple, le modeste éplucheur Rex, l’omniprésente horloge Mondaine, créée en 1944, par Hans Hilfiker, et dont l’ingénieux mécanisme permet aux chefs de gare de tout le pays de se synchroniser en temps réel afin d’assurer la légendaire ponctualité suisse.

La Florence Dining Table de Panter &Tourron.
La Florence Dining Table de Panter &Tourron. DR

Côté meubles, il faut bien sûr citer l’archétypal tabouret Ulm, de Max Bill (1954), et la chaise d’extérieur Landi, , à la silhouette dessinée au millimètre près (conçue pour l’Exposition nationale suisse de 1939 et aujourd’hui rééditée par Vitra) de Hans Coray, ainsi que la Cicala, de Julie Richoz (Tectona), ou la Lausanne, d’Adrien Rovero (Atelier Pfister, prix suisse du design 2018). Ou encore, loin de l’épure certes – mais donc loin du cliché ! –, le très seventies canapé paysage Terrazza DS 1025, d’Ubald Klug et Ueli Berger (De Sede). Il y a fort à parier que les systèmes de rangement USM Haller, tout comme les meubles édités par Vitra équipent les bureaux des décideurs VIP, qui sont invités chaque année au Forum économique mondial de Davos. 

C’est en tout cas une certitude : il est impossible, pour quiconque sur cette planète, de prétendre ne pas connaître le design suisse, puisque les logos des marques mondiales qui s’affichent en grand sur les murs de bien des capitales s’écrivent si souvent en Helvetica : BMW, Knoll, American Apparel, Nestlé, Évian, Lufthansa, Microsoft… Cette police de caractères sans sérif (sans empattement), dessinée en 1957 par Max Miedinger et Edouard Hoffmann, demeure la référence pour la crème des graphistes et des directeurs artistiques. À commencer par Massimo Vignelli, qui l’a utilisée pour le plan du métro de New York. 

L’abri textile Shed de Julie Richoz.
L’abri textile Shed de Julie Richoz. DR

« Le design suisse a clairement une identité – simple, graphique – et cela va de pair avec un niveau de qualité globalement élevé. Le fait qu’une grande partie de la population soit protestante a une influence, éthique et esthétique. Une logique que l’on retrouve, par exemple, chez les shakers (membres d’une branche du protestantisme, NDLR). Les Suisses sont assez pragmatiques. Cela se traduit déjà au niveau de l’éducation, il n’y a pas ce côté théorique-romantique que l’on trouve chez les Français, notamment à l’ENSCI », affirme le designer helvète Michel Charlot, qui s’est formé à l’ÉCAL et a été l’assistant de Jasper Morrison. En revanche, comme le remarquait Emmanuel Grandjean, ex-journaliste au quotidien roman Le Temps et ex-rédacteur en chef du magazine lifestyle T : « La visibilité est compliquée. On a un très bon système d’apprentissage, de très bonnes écoles à Bâle, Zurich, Lausanne et Genève, de super foires et des salons pointus, mais il n’y a pas de galeries de design comparables à Kreo (à Paris, NDLR), par exemple. Bien que le pouvoir d’achat ici soit élevé. »

Les jeunes designers, y compris ceux formés à l’ÉCAL – qui noue chaque année des partenariats intelligents avec diverses entreprises (Eternit, Muji, Hermès, Vacheron Constantin…) –, sont donc confrontés à cette réalité soulignée par Michel Charlot : « Le made in Switzerland, très qualitatif, coûte cher et il est par conséquent difficile d’être compétitif sur le marché international. » Mais si le chemin vers le succès mondial se gravit avec une certaine lenteur, une fois atteint, celui-ci rayonne durablement. Faut-il le rappeler ? Le Corbusier, certes naturalisé français en 1930, est né Charles-Édouard Jeanneret, en 1887, à La Chaux-de-Fonds… en Suisse. 

Dans les années 1880

Le Corbusier (1887-1965)

Architecte, urbaniste, peintre et designer, né à La Chaux-de-Fonds avant d’être naturalisé français, Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, est un tel monstre sacré que son talent est revendiqué de part et d’autre du lac Léman. Auteur de bâtiments phares de l’architecture moderne comme la villa Savoye, à Poissy, la Cité radieuse, à Marseille, la chapelle de Ronchamp ou la haute cour de Chandigarh, en Inde, il a également cosigné quelques pièces iconiques du mobilier du XXe siècle. Après avoir rétorqué, en pur misogyne, à Charlotte Perriand : « On ne brode pas des coussins ici », il l’engagera et la fera plancher sur des aménagements intérieurs et des dessins de mobilier (qu’il cosignera aussi…), en particulier la collection « LC » (photo), éditée par Cassina. Ses variations sur le module archétypal de la simple caisse de bois donneront naissance au tabouret Cabanon, qui trônait dans son refuge de Roquebrune-Cap–Martin, comme dans les chambres de la maison du Brésil de la Cité internationale universitaire, à Paris.

Le fauteuil LC2, conçu en 1965 par Le Corbusier.
Le fauteuil LC2, conçu en 1965 par Le Corbusier. DR

Max Bill (1908-1994)

Architecte, designer, peintre, sculpteur, écrivain, éditeur, typographe et graphiste, Max Bill s’est singularisé dans tous les domaines de la création. Il est, par excellence, le père du design suisse moderne. Cet ancien élève du Bauhaus, à Dessau (Vassily Kandinsky et Paul Klee ont été ses professeurs), a dessiné nombre de montres et d’horloges pour la marque allemande Junghans, mais avant tout, il a cofondé, en 1953, la Hochschule für Gestaltung (École supérieure de la forme), à Ulm. Il a à la fois conçu le campus en béton brut et dirigé le département architecture et design de produits, de 1951 à 1956. Réédité par WB Form et Zanotta, son tabouret Ulm (photo) – dessiné avec Hans Gugelot, en 1954 – est un classique absolu qui partage, avec le tabouret Cabanon, de Le Corbusier, l’attention portée aux objets aussi (multi)fonctionnels que modestes (voir p. 180). 

La tabouret Ulm conçu en 1954 par Max Bill.
La tabouret Ulm conçu en 1954 par Max Bill. DR

Willy Guhl (1915‑2004)

Ébéniste de formation, ce pionnier du design industriel suisse revendiquait, en guise d’éthique de création et de fabrication, la formule « atteindre le maximum de résultats avec un minimum d’effort ». De ses recherches de nouvelles formes d’assises, il conçoit Loop (photo), en 1954, l’iconique chaise ruban d’extérieur, en Fibrociment, pour la firme helvétique Eternit. Simple comme un trait de crayon à main levée et plutôt low cost, cette pièce de design culte a reçu le prix Die Gute Form, en 1955, et est exposée au Vitra Design Museum, à Weil-am-Rhein, en Allemagne, et au Museum für Gestaltung, à Zurich. Mieux : elle figure toujours au catalogue d’Eternit, mais en version désormais 100 % écologiquement correcte. Une excellente nouvelle puisque sa production avait cessé dans les années 80 pour cause d’amiante dans sa composition – à l’époque, Loop n’était restée exposée que deux semaines au MoMA, à New York, pour cette raison… 

Le fauteuil Loop conçu en 1954 par Willy Guhl.
Le fauteuil Loop conçu en 1954 par Willy Guhl. DR

Dans les années 1960

Bruno Rey (1935-2019)

Formé à l’ébénisterie, puis au design à l’École d’arts appliqués, de Zurich, où Willy Guhl a été son professeur, Bruno Rey est l’auteur de la chaise Rey 3300 (photo), qualifiée de « meuble de design suisse ayant connu le plus grand succès de tous les temps » par le musée du Design de Zurich. Depuis 1971, il s’en est en effet vendu plus d’un million d’exemplaires et elle trône aussi bien dans de nombreuses administrations et cafétérias que dans les intérieurs des amateurs de gute design. Une chaise si iconique, innovante (son système d’assemblage bois-métal sans vis est breveté) et démocratique, ne pouvait que séduire Rolf Hay. Le fondateur de la marque danoise Hay s’apprête donc à rééditer la collection d’assises « Rey », en partenariat avec son fabricant historique Dietiker, dans de nouveaux coloris qui ont été présentés en avant-première durant l’événement 3daysofdesign, en septembre, à Copenhague.

La chaise Rey 3300 conçue en 1971 par Bruno Rey.
La chaise Rey 3300 conçue en 1971 par Bruno Rey. DR

Susi & Ueli Berger (1938-2019 / 1937-2008)

Non, le design suisse ne se limite pas au modernisme fonctionnel et aux lignes minimalistes ! Les expérimentations ludiques et poétiques sur les formes et les matériaux si caractéristiques des années pop y ont également toute leur place, comme le prouvent les meubles du couple d’artistes Susi Berger-Wyss et Ueli Berger (qui a, par ailleurs, cosigné en 1972, avec Ubald Klug, le cultissime canapé paysage Terrazza DS-1025 pour De Sede). Leur chaise Soft (1967), en mousse de polyuréthane et vinyle, ainsi que leur lampe Nuage (1970) (photo) font partie de la collection du MoMa, à New York, et du Museum für Gestaltung, à Zurich, qui leur a consacré, à l’occasion de la parution d’un vaste catalogue raisonné, une grande rétrospective en 2018.

La lampe Nuage conçue en 1970 par Susi & Ueli Berger.
La lampe Nuage conçue en 1970 par Susi & Ueli Berger. DR

Alfredo Häberli (1964)

D’ascendance suisse, -Alfredo Häberli est né à Buenos Aires, mais est zurichois depuis ses 13 ans, ce qui, selon lui, donne ce « mélange de précision suisse et d’émotivité latine » à son travail. Son trait de crayon – il a étudié à la Höhere Schule für Gestaltung, à Zurich – préside aussi bien à la création d’assises pour De Sede (les modèles DS-88, DS-110 et DS-373, photo), Vitra (Jill Wood), Moroso, Alias ou Offecct, que de verres pour Iittala (Essence), de luminaires pour Luceplan ou Astep, ou de carreaux de ciment pour la marque espagnole Huguet. Concepteur de nombreuses scénographies d’expositions, il imagine aussi des identités visuelles et aménage des boutiques (Camper) et des showrooms (notamment celui de Kvadrat, à Milan) et a également signé la décoration de l’hôtel 25hours Zürich West.

> alfredo-haeberli.com

Le fauteuil DS-373 conçu en 2016 par Alfredo Häberli.
Le fauteuil DS-373 conçu en 2016 par Alfredo Häberli. DR

Dans les années 1970

Stephan Hürlemann (1972)

Formé à l’architecture à l’École polytechnique fédérale (ETH), à Zurich, Stephan Hürlemann a travaillé avec Hannes Wettstein qui l’a introduit à la rigueur millimétrée du design suisse. À la disparition de ce dernier, en 2008, il a endossé la direction créative de l’atelier. Si son nom reste encore confidentiel auprès du grand public hors des frontières de la Confédération, il n’en a pas moins signé plus de 60 produits au cours de la décennie écoulée, dont la cloison mobile Dancing Wall (Vitra), les canapés et les fauteuils DS-21 (photo), DS-22 et DS-77 (De Sede), la chaise Kilo, aux courbes qui semblent avoir été polies par un ébéniste mais sont en fait élégamment découpées avec la technologie CNC par le fabricant Horgenglarus, les poignées Glutz (Appenzell) ainsi que de nombreux projets d’architecture intérieure, dont le réaménagement du siège social zurichois d’UBS, en partenariat avec l’agence EM2N. 

> hurlemann.com

Le fauteuil DS-21 conçu en 2016 par Stephan Hürlemann.
Le fauteuil DS-21 conçu en 2016 par Stephan Hürlemann. DR

Big-Game

Formés à La Cambre et à l’ÉCAL, Augustin Scott de Martinville (1980), Elric Petit (1979) et Grégoire Jeanmonod (1978) – le seul suisse des trois – constituent le trio Big-Game. Établi depuis 2004 à Lausanne, celui-ci a d’emblée séduit une nouvelle génération d’éditeurs internationaux. Leur chaise en tubes et en mousse Bold (photo) reste, à ce jour, le best-seller de Moustache, et leur clé USB Pen (Praxis) a longtemps été utilisée par l’ÉCAL pour tous ses dossiers de presse, avant que les liens numériques ne deviennent la règle. Les trois designers excellent dans la création de sièges où se lit leur maîtrise de la couleur, couplée à la simplicité graphique des lignes et à l’exigence de fonctionnalité : Castor (Karimoku New Standard), Silent (Valerie_objects), Little Big (Magis), Horizon (Lafuma). À leur actif également, des couverts (Opinel) et des accessoires de bureau-rangement (Alessi, Muuto ou Hay). Discrets, voire modestes – suisses quoi ! –, ils font assurément partie des noms qui comptent (voir p. 130).

> big-game.ch

Le fauteuil Bold conçu en 2021 par Big-Game.
Le fauteuil Bold conçu en 2021 par Big-Game. DR

Adrien Rovero (1981) 

À peine diplômé de l’ÉCAL, Adrien Rovero a reçu, en 2006, le prix du jury de la première édition de la Design Parade, ce qui lui a ouvert les portes de la maison Hermès (créations de vitrines, collaborations avec Petit h…). Tout en enseignant à l’ÉCAL, puis à l’Université du Québec, il s’est fait un nom auprès de musées tels que le Mudac (Lausanne), le Mudam (Luxembourg), Le Grand-Hornu (Belgique), le Mucem (Marseille) ou le CAPC (Bordeaux) – pour son approche sensible et rigoureuse de la scénographie. On lui doit d’ailleurs celle de l’exposition « Vogue Paris 1920-2020 », actuellement au Palais Galliera, à Paris. L’attention qu’il porte au dialogue entre paysage et objet se traduit de même dans les bancs en caoutchouc recyclé qu’il a conçus pour la maison de sa compatriote Ruth Ruttimann, tout comme dans sa chaise d’extérieur en aluminium Lausanne (Atelier Pfister) ou ses luminaires Parc (Lambert & Fils) (photo).

> adrienrovero.com

La lampe Parc conçue en 2009 par Adrien Rovero.
La lampe Parc conçue en 2009 par Adrien Rovero. DR

Dans les années 1990

Michel Charlot (1984)

Formé à l’ÉCAL et primé à la Design Parade en 2009, Michel Charlot a assisté Jasper Morrison pendant deux ans avant d’établir son studio en 2011, à Bâle. Dorénavant installé à Porto, ce designer, très attaché à la simplicité, au fonctionnalisme et au pragmatisme si caractéristiques du made in Switzerland, ne se lasse pas des contraintes – et donc du potentiel créatif – du design industriel. En atteste sa collection de mobilier en Fibrociment « Porto » (prix suisse de design 2017) (photo) – amorcée avec la suspension Mold, pour Eternit, ou sa lampe de bureau U-Turn, pour Belux. Hommage à un maestro, sa table en aluminium Davy (Vitra) a été dessinée spécialement pour dialoguer avec l’iconique chaise Landi, créée par Hans Coray, en 1938, un best-seller toujours commercialisé, par Vitra, bien sûr.

> michelcharlot.com

La collection de mobilier en Fibrociment «Porto» de Michel Charlot.
La collection de mobilier en Fibrociment «Porto» de Michel Charlot. DR

Dimitri Bähler (1988) 

Formé à l’ÉCAL et à la Design Academy Eindhoven et finaliste de la Design Parade 2013, Dimitri Bähler a fondé son studio en 2014, à Biel. Son approche combinant spontanéité et radicalité s’appuie sur un travail constant de recherche sur les structures et les matériaux. En attestent ses créations éditées chez Established & Sons (lampadaire Light Light), Karimoku New Standard (Suspension Parabole) (photo), Moustache (tabouret Pad, en mousse expansée recouverte de textile, et tables d’appoint Touch, inspirées de son travail avec la céramique au Cen-tre européen de la céramique, ou EKWC, aux Pays-Bas) ou ses patères pour Muuto et Hay. Dimitri Bähler participe aussi à différents workshops et résidences internationales, que ce soit au Burkina Faso (avec l’association Hors Pistes) ou au Japon (Ishinomaki Laboratory, Arita), et vient de dessiner un tabouret néo-brutaliste pour la collection inaugurale de la jeune marque finlandaise Vaarnii.

> dimitribahler.ch

La suspension Parabole conçue en 2019 par Dimitri Bähler.
La suspension Parabole conçue en 2019 par Dimitri Bähler. DR

Julie Richoz (1990)

Après l’ÉCAL, Julie Richoz a assisté pendant trois ans Pierre Charpin avec qui elle partage une grande sensibilité pour la couleur et l’interaction de celle-ci avec les volumes. Ainsi ses vases Oreilles (photo), développés avec le Centre international du verre et arts plastiques (Cirva), à l’issue de son grand prix du jury à la Design Parade 2012. Elle aime distiller de la légèreté dans la tension des lignes et se passionne indistinctement pour les savoir‑faire industriels et artisanaux. Ses créations se retrouvent donc autant dans les galeries (Kreo, Libby Sellers), les maisons de luxe (elle a signé des accessoires pour Louis Vuitton) que chez les marques et éditeurs : magistrale suspension Cité (Louis Poulsen), chaise Cicala (Tectona). La démocratisation du design étant très importante à ses yeux, elle dessine des tapis pour Hay ainsi que pour la jeune marque Trame Paris. Fait signifiant : sa série de plats en céramique Giro, éditée justement par Trame Paris a séduit, entre autres, la boutique du MAD (musée des Arts décoratifs de Paris).

> julierichoz.com

Les vases Oreilles conçus en 2013 par Julie Richoz.
Les vases Oreilles conçus en 2013 par Julie Richoz. DR

Dans les années 2000

Atelier Oï (fondé en 1991)

Trente ans déjà que les fondateurs d’Atelier Oï (Aurel Aebi, Armand Louis et Patrick Reymond) ont choisi de souligner, par l’emprunt des deux lettres « oï » au terme russe « troïka », le dynamisme que génère un trio et l’importance de l’approche pluridisciplinaire entre design et architecture. Depuis leur studio à La Neuveville, près de Berne, ils conçoivent des luminaires, tel Allegro Assai (Foscarini) (photo), du mobilier (B&B Italia, Alias, Atelier Pfister), des scénographies (Aesop, Mudac) et de l’architecture intérieure de boutiques pour Rimowa. Si 2020 a vu naître leur première collection personnelle en série limitée avec WonderGlass (collection « Gaia », par Atelier Oï Privé), le trio s’investit en parallèle dans un projet de construction d’université rurale en bambou, au Cambodge, en collaboration avec Hannes Schmid, photographe fondateur de l’ONG Smiling Gecko.

> atelier-oi.ch

L’équipe au complet de l’Atelier Oï.
L’équipe au complet de l’Atelier Oï. DR

Panter & Tourron

Alexis Tourron et Stefano Panterotto ont fondé leur studio à Lausanne après s’être rencontrés, en 2015, au Master Luxury & Craftsmanship, de l’ÉCAL. Dévoilée avec succès au FuoriSalone de Milan, en 2019, leur collec-tion-manifeste « Tense » (photo) pour nomades de la génération Y (cinq produits en kit ne pesant pas au total plus de 20 kg) synthétise parfaitement leur éthique conceptuelle : explorer les intersections du design, de la technologie et des attentes sociétales. Et challenger les matériaux en s’appuyant sur les innovations techniques, tout en conservant une pureté de lignes résolument suisse. Une démarche et un langage qui ont séduit une nouvelle vague d’éditeurs. Deux de leurs créations sont en effet, depuis un an, au catalogue de deux jeunes marques danoises : Signal, une lampe à poser en céramique reprenant, en mode XXL, l’archétype de la lampe de poche des années 70, chez Raawii, et Tense, une suspension ultralégère, en Tyvek, chez New Works. 

> pantertourron.com

La lampe de la collection «Tense» des designers Penter & Tourron.
La lampe de la collection «Tense» des designers Penter & Tourron. DR

Altherr/Weiss (2016)

Fondé en 2016, à Zurich, par Christian Altherr et Zuzanna Weiss, ce studio pluridisciplinaire porte un intérêt particulier aux dispositifs lumineux : installations Radiant Connections (au siège de Neidhart+Schön), Honey Experience (pour Food Zurich 2019) ou Concrete Desert Creatures in Times of Pandemic, 35 sculptures lumineuses interagissant avec la présence de passants dans les rues et boutiques fermées pour cause de confinement. Très concernés par la disparition des ressources naturelles et des savoir-faire vernaculaires, ils font tourner leurs moulins à sel et à poivre en bois The Royals  (photo) par des artisans d’Appenzell et viennent de présenter à Alcova 2021, avec le soutien de Pro Helvetia, Tilt, une bouteille isotherme ingénieusement coudée pour pouvoir être aisément remplie.  

> altherrweiss.ch

Les moulins à poivre et sel The Royals conçu en 2017 par Altherr/Weiss.
Les moulins à poivre et sel The Royals conçu en 2017 par Altherr/Weiss. Nadine Kagi / DR